P comme Pas en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Les pas désignent, en franc-maçonnerie, la manière réglée de se déplacer dans la loge et, plus précisément, la marche propre à chaque grade, que l’on accomplit pour se présenter à l’Orient. Chaque degré a ses pas, dont le nombre et la forme sont fixés par le rituel et figurent parmi les moyens de reconnaissance. Mais le pas est aussi un enseignement : il traduit dans le corps le chemin initiatique, ses étapes, ses détours et ses franchissements. La marche maçonnique, mesurée et consciente, s’oppose à l’agitation du monde profane. Elle rappelle que l’initiation est d’abord un déplacement.

Marcher dans le temple

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Dans la loge, on ne se déplace pas au hasard. La circulation se fait le plus souvent dans un sens déterminé, autour du pavé mosaïque, avec des angles droits aux changements de direction. On ne traverse pas le centre de la loge pendant les travaux, sauf usage particulier. Les officiers, comme le Maître des cérémonies ou l’Expert, guident les déplacements. Cette discipline donne au temple son caractère d’espace sacré, où chaque geste compte.

Les pas des grades

Chaque grade possède une marche spécifique, que le nouvel initié apprend lors de sa réception et qu’il répète en entrant dans la loge pour se placer entre les colonnes. Selon un usage largement publié dans les rites français, l’Apprenti avance par trois pas, le Compagnon par cinq et le Maître par sept, nombres qui correspondent aux âges symboliques des trois grades. Leur forme précise varie d’un rite à l’autre et relève de l’enseignement oral de la loge.

  • Apprenti : une marche droite et mesurée, qui dit le premier pas vers la lumière.
  • Compagnon : une marche qui s’écarte de la ligne droite avant d’y revenir, image de l’exploration du monde.
  • Maître : une marche qui franchit un obstacle, en rapport avec la légende d’Hiram.
  • Repère : 3, 5 et 7, les âges symboliques de l’Apprenti, du Compagnon et du Maître.

Une pédagogie par le corps

La franc-maçonnerie n’enseigne pas seulement par la parole. Les signes, les attitudes, les batteries et les pas inscrivent le symbole dans le corps. Le pas oblige à l’attention : on ne peut le faire juste qu’en étant présent à ce que l’on fait. Il crée aussi une mémoire corporelle, qui précède souvent la compréhension intellectuelle. Beaucoup de maçons témoignent qu’un geste répété pendant des années finit par révéler un sens qu’ils n’avaient pas perçu au début.

Le pas et les voyages

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La réception à chaque grade comporte des voyages : le candidat fait le tour de la loge, guidé, d’abord les yeux bandés à l’initiation. Ces marches figurent les épreuves de la vie, les obstacles, les tâtonnements. Le pas du grade en est le résumé : en quelques mouvements, il rappelle à chaque tenue le chemin parcouru lors de la réception. Il est l’abrégé d’un voyage.

Une symbolique universelle de la marche

La marche est l’une des plus anciennes images de la vie spirituelle : pèlerinages, processions, chemins de Compostelle, labyrinthes des cathédrales que les fidèles parcouraient à genoux. Le Compagnonnage parle du « tour de France ». La franc-maçonnerie s’inscrit dans cette tradition. Le pas maçonnique dit qu’on ne reçoit pas la lumière immobile : on va vers elle, pas à pas, et chaque grade marque une étape du chemin.

Discipline et liberté

Le pas est réglé, mais il n’est pas un dressage. La forme imposée libère l’esprit : comme le danseur ou le musicien, le maçon s’appuie sur une technique pour exprimer quelque chose qui la dépasse. Le pas rituel enseigne aussi l’humilité : chacun fait les mêmes pas que ceux qui l’ont précédé, quel que soit son rang dans le monde. Il est un signe d’égalité autant que de reconnaissance.

Le saviez-vous ?

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La « salle des pas perdus », expression empruntée aux palais de justice, désigne dans de nombreux bâtiments maçonniques le vestibule où l’on attend avant d’entrer en loge. Le pas qui compte, au contraire, est celui que l’on fait entre les colonnes.

Pour approfondir

  • Oswald Wirth, La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes, Dervy (trois tomes, rééditions).
  • Jules Boucher, La Symbolique maçonnique, Dervy, 1948 (rééditions).

Voir aussi dans le glossaire : Marche, Pavé mosaïque, Âge Maçonnique.

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