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Jean Gaspard de Vence (1747-1808), né à Marseille et mort au château de Vaulichères, près de Tonnerre, est un corsaire puis officier de marine français. Engagé dans la guerre d’indépendance américaine, il prend part à la prise de la Grenade et au siège de Savannah, avant de devenir contre-amiral sous la Révolution et premier préfet maritime de Toulon sous le Consulat. Franc-maçon, il appartint à la loge La Douce Union à la Grenade, puis aux Amis Réunis d’Auxerre.
Un marin marseillais

Jean Gaspard de Vence prend la mer à quinze ans depuis Bayonne, en direction de Saint-Domingue où se trouve son frère aîné Jean-Baptiste. Il sert dans la Marine royale à partir de 1766, puis comme capitaine marchand. En 1767, son navire fait naufrage au large de l’Afrique et il rentre à Marseille atteint du scorbut.
À partir de 1776, il pratique la guerre de course aux Antilles, d’abord sous lettre de marque américaine, puis sous pavillon français. Ses nombreuses prises lui valent, selon sa biographie, d’avoir sa tête mise à prix par le Parlement britannique.
De la Grenade à Savannah
En 1779, il participe sous l’amiral d’Estaing à la prise de la Grenade, notamment à l’assaut du morne de l’Hôpital, et devient capitaine de port de l’île, fonction dont il démissionne après des accusations de malversation. La même année, il commande l’avant-garde lors de l’assaut manqué contre Savannah.
C’est à la Grenade, alors française, qu’il fréquente la loge La Douce Union.
Un contre-amiral de la Révolution
Réintégré en 1792 comme capitaine de vaisseau, il commande le Duquesne lors d’un convoi de grains venu de Tunis, puis est promu contre-amiral. Brièvement destitué en 1794 puis réintégré, il prend part au combat de Groix en 1795 et à la préparation de l’expédition d’Irlande en 1796.
Commandant des armes à Toulon, il contribue à la préparation de l’expédition d’Égypte. Sous le Consulat, il devient le premier préfet maritime de Toulon. Il prend sa retraite en 1803 après avoir critiqué les bateaux à fond plat de la flottille de Boulogne et se retire sur son domaine de Vaulichères.
Un frère des loges coloniales et bourguignonnes
En 1785, Vence figure sur le tableau de la loge La Douce Union, à la Grenade, comme second expert et chevalier Rose-Croix, grade du rite écossais. À partir de 1804, retiré en Bourgogne, il est membre de la loge Les Amis Réunis d’Auxerre.
Sa mémoire maçonnique demeure vivante : en 2010, une loge de recherche maritime, « Contre-amiral Vence n°2 », a été créée en son honneur, fille de la loge « La Pérouse n°1 » au sein de l’Association ponantaise d’histoire maritime.
Un marin dans la tradition maçonnique
Jean Gaspard de Vence illustre le lien étroit entre la marine et la franc-maçonnerie au XVIIIe siècle, des loges des îles aux ateliers de province. Corsaire de la guerre d’Amérique devenu amiral républicain, il reste aujourd’hui une figure tutélaire pour les loges qui cultivent l’histoire maritime.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Jean Gaspard de Vence.
Voir aussi dans le glossaire : Rose-Croix, Loge Bleue ou Loge Symbolique..

