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Le 12 novembre 1954 naît à Paris la loge Isis, l’une des premières fondations de la Grande Loge féminine de France, deux ans après l’adoption de ce nom. Elle est présidée par Gisèle Faivre, l’une des figures majeures de la franc-maçonnerie féminine française, qui sera plusieurs fois Grande Maîtresse puis première Souveraine Grande Commandeure du Suprême Conseil féminin de France. Le temple de la loge, dans le 17e arrondissement, abritera le siège de l’obédience jusqu’en 1977. Isis devient ainsi, pendant plus de vingt ans, le cœur battant de la GLFF.
Date : 12 novembre 1954
Lieu : Paris, France
Une obédience en construction

Née le 21 octobre 1945 sous le nom d’Union maçonnique féminine de France, l’obédience des anciennes loges d’adoption prend le nom de Grande Loge féminine de France le 22 septembre 1952. Elle ne compte alors qu’une poignée de loges. Les premières créations sous le nouveau nom se succèdent : Éleusis à Lille en octobre 1952, Cybèle à Aulnay-sous-Bois en juin 1953. La fondation d’Isis à Paris, le 12 novembre 1954, complète cette première série.
Isis, la loge numéro 9
Selon la biographie de sa fondatrice, Isis est inscrite comme loge numéro 9 de l’obédience. Comme Éleusis et Cybèle, elle porte le nom d’une divinité des cultes à mystères : Isis, la grande déesse égyptienne dont le culte initiatique s’était répandu dans le monde romain. Elle travaille d’abord au Rite d’adoption, avant que la GLFF n’adopte le Rite écossais ancien et accepté à la fin des années 1950. Son temple, situé dans le 17e arrondissement de Paris, sert de siège à l’obédience jusqu’en 1977.
Gisèle Faivre, une bâtisseuse
Née Rose Marie Angèle Stefani à Macinaggio, sur la commune de Rogliano, en Corse, Gisèle Faivre fait carrière au ministère des Postes et milite très tôt pour l’égalité des droits des femmes, notamment dans le syndicalisme. Initiée par Anne-Marie Gentily dans la loge d’adoption Minerve, qu’elle dirigera, elle participe à la refondation de 1945. Grande Oratrice en 1947 et en 1952, elle est à la tête de l’obédience de 1948 à 1950, puis de nouveau à partir de 1953, et Grande Maîtresse en 1959-1961, 1963-1965 et 1967-1969.
Une spiritualité ouverte

Au-delà de ses responsabilités administratives, Gisèle Faivre s’intéresse au symbolisme, au soufisme et à l’hermétisme. Elle fréquente un groupe de recherche animé par Georges Gurdjieff et étudie le martinisme auprès de Philippe Encausse, fils de Papus. Cette curiosité spirituelle irrigue l’orientation initiatique qu’elle donne à la GLFF, à l’heure où l’obédience cherche à se doter de rituels comparables à ceux des loges masculines.
Du Suprême Conseil féminin à la postérité
À partir de 1962, avec l’aide de Marjory Cecily Debenham, Gisèle Faivre travaille à la création d’une juridiction féminine des hauts grades. En 1972, elle est proclamée Souveraine Grande Commandeure du Suprême Conseil féminin de France, fonction qu’elle exerce jusqu’à l’âge de 90 ans. Elle meurt à Paris après plus de soixante-trois ans de vie maçonnique. Une loge de la GLFF porte aujourd’hui son nom à Bastia, la loge Gisèle Faivre n° 443.
Portée de la fondation
Isis n’est pas une loge comme les autres : siège de l’obédience pendant plus de deux décennies et atelier de l’une de ses dirigeantes historiques, elle a accompagné les grandes décisions de la GLFF, du passage au Rite écossais ancien et accepté à la naissance du Suprême Conseil féminin. Sa création en 1954 marque la consolidation parisienne d’une obédience qui compte aujourd’hui environ 14 000 sœurs.
Repères chronologiques
- 21 octobre 1945 : création de l’Union maçonnique féminine de France.
- 22 septembre 1952 : naissance de la Grande Loge féminine de France.
- 21 juin 1953 : création de la loge Cybèle à Aulnay-sous-Bois.
- 12 novembre 1954 : création de la loge Isis à Paris.
- 1959-1961 : Gisèle Faivre Grande Maîtresse (puis 1963-1965 et 1967-1969).
- 1972 : création du Suprême Conseil féminin de France.
- 1977 : le siège de l’obédience quitte le temple d’Isis.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Rite d’adoption (Rite maçonnique), Suprême Conseil.

