Victor Hugues (Personnalité)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Jean-Baptiste Victor Hugues (1762-1826), né à Marseille et mort à Cayenne, est un administrateur colonial français. Commissaire de la Convention en Guadeloupe de 1794 à 1798, il y applique l’abolition de l’esclavage et reprend l’île aux Britanniques, avant de gouverner la Guyane de 1799 à 1809, où il met en œuvre le rétablissement de fait de l’esclavage. Devenu franc-maçon à Saint-Domingue, il s’intègre à Paris aux milieux jacobins par l’intermédiaire des loges.

Un Marseillais à Saint-Domingue

Victor Hugues – portrait
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – Public domain

Victor Hugues s’engage comme mousse à quatorze ans, puis s’établit comme planteur à Saint-Domingue, où il vit jusqu’à la Révolution haïtienne. Ruiné, il rentre en métropole en 1791.

C’est durant ses années dominguoises qu’il devient franc-maçon, comme nombre de colons et de négociants des îles, où les loges étaient des lieux importants de sociabilité.

Des loges aux clubs jacobins

À Paris, selon l’article qui lui est consacré, Victor Hugues s’intègre aux milieux jacobins par l’intermédiaire des loges maçonniques. Ce réseau lui ouvre une carrière révolutionnaire : en 1793, il est accusateur public au tribunal révolutionnaire de Rochefort, puis de Brest.

Les sources consultées ne précisent ni le nom de ses loges, ni son obédience, ni les fonctions qu’il a pu y exercer.

Le commissaire de la Guadeloupe

Victor Hugues
Source : Wikimedia Commons – Unknown authorUnknown author – Public domain

Nommé commissaire de la République par la Convention, il arrive en Guadeloupe en 1794 avec le décret d’abolition de l’esclavage. Il recrute plus de trois mille hommes de couleur et reprend l’île aux Britanniques, qui la quittent le 11 décembre 1794, jour où l’esclavage y est aboli.

Agent du Directoire à partir de 1796, il organise la guerre de course contre les États-Unis durant la quasi-guerre, mais aussi une répression sévère contre royalistes, créoles blancs et libres de couleur. Arrêté en 1798, il est renvoyé en France et remplacé par le général Desfourneaux.

Le gouverneur de la Guyane

Nommé gouverneur de la Guyane par le Consulat, il y exerce de 1799 à 1809. Un arrêté de l’an XI y rétablit de fait l’esclavage sous le nom de « conscription de quartier », et Hugues est chargé de son application ; il met aussi en place le travail forcé.

Il quitte Cayenne lors de l’invasion portugaise en 1809, est accusé de trahison, assigné à résidence jusqu’en 1814 puis acquitté. Chargé par Talleyrand de délimiter la frontière avec le Brésil, il retourne en Guyane, où il s’établit comme planteur et meurt.

Une trajectoire révolutionnaire et coloniale

Victor Hugues montre comment les réseaux maçonniques coloniaux ont pu servir de passerelle vers les clubs révolutionnaires. Son parcours, marqué à la fois par l’abolition de 1794 et par le rétablissement de la servitude en Guyane, rappelle la diversité des engagements des francs-maçons pris dans les tourmentes de la Révolution aux Antilles.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Victor Hugues.

Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation.

Glossaire de la franc-maçonnerie

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