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Zoroastre, ou Zarathoustra, est une figure majeure de l’histoire religieuse de l’Iran ancien. Sa chronologie demeure très incertaine. Les traditions situent souvent sa vie entre les VIIe et VIe siècles avant notre ère, tandis que des études plus récentes la repoussent parfois entre les XVe et XIe siècles avant notre ère. Les notices biographiques donnent elles-mêmes des fourchettes très larges, entre le IIe millénaire et le VIe siècle avant J.- C., sans lieu de naissance assuré. Cette incertitude historique contribue à l’aura qui entoure son nom, mais elle ne doit pas autoriser les récupérations fantaisistes.

Son enseignement renvoie à une tradition spirituelle profonde, centrée sur la vérité et le mensonge, la lumière et les ténèbres, le choix moral, la responsabilité humaine et le combat contre l’esprit destructeur. Zoroastre appartient d’abord à l’histoire des religions, à la mémoire spirituelle de l’Iran ancien et à la formation d’une pensée éthique du discernement. Il ne relève donc pas de la fantasmagorie antimaçonnique, qui aime arracher les grandes figures anciennes à leur ciel propre pour les mêler abusivement à l’occultisme, au complot ou aux sociétés secrètes.
Pourquoi Zoroastre ?
Pourquoi Zoroastre dans un abécédaire de l’antimaçonnisme ? Parce que son nom, comme ceux d’Hermès, de la Kabbale, de l’Égypte, de l’alchimie ou des mages, est parfois jeté dans la grande marmite des confusions symboliques. L’antimaçonnisme aime les noms anciens lorsqu’ils peuvent donner au soupçon une profondeur artificielle.
Zoroastre devient alors un signe d’Orient mystérieux, de dualisme, de magie, de feu sacré, de tradition cachée, parfois relié abusivement à l’occultisme ou à la franc-maçonnerie.
Le mécanisme est toujours le même. Une grande tradition spirituelle est réduite à quelques images. Le feu devient magie. Le combat entre vérité et mensonge devient satanisme. Les mages deviennent société secrète. L’Orient devient décor d’une initiation inquiétante. Ainsi se construit l’amalgame. Il ne respecte ni l’histoire religieuse, ni les textes, ni les traditions, ni les contextes.
Rendre à Zoroastre sa dignité
La réponse consiste à rendre à Zoroastre sa dignité propre. Le zoroastrisme n’est pas un appendice de la franc-maçonnerie. Il n’est pas une preuve d’occultisme maçonnique. Il appartient à la mémoire spirituelle de l’Iran ancien et à une méditation profonde sur le choix, la vérité, le mensonge, la lumière et les ténèbres. Qu’un imaginaire initiatique puisse parfois être sensible à ces grands symboles ne signifie pas filiation secrète ni complot.
Une clôture symbolique
Cette dernière entrée offre une belle clôture symbolique. L’antimaçonnisme confond les traditions pour fabriquer de l’ombre. L’initiation distingue les traditions pour mieux entendre ce qu’elles peuvent dire de l’homme. Zoroastre rappelle que la Lumière n’est pas propriété d’un groupe, mais combat intérieur contre le mensonge. Là où le soupçon accumule des noms pour accuser, la connaissance les replace dans leur ciel propre.
Dans une lecture initiatique, le choix entre vérité et mensonge, lumière et ténèbres, n’est pas un appel à désigner un ennemi extérieur. Il est une exigence intérieure.
C’est pourquoi Zoroastre peut conclure symboliquement l’abécédaire. Il rappelle que la vraie lutte n’est pas la chasse aux ombres imaginaires. Elle est l’effort patient pour ne pas servir le mensonge. L’antimaçonnisme fabrique des ténèbres en prétendant dénoncer l’ombre. Le discernement, lui, apprend à rendre à chaque tradition sa juste lumière.
Voir aussi : Ésotérisme et fantasme, Kabbale fantasmée, Occultisme, Syncrétisme accusatoire, Nuit et Lumière, Lumière, Symboles détournés.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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