Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
Vous avez un code promo ?

Frédéric Curie, dit « commandant Chanal » dans la Résistance, né à Étupes dans le Doubs et mort à Paris en 1956, est un instituteur devenu officier du Régiment de sapeurs-pompiers de Paris, fondateur du réseau Sécurité parisienne et pionnier du sauvetage par hélicoptère. Initié en 1933 au Grand Orient de France à Montbéliard, il fut membre de la loge parisienne « La Clémente Amitié ».
De l’école normale aux sapeurs-pompiers de Paris

Originaire d’Étupes, dans le Doubs, Frédéric Curie sort de l’école normale de Mirecourt comme instituteur en 1925. Lieutenant de réserve puis lieutenant au 46e régiment d’infanterie, il rejoint le Régiment de sapeurs-pompiers de Paris. Le 1er septembre 1939, il est affecté à la 4e compagnie, au Vieux-Colombier.
Le commandant Chanal et Sécurité parisienne
Arrêté par les Allemands le 23 août 1940, il est condamné le 8 octobre 1940 à quinze mois de prison par un tribunal militaire. Libéré le 6 décembre 1941 et affecté à la compagnie de Choisy-le-Roi, il commence au début de 1942 à constituer le réseau qui prendra officiellement en janvier 1944 le nom de Sécurité parisienne.
Du 20 août 1944 au 23 mai 1945, il est commandant en second du régiment. En mars 1949, il siège comme juré militaire au procès de l’aviateur Dieudonné Costes, puis à celui d’Otto Abetz.
Pionnier du secours aérien
Premier directeur du Centre national d’instruction et de protection contre l’incendie, embryon de l’École nationale des sapeurs-pompiers, il mène à la fin de 1949 les premiers essais de sauvetage par hélicoptère à Issy-les-Moulineaux. Il intervient lors de la catastrophe spéléologique du Trou de la Creuse en 1950, lors des inondations aux Pays-Bas en 1953 et après le séisme d’Orléansville en 1954.
Pilote d’un Bell 47G, il assure la première liaison par hélicoptère entre la pointe du Raz et l’île de Sein, et cofonde la Ligue française de secours et de sauvetage aérien. Victime d’un accident d’hélicoptère sur la Seine lors du Salon nautique de 1956, il meurt d’une crise cardiaque environ deux mois et demi plus tard. Il était chevalier de la Légion d’honneur et médaillé de la Résistance avec rosette.
Un rose-croix du Grand Orient
Frédéric Curie est initié le 21 avril 1933 au Grand Orient de France, dans la loge « Les Amis éprouvés », à Montbéliard. Il fréquente ensuite les loges Voltaire et Étoile polaire, puis, à partir de 1945, « La Clémente Amitié », l’un des ateliers les plus connus de l’obédience, à la reconstruction duquel il participe après la guerre.
Il est titulaire du 18e degré du Rite écossais ancien et accepté, celui de chevalier Rose-Croix. Selon l’article, son idéal maçonnique a inspiré son action dans la Résistance comme dans le secours aux personnes.
La fraternité en action
Frédéric Curie représente une maçonnerie de l’engagement concret, celle des frères résistants qui contribuèrent à la reconstruction des loges après les persécutions de l’Occupation. Son parcours, de l’instituteur franc-comtois au pionnier du sauvetage aérien, donne un visage au lien entre idéal humaniste et service public que revendique la tradition du Grand Orient de France.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Frédéric Curie.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation.

