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Isaac Jacob Adolphe Crémieux, né à Nîmes le 30 avril 1796 et mort à Paris le 10 février 1880, est un avocat et homme politique, deux fois ministre de la Justice, en 1848 puis en 1870, et auteur du décret qui accorda la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie. Président de l’Alliance israélite universelle, initié à Nîmes, il fut à partir de 1869 Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France.
Un avocat de Nîmes à la Cour de cassation

Né à Nîmes le 11 floréal an IV, Adolphe Crémieux plaide d’abord au barreau de sa ville natale avant d’exercer devant la Cour de cassation. Il s’installe à Paris en 1830 et s’impose comme l’un des grands avocats libéraux de son temps.
Député de Chinon de 1842 à 1848, il appartient à l’opposition à la monarchie de Juillet.
Deux fois garde des Sceaux de la République
En février 1848, il devient ministre de la Justice du gouvernement provisoire qui proclame la Deuxième République. Il décide que la justice sera désormais rendue « au nom du peuple français » et supprime le serment de fidélité au souverain. Il siège ensuite aux Assemblées constituante et législative.
Opposant au Second Empire, élu député de Paris, il vote contre la guerre avec la Prusse en juillet 1870. Ministre de la Justice du gouvernement de la Défense nationale, il rejoint la délégation de Tours, d’où est pris le décret Crémieux, qui accorde la citoyenneté française à quelque 37 000 « indigènes israélites » d’Algérie. Député d’Alger de 1871 à 1875, il est ensuite sénateur inamovible jusqu’à sa mort.
Au service de l’émancipation juive

Membre du Comité pour accélérer l’émancipation des Israélites, Crémieux compte parmi les promoteurs de l’Alliance israélite universelle en 1860, même s’il refuse d’abord de figurer parmi ses fondateurs. Il en devient président en 1863 et le reste jusqu’à sa mort.
Du Bienfait anonyme au Suprême Conseil
Adolphe Crémieux est initié en 1818 à la loge « Le Bienfait anonyme », à Nîmes, qui relève du Grand Orient de France ; l’historien Jacob Katz situe pour sa part son entrée en 1812. Il poursuit son parcours dans le Rite écossais ancien et accepté, où il est coopté au 33e degré en 1866.
En 1869, il prend la tête du Suprême Conseil de France avec le titre de Souverain Grand Commandeur. En 1875, il réunit à Lausanne une assemblée des Suprêmes Conseils destinée à harmoniser le Rite écossais et y plaide pour la fraternité entre obédiences.
Un républicain à la tête de l’Écossisme
Adolphe Crémieux incarne l’alliance entre combat républicain, émancipation des minorités religieuses et engagement maçonnique au XIXe siècle. Son passage à la tête du Suprême Conseil de France et le convent de Lausanne de 1875, moment fondateur pour la coordination internationale du Rite écossais ancien et accepté, font de lui l’une des grandes figures de l’Écossisme français.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Adolphe Crémieux.

