Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

En 1980, Jean Mons est porté à la tête de la Grande Loge Nationale Française, l’obédience française reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre. Haut fonctionnaire de la IVe République, ancien directeur de cabinet de présidents du Conseil et ancien résident général de France en Tunisie de 1947 à 1950, il succède à Auguste-Louis Derosière et dirige l’obédience jusqu’à sa mort, en 1989. Sa grande maîtrise ouvre une décennie de consolidation de la GLNF, qui prépare la forte croissance des années 1990.
Date : 1980
Lieu : Neuilly-sur-Seine, France
La GLNF à la fin des années 1970

Fondée le 5 octobre 1913 sous le nom de Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et ses Colonies, et reconnue par Londres dès décembre 1913, l’obédience prend le nom de Grande Loge Nationale Française le 29 octobre 1948. Elle se veut la gardienne en France d’une maçonnerie dite régulière : croyance en Dieu, Grand Architecte de l’Univers, présence du Volume de la Loi sacrée et refus des débats politiques et religieux.
Longtemps modeste, elle a été renforcée en 1964-1965 par l’arrivée de plusieurs centaines de frères venus de la Grande Loge de France, qui lui apportent le Rite Écossais Ancien et Accepté et lui font dépasser les 4 000 membres. Son siège administratif se trouve boulevard Bineau, à Neuilly-sur-Seine, tandis que son Grand Temple s’élève rue Christine-de-Pisan, dans le 17e arrondissement de Paris.
Jean Mons, un grand commis de l’État
Jean Mons appartient à la haute fonction publique de la IVe République. Il a été directeur de cabinet des présidents du Conseil Léon Blum et Paul Ramadier, selon l’association Survie, avant d’être nommé résident général de France en Tunisie, fonction qu’il exerce du 22 février 1947 au 13 juin 1950. Il succède à ce poste au général Charles Mast et laisse la place à Louis Périllier.
Ce parcours, dans les années de la décolonisation naissante, fait de lui un homme de réseau et d’institution. Il apporte à la grande maîtrise une expérience de l’administration et des relations internationales précieuse pour une obédience dont la légitimité repose sur ses liens avec les Grandes Loges étrangères.
L’élection de 1980
En 1980, Jean Mons succède à Auguste-Louis Derosière, élu Grand Maître en 1971. Selon l’association Survie, critique envers les réseaux d’influence de l’obédience, son accession est favorisée par Jean Baylot, ancien préfet de police, et par Yves Trestournel, figure influente de l’appareil de la GLNF. Les sources consultées ne précisent pas le jour exact de l’élection.
Une décennie de grande maîtrise

Les années Mons sont celles d’une obédience qui structure sa vie interne et sa communication. En 1984, son journal Actualités relate par exemple la consécration de nouvelles loges en province, à laquelle le Grand Maître se fait représenter par des grands officiers. La GLNF s’organise progressivement en Grandes Loges provinciales, échelon intermédiaire qui encadrera la forte expansion de la décennie suivante.
La politique de recrutement s’accélère surtout après lui : selon Survie, les effectifs passent de quelque 5 000 à 20 000 membres sous la grande maîtrise de son ancien gendre, Claude Charbonniaud, à partir de 1992.
Fin de mandat et succession
Jean Mons meurt en 1989, encore en fonctions. Le notaire André Roux lui succède à la tête de l’obédience ; c’est lui qui, le 27 décembre 1989, installe à Budapest une Grande Loge de Hongrie, dans le contexte de la chute des régimes communistes d’Europe centrale.
Repères chronologiques
- 5 octobre 1913 : fondation de l’obédience par Édouard de Ribaucourt.
- 29 octobre 1948 : adoption du nom de Grande Loge Nationale Française.
- 1964-1965 : arrivée de frères de la Grande Loge de France et du Rite Écossais Ancien et Accepté.
- 22 février 1947 – 13 juin 1950 : Jean Mons résident général de France en Tunisie.
- 1971 : élection d’Auguste-Louis Derosière.
- 1980 : élection de Jean Mons à la grande maîtrise.
- 1989 : mort de Jean Mons ; André Roux lui succède.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Musée-bibliothèque de la Grande Loge Nationale Française (Musée maçonnique), Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Fondation de la Grande Loge provinciale du Massachusetts à Boston, 30 juillet 1733 (date historique), Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Jean Baylot (Auteur), Paul Ramadier (Personnalité).

