Fondation de la Grande Loge de Belgique par cinq loges du Grand Orient de Belgique, 1959 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1959, cinq loges du Grand Orient de Belgique, situées à Bruxelles, Liège, Louvain, Gand et Anvers, quittent leur obédience pour fonder la Grande Loge de Belgique. Elles veulent rétablir l’invocation au Grand Architecte de l’Univers et la présence de la Bible en loge, abandonnées par le Grand Orient depuis 1872, et se rapprocher ainsi de la maçonnerie reconnue par Londres. Cette scission, qui aurait emporté un cinquième de l’obédience, redessine durablement le paysage maçonnique belge et provoque, par contrecoup, la création du CLIPSAS par les obédiences libérales.

Date : 1959
Lieu : Bruxelles, Belgique

Un Grand Orient tiraillé

Fondation de la Grande Loge de Belgique par cinq loges du Grand Orient de Belgique, 1959
Source : Wikimedia Commons – Oxyman – CC BY 2.5

À la fin des années 1950, le Grand Orient de Belgique compte un peu plus de 5 000 membres répartis en 41 loges. Fidèle à ses principes laïques, il a supprimé en 1872 l’obligation de l’invocation au Grand Architecte de l’Univers. Mais quatorze loges ont rétabli les trois Grandes Lumières, la Bible, l’équerre et le compas, ainsi que la référence au Grand Architecte de l’Univers En toile de fond, la Convention de Luxembourg de 1954, qui rassemble plusieurs grandes loges européennes en quête de régularité, exerce une forte attraction.

L’échec d’une solution de compromis

Le 13 janvier 1957, le Grand Maître Robert Hamaide propose d’étendre ces symboles à toutes les loges, en les présentant comme de simples symboles. Mis en minorité, il voit la question renvoyée à une conférence internationale. Celle-ci se tient à Bruxelles le 11 octobre 1958 : y siègent des représentants de la Convention de Luxembourg, dont le Grand Maître de la Grande Loge de France Richard Dupuy, du Grand Orient de France et du Grand Orient de Belgique. Le Grand Maître néerlandais C.M.R. Davidson y aurait évoqué des conditions sine qua non. Le 23 novembre 1958, le collège des vénérables du GOB émet un vœu unanime en faveur de l’unité, mais la rupture est déjà en marche.

Les cinq loges fondatrices

En 1959, cinq loges font sécession : Tradition et Solidarité à Bruxelles, La Parfaite Intelligence et l’Étoile réunies à Liège, La Constance à Louvain, Le Septentrion à Gand et Marnix van Sint-Aldegonde à Anvers. Selon l’historien A. Vandenabeele, cité par Christophe de Brouwer, la scission emporte 20 à 25 % de l’obédience. Franz Smits, membre de la Grande Commission du GOB présent à la conférence de 1958, devient le premier Grand Maître de la nouvelle Grande Loge de Belgique.

Une obédience entre tradition et liberté

Fondation de la Grande Loge de Belgique par cinq loges du Grand Orient de Belgique, 1959
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Les loges de la Grande Loge de Belgique ouvrent et ferment leurs travaux « à la gloire du Grand Architecte de l’Univers », en présence de la Bible. Elles se veulent pourtant adogmatiques : aucune croyance n’est imposée aux membres. Exclusivement masculine, l’obédience défend la séparation de l’Église et de l’État et se réclame des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de tolérance. Son objectif initial est de retrouver la reconnaissance de la Grande Loge unie d’Angleterre.

Les conséquences immédiates

La scission belge a des répercussions internationales. Le Grand Orient de France, sous la grande maîtrise de Marcel Ravel, réagit en lançant le CLIPSAS, organisation des puissances maçonniques libérales, dont le Grand Maître belge Georges Beernaerts sera le premier président. La Grande Loge de France, de son côté, suspend ses relations avec le Grand Orient de Belgique après son assemblée de 1959. La maçonnerie européenne se structure ainsi en deux camps.

Une histoire mouvementée

La Grande Loge de Belgique se développe : environ 2 000 membres et 30 loges en 1973. Mais la reconnaissance anglaise ne s’installe pas durablement. En 1979, neuf loges la quittent pour fonder, le 15 juin, la Grande Loge régulière de Belgique. Dix ans plus tard, en 1989, la GLB signe un accord de reconnaissance mutuelle avec le Grand Orient de Belgique, la Grande Loge féminine de Belgique et la Fédération belge du Droit humain. Elle compte aujourd’hui environ 4 000 membres et appartient à l’Alliance maçonnique européenne.

Repères chronologiques

  • 1872 : le Grand Orient de Belgique supprime l’obligation de l’invocation au Grand Architecte de l’Univers
  • 1954 : Convention de Luxembourg entre plusieurs grandes loges européennes.
  • 13 janvier 1957 : proposition du Grand Maître Robert Hamaide sur les symboles.
  • 11 octobre 1958 : conférence de Bruxelles.
  • 1959 : cinq loges fondent la Grande Loge de Belgique.
  • 15 juin 1979 : neuf loges fondent la Grande Loge régulière de Belgique.
  • 1989 : accord de reconnaissance mutuelle entre obédiences belges.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Grand Architecte de l’Univers mal interprété (antimaçonnisme), Fondation du Grand Orient de Belgique, 23 février 1833 (date historique).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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