Action française (antimaçonnisme)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

L’Action française occupe une place majeure dans l’histoire de l’antimaçonnisme français du XXe siècle. Mouvement monarchiste, nationaliste, contre-révolutionnaire et antidémocratique, fondé autour de Charles Maurras, elle a fait de la République parlementaire, de la démocratie libérale, du protestantisme, du judaïsme, du cosmopolitisme et de la franc-maçonnerie les signes d’une France supposément décomposée par l’esprit moderne. Dans sa vision du monde, la franc-maçonnerie devient l’un des visages de l’anti-France.

Une pensée de la clôture nationale

Charles Maurras, photo Studio Harcourt, 1937

L’antimaçonnisme de l’Action française ne se comprend pas isolément. Il s’inscrit dans une construction idéologique plus vaste, où la nation est pensée comme un corps menacé par des puissances intérieures. Juifs, protestants, francs-maçons et métèques deviennent les figures d’une altérité accusée d’avoir détruit l’unité organique du pays. La loge y est moins étudiée que désignée. Elle devient l’un des lieux imaginaires où se fabriquerait la République, la laïcité, l’école sans Dieu, le parlementarisme, les droits de l’homme et la dissolution de l’autorité traditionnelle.

La force de cette rhétorique vient de son apparente cohérence. L’Action française ne se contente pas de reprendre les vieux thèmes religieux de l’antimaçonnisme. Elle leur donne une forme politique, nationaliste, littéraire et doctrinale. La franc-maçonnerie n’est plus seulement condamnée comme erreur spirituelle. Elle est accusée d’être un ferment de décadence nationale, une machine de déracinement, une puissance abstraite opposée à la terre, à l’histoire, à la monarchie, à l’Église et à la continuité française.

Il faudra inscrire cette notice dans la généalogie des haines françaises. L’Action française se situe à la croisée de l’antidreyfusisme, du nationalisme intégral, de l’antisémitisme politique et de l’antimaçonnisme. Elle transmet à une partie de la droite radicale française une langue du soupçon dont les traces ressurgiront, sous des formes diverses, jusque dans les discours contre les élites, la République dite maçonnique ou la laïcité accusée d’être une arme antireligieuse.

La réponse maçonnique

Une lecture maçonnique doit ici être ferme. L’Action française ne critique pas seulement des institutions. Elle construit une cartographie de l’ennemi intérieur. Elle ne cherche pas la vérité des loges. Elle les transforme en symbole négatif d’une modernité détestée.

Face à cette pensée de clôture, la franc-maçonnerie rappelle que la nation n’est pas une idole fermée, mais une communauté vivante, appelée à conjuguer mémoire, justice et liberté de conscience.

Voir aussi : Extrême droite, Antisémitisme, Maurras, Ligue antimaçonnique, République, Laïcité.

Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme, Yonnel Ghernaouti

Notice extraite de l’Abécédaire de trois siècles d’antimaçonnisme de Yonnel Ghernaouti.

Pour aller plus loin

Glossaire de la franc-maçonnerie

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