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Né en 1919 à Villeurbanne et mort le 11 novembre 1995 à Étampes, Jean Tourniac, de son vrai nom Jean Granger, est un essayiste français spécialiste de la franc-maçonnerie et du symbolisme. Résistant, reconnu Juste parmi les nations, figure de la Grande Loge nationale française et du Rite écossais rectifié, cofondateur de la loge Villard de Honnecourt, il a laissé une œuvre importante, dont Symbolisme maçonnique et tradition chrétienne (1965).
Un résistant, Juste parmi les nations

Diplômé de l’université de Leipzig, Jean Granger s’engage dans la Résistance de 1942 à 1945. Pendant l’Occupation, il sauve une famille juive, ce qui lui vaudra d’être reconnu Juste parmi les nations par Yad Vashem. Cette expérience éclaire l’une des grandes lignes de son œuvre : la méditation sur les liens entre judaïsme et christianisme.
Après la guerre, il suit à l’École pratique des hautes études l’enseignement de François Secret, spécialiste de la kabbale chrétienne. Il publie sous le nom de Jean Tourniac.
De la Grande Loge de France à la GLNF
Initié à Lyon dans la loge Tolérance et Cordialité de la Grande Loge de France, il rejoint en avril 1951 la loge Centre des Amis no 1 de la Grande Loge nationale française, où il devient officier à partir de 1959. En 1964, avec Paul Naudon, Pierre Mariel, Jean Saunier, Jean Baylot et d’autres, il fonde la loge d’études et de recherches Villard de Honnecourt, dont les travaux feront référence.
Le serviteur du Rite écossais rectifié
Tourniac s’est particulièrement consacré au Rite écossais rectifié, de tradition chrétienne, issu de la réforme de Jean-Baptiste Willermoz. Président de la commission des rituels du rite, il est reçu chevalier bienfaisant de la Cité sainte sous le nom d’ordre de Johannes Eques a Rosa Mystica, et sera élu grand prieur du Grand Prieuré des Gaules. Ses Principes et problèmes spirituels du Rite écossais rectifié (1969) restent une référence pour les frères qui pratiquent ce rite.
Symbolisme, tradition chrétienne et pensée guénonienne
Son premier grand livre, Symbolisme maçonnique et tradition chrétienne (Dervy, 1965), propose une lecture chrétienne des symboles de la loge. Suivent Les Tracés de lumière (1976), Vie et perspectives de la franc-maçonnerie traditionnelle (1978) et Lumière d’Orient (1979). Lecteur attentif de René Guénon, il publie Propos sur René Guénon (1973) et, en 1983, Melkitsedeq ou la tradition primordiale chez Albin Michel.
Il collabore aux revues Renaissance traditionnelle, Vers la tradition et Connaissance des religions, et reçoit en 1971 le prix Constant-Dauguet de l’Académie française.
Principaux ouvrages
- Symbolisme maçonnique et tradition chrétienne, Dervy-Livres, 1965
- Principes et problèmes spirituels du Rite écossais rectifié, Dervy, 1969
- Propos sur René Guénon, Dervy, 1973
- De la chevalerie au secret du Temple, Éditions du Prisme, 1975
- Les Tracés de lumière, Dervy, 1976
- Vie et perspectives de la franc-maçonnerie traditionnelle, Dervy, 1978
- Lumière d’Orient, Dervy, 1979
- Melkitsedeq ou la tradition primordiale, Albin Michel, 1983
- Sommes-nous des judéo-chrétiens ?, Trédaniel, 1986
- Le Judaïsme crucifié, Éditions du Soleil natal, 1995
Une figure de la maçonnerie chrétienne et traditionnelle
Jean Tourniac a incarné une maçonnerie spiritualiste, enracinée dans la tradition chrétienne et ouverte au judaïsme, nourrie de symbolisme et de recherche. Par ses livres sur le Rite écossais rectifié, par Villard de Honnecourt et par son œuvre symbolique, il reste l’un des auteurs maçonniques français les plus lus de la seconde moitié du XXe siècle.
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Voir aussi dans le glossaire : Symbolisme.

