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Charles Henri Ver-Huell (1764-1845), né à Doetinchem dans les Provinces-Unies et mort à Paris, est un officier de marine hollandais passé au service de la France. Vice-amiral sous l’Empire, comte de Sevenaer puis comte de l’Empire, naturalisé et fait pair de France sous la Restauration, il fut aussi l’un des dignitaires de la franc-maçonnerie de son temps : titulaire du 33e degré du Rite écossais ancien et accepté, il siégea au Suprême Conseil de France lors de sa restauration en 1821.
Un officier de la marine hollandaise

Issu d’une famille noble et protestante de Gueldre, fils de Quirijn Maurits Ver Huell, Charles Henri Ver-Huell entre à onze ans comme cadet dans un régiment d’infanterie, puis rejoint la marine. Sur la frégate Argo, il combat la division britannique de Fielding et participe à la bataille du Dogger Bank en 1781, où il est blessé.
Capitaine de frégate en 1791, aide de camp de l’amiral van Kinsbergen, il quitte le service pendant la révolution batave et entre au conseil des Indes orientales.
De la flottille de Boulogne au royaume de Hollande
Rentré dans la marine batave comme contre-amiral, il coordonne à Paris les forces françaises et hollandaises en vue de l’invasion de l’Angleterre. Il conduit une flottille de Flessingue chargée de convoyer les troupes de Davout et affronte la division de Sidney Smith, ce qui lui vaut le grade de vice-amiral et le grand aigle de la Légion d’honneur.
Il préside la délégation qui offre la couronne de Hollande à Louis Bonaparte, qui le fait maréchal et ambassadeur à Paris. En 1809, il commande les forces navales hollandaises face à l’expédition anglaise de Walcheren et devient comte de Sevenaer.
Amiral français et pair de France

Après la réunion de la Hollande à la France en 1810, il devient vice-amiral français, puis comte de l’Empire en 1811. En 1812, il succède à Jean-Guillaume de Winter au commandement de l’armée navale du Helder et du Texel, et ne remet ses forts qu’après l’abdication de l’Empereur.
Louis XVIII lui accorde la grande naturalisation et le nomme inspecteur général de la marine ; retraité en 1816, il est élevé à la pairie. Son nom est inscrit sur l’arc de triomphe de l’Étoile et il repose au Père-Lachaise.
Un dignitaire du Rite écossais
Ver-Huell est présenté comme l’un des dignitaires de la franc-maçonnerie de son époque. Titulaire du 33e degré du Rite écossais ancien et accepté, il est membre du Suprême Conseil de France lors de sa restauration en 1821, moment décisif dans l’organisation autonome du rite écossais en France.
Les sources consultées ne précisent pas sa loge d’initiation. Son parcours maçonnique s’accorde avec ses engagements philanthropiques : président de la Société des missions évangéliques de Paris de 1822 à sa mort, il est en 1834 membre fondateur de la Société française pour l’abolition de l’esclavage.
Un marin entre deux nations
Officier hollandais devenu pair de France, Charles Henri Ver-Huell incarne ces élites européennes que la franc-maçonnerie écossaise du début du XIXe siècle rassemblait au-delà des frontières. Sa présence au Suprême Conseil restauré en 1821, aux côtés de grands noms de l’Empire, témoigne du prestige dont jouissait alors le rite écossais en France.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Charles Henri Ver-Huell.
Voir aussi dans le glossaire : Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

