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Alain Escada, né le 16 mai 1970 à Bruxelles, est un militant belge national-catholique, classé à l’extrême droite. Il devient secrétaire général de Civitas en 2009, puis président en 2012, et contribue à donner au mouvement une visibilité médiatique et politique accrue, notamment lors des mobilisations contre le mariage entre personnes de même sexe en France. Sous sa direction, Civitas se politise davantage et devient un parti politique en 2016.
Un militantisme national-catholique

Son parcours éclaire une forme contemporaine de militantisme où catholicisme identitaire, contre-révolution, rejet de la laïcité, hostilité aux évolutions sociétales, critique du mondialisme et culture d’extrême droite peuvent se rejoindre. Alain Escada se définit comme catholique contre-révolutionnaire.
Cette expression est importante, car elle situe son combat dans une mémoire politique qui ne se limite pas à la défense de la foi, mais vise aussi une contestation globale de l’héritage révolutionnaire, républicain, laïque et démocratique moderne.
Dans cette perspective, la franc-maçonnerie devient l’un des adversaires symboliques de son univers militant. Elle représente moins un objet d’étude qu’un signe de la modernité à combattre. Elle est convoquée comme figure de la République laïque, de la séparation des Églises et de l’État, de la liberté de conscience, de l’universalisme humaniste, du pluralisme et de l’émancipation de la loi civile à l’égard d’une conception religieuse de l’ordre social. Le soupçon antimaçonnique s’inscrit donc chez lui dans une vision plus vaste, celle d’un combat contre la modernité politique.
Un antimaçonnisme contemporain
Alain Escada illustre aussi la manière dont l’antimaçonnisme contemporain peut se recomposer dans les mobilisations culturelles. Il ne s’agit plus seulement de répéter les anciennes condamnations doctrinales. Il s’agit de les intégrer à des combats contre le mariage pour tous, l’éducation à la sexualité, les politiques de diversité, l’immigration, les institutions républicaines ou les supposées élites mondialistes. La loge devient alors l’arrière-plan imaginaire d’un monde accusé d’avoir rompu avec l’ordre chrétien.
La dissolution de Civitas en 2023, puis le rejet du recours par le Conseil d’État en 2024, rappellent que ce type de militantisme ne relève pas seulement du débat religieux. Les autorités publiques ont notamment retenu des éléments liés à des propos antisémites, à des appels ou discours pouvant nourrir la discrimination, la haine ou l’hostilité envers certains groupes. Cette dimension est essentielle pour l’abécédaire, car elle montre comment l’antimaçonnisme peut croiser d’autres registres de haine, notamment l’antisémitisme et la xénophobie.
Traiter avec précision
Il faut néanmoins traiter Alain Escada avec précision. Il n’est pas un théologien de l’antimaçonnisme, ni un historien des loges. Il est surtout un acteur militant, dont l’intérêt pour cet ouvrage tient à la politisation de la rhétorique catholique intégriste. Chez lui, la franc-maçonnerie sert de symbole. Elle permet de condenser la peur de la laïcité, de la République, du pluralisme et du monde contemporain. C’est moins la loge réelle qui est visée que la figure imaginaire d’une puissance de décomposition.
La réponse maçonnique ne doit pas être l’anticatholicisme. Elle doit être la distinction. Distinguer foi catholique et intégrisme politique. Distinguer critique doctrinale et légende noire.
Distinguer désaccord religieux et haine de la liberté de conscience. Distinguer tradition spirituelle et instrumentalisation idéologique. Là où Escada et Civitas font de la franc-maçonnerie un symbole de la rupture moderne, le travail initiatique rappelle que la liberté intérieure n’est pas une dissolution, mais une responsabilité.
Voir aussi : Civitas, Antimaçonnisme catholique, Catholicisme et franc-maçonnerie, Extrême droite, Guerre culturelle, Laïcité, Ordre moral, Antisémitisme, Syncrétisme accusatoire.

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.
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