Excommunication (antimaçonnisme)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’excommunication est souvent évoquée dans les débats sur catholicisme et franc-maçonnerie, parfois avec confusion.

Dire exactement ce que disent les textes

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Le mot frappe l’imagination. Il évoque la rupture, l’exclusion, la faute grave, la séparation d’avec la communauté croyante. Dans l’imaginaire antimaçonnique, il donne au conflit entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie une intensité dramatique. Mais la rigueur impose de ne pas utiliser ce terme comme une massue.

Il faut dire exactement ce que les textes disent, selon les périodes, sans leur ajouter des fantasmes qui ne relèvent plus du droit, mais de la polémique.

De 1917 à 1983

Dans l’ancien Code de droit canonique de 1917, l’appartenance à la franc-maçonnerie était explicitement visée par une sanction. Le canon 2335 mentionnait les catholiques affiliés à la secte maçonnique ou à d’autres associations du même genre. L’interdit était donc formulé clairement et portait juridiquement sur l’appartenance. Cette situation a durablement marqué les consciences, au point que le mot excommunication continue souvent d’être employé dans le langage courant pour parler de la position catholique sur la franc-maçonnerie.

Avec le Code de droit canonique de 1983, la franc-maçonnerie n’est plus nommée directement dans le canon correspondant. Cette absence a suscité des interprétations. Certains ont pensé que l’Église avait assoupli sa position. La Déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 26 novembre 1983 vient préciser que le jugement négatif de l’Église demeure inchangé. Elle affirme que les principes des associations maçonniques restent inconciliables avec la doctrine catholique, que les fidèles qui y sont inscrits se trouvent en état de péché grave et qu’ils ne peuvent recevoir la communion.

L’enjeu est donc délicat. Il ne faut pas confondre l’ancien cadre juridique, la déclaration doctrinale de 1983, l’interdiction de recevoir la communion, les notions de péché grave, d’excommunication automatique ou de discipline sacramentelle. Le vocabulaire canonique a ses distinctions. L’antimaçonnisme, lui, aime les mots qui frappent. Il préfère la force dramatique de l’excommunication à la précision du droit. Il utilise le terme comme un signe d’infamie plutôt que comme une notion ecclésiale à comprendre.

Pour l’abécédaire, cette précision est importante. La question n’est pas de minimiser la position catholique. Elle demeure ferme. Mais il faut éviter de la formuler de manière imprécise. Dire que les catholiques membres d’associations maçonniques ne peuvent recevoir la communion selon la déclaration de 1983 est une chose. Transformer cette déclaration en preuve que la franc-maçonnerie serait satanique, criminelle ou ennemie de Dieu en est une autre. C’est dans ce glissement que commence l’antimaçonnisme.

La puissance du mot

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Le mot excommunication est aussi puissant parce qu’il touche à l’appartenance. Il pose une question spirituelle profonde. À quelle communauté appartient l’homme. Quelle fidélité prime.

Quelle parole engage. Quelle limite sépare l’intérieur de l’extérieur. Pour un croyant catholique attiré par la franc-maçonnerie ou déjà engagé dans une loge, cette question peut devenir une véritable épreuve de conscience. Le polémiste cherche une condamnation simple. L’homme spirituel rencontre parfois une tension intérieure.

La lecture initiatique ne doit pas traiter cette tension avec légèreté. Un franc-maçon croyant peut vivre au croisement de deux fidélités difficiles. Il peut aimer l’Église et le Temple maçonnique, la liturgie et le rite, la prière et le symbole, la foi reçue et la quête intérieure. Il peut aussi se trouver devant une incompatibilité formulée par son Église. Il ne revient pas à l’antimaçonnisme de transformer cette épreuve en spectacle. Il revient à la conscience de la vivre avec gravité.

Une réponse précise et digne

La réponse maçonnique doit donc être précise et digne. Précise, parce que les mots du droit canonique ne doivent pas être déformés. Digne, parce qu’il ne s’agit pas de se moquer d’une discipline religieuse. L’Église catholique parle pour ses fidèles. La franc-maçonnerie parle depuis son ordre initiatique. Entre les deux, le désaccord existe. Mais il ne doit pas être livré à la caricature.

Dans le champ antimaçonnique, l’excommunication devient souvent un symbole de damnation sociale et spirituelle. Elle sert à isoler le franc-maçon croyant, à le placer sous le signe de la faute, à le faire apparaître comme un être séparé de sa communauté. Or la vocation de la pensée critique est de distinguer. Une sanction ou une interdiction religieuse ne doit pas devenir une permission de calomnier. Un conflit doctrinal ne doit pas devenir une machine à déshumaniser.

Voir aussi : Droit canonique, Déclaration de 1983, Église catholique, Communion, Liberté de conscience.

Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme, Yonnel Ghernaouti

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.

Pour aller plus loin

Glossaire de la franc-maçonnerie

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