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Joseph Talvas naît à Ploemeur le 17 mai 1845 et meurt à Lorient le 5 novembre 1904. Ancien fourrier puis employé du commissariat de la Marine, il fait carrière dans la politique lorientaise jusqu’à devenir maire de la ville en 1904. Vénérable de la loge Nature et Philanthropie, républicain anticlérical, il est mis en cause dans l’affaire des fiches à l’automne 1904 et se donne la mort quelques jours plus tard.
Un homme de la Marine
Né à Ploemeur, Joseph Talvas effectue son service militaire dans la Marine comme fourrier et s’y engage à l’issue de celui-ci. Employé du commissariat, il prend sa retraite avec le grade de sous-agent. Il dirige par ailleurs la section lorientaise de la Ligue des droits de l’homme.
Une carrière municipale
Conseiller municipal de Lorient en 1890, il est élu conseiller général du premier canton de Lorient le 6 août 1893, mandat qu’il perd en 1898. Adjoint au maire de 1893 à 1896, il devient premier adjoint d’Adolphe L’Helgoualc’h en 1901, puis assure l’intérim à partir du 24 juillet 1903 pendant la maladie de celui-ci. Le conseil municipal l’élit maire le 15 mai 1904.
Nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1903, ce qui provoque une vive polémique dans la presse catholique et royaliste, il applique strictement la politique anticongréganiste du gouvernement Combes. Le 4 octobre 1904, il interdit le port processionnel du viatique dans la commune, s’opposant au curé de Lorient, Adolphe Duparc.
Le vénérable de Nature et Philanthropie
Joseph Talvas est vénérable maître de la loge lorientaise Nature et Philanthropie, du Grand Orient de France. Son engagement maçonnique accompagne une activité républicaine et laïque assumée, dans une ville marquée par la présence de l’arsenal et de la Marine.
À partir du 28 octobre 1904, l’affaire des fiches éclate à la Chambre des députés : le député Jean Guyot de Villeneuve révèle que des renseignements sur les opinions des officiers étaient transmis au ministère de la Guerre par l’intermédiaire du Grand Orient. Talvas est accusé d’en faire partie ; une fiche le concernant, timbrée au Grand Orient le 6 août 1902, est publiée par la presse. Dans sa lettre d’adieu, il affirme ne pas être l’auteur des fiches, tout en reconnaissant avoir transcrit une note concernant un officier.
Une fin tragique
Le 5 novembre 1904, quelques jours après ces révélations, Joseph Talvas se suicide. Il reçoit des obsèques civiles et est inhumé le 8 novembre au cimetière de Carnel. En 1936, le conseil municipal de Lorient donne son nom à une rue.
Une victime de l’affaire des fiches
Joseph Talvas est l’une des figures locales les plus tragiques de l’affaire des fiches, épisode majeur des relations entre le Grand Orient de France, l’armée et la République radicale. Son destin rappelle la violence des affrontements entre républicains laïques et catholiques au début du XXe siècle, et le prix humain que certains maçons de province ont payé dans ce scandale national.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Joseph Talvas.
Voir aussi dans le glossaire : Sautoir de Vénérable Maître, Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Loge Bleue ou Loge Symbolique..

