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Depuis les affirmations du gardien du site Roger Lhomoy en 1946, l’histoire du trésor des Templiers dissimulé sous le château de Gisors (Eure) continue d’alimenter les imaginations. Légende urbaine, mythe ancestral ou fait historique ? Plongeons dans les méandres de ce mystère. Avez-vous déjà entendu parler de la saga du trésor des Templiers au château de Gisors, dans l’Eure ? C’est l’une des énigmes les plus captivantes de notre territoire.
Les Templiers et Gisors
Pour saisir l’essentiel, revenons en arrière. Le château de Gisors, une imposante forteresse royale, a été le théâtre de nombreux affrontements violents au Moyen Âge. Position clé, cette ancienne motte castrale édifiée entre la fin du XIe et le XIIe siècle a été au cœur des conflits entre la France et l’Angleterre. De 1158 à 1160, durant une pause dans les hostilités entre les deux nations, la garde du château est remise à l’ordre du Temple, sous la surveillance de trois chevaliers templiers.
Trésor de Gisors : secret enterré ou pure invention ?
« Ils assuraient la protection des domaines, mais aussi un soutien aux habitants locaux. Cet ordre a acquis une immense influence, avec une puissance financière, économique et diplomatique considérable »
explique Gwenola Le Masle, responsable de mission au service du patrimoine historique de Gisors.

Une confidence arrachée à un chevalier templier
Quand Philippe le Bel monte sur le trône en 1285, la domination des Templiers le gêne. Pire encore, ils relevaient du pape, non du roi.
« C’était un ordre trop opulent, un État dans l’État, et le souverain ne pouvait l’accepter »

précise Anne Puech d’Alissac, adjointe au maire de Gisors chargée du Patrimoine. Le grand maître Jacques de Molay et d’autres Templiers sont incarcérés ici de 1310 à 1314. C’est sous la torture que l’un de ces chevaliers lâche des informations qui donnent naissance à la légende du trésor de Gisors. Il mentionne trois chariots partis du temple de Paris vers l’Angleterre, avec une halte à Gisors. « Les chariots n’en seraient pas repartis, ce qui laisse supposer que le trésor des Templiers y est resté », en conclut l’adjointe au maire.
Un graffiti énigmatique

Un curieux graffiti dans la tour du prisonnier vient appuyer cette histoire. « Ce graffiti, par son aspect mystique, son inscription en latin et ses diverses croix, contiendrait un code secret menant au trésor des Templiers pour qui saurait le décrypter », indique Gwenola Le Masle, chargée de mission au service du patrimoine historique de Gisors.

Bien qu’il n’ait pas réussi à percer le mystère du graffiti, Roger Lhomoy, gardien et jardinier du château durant l’Occupation, est persuadé que le trésor existe. La nuit, il fore secrètement des dizaines de galeries jusqu’en mars 1946. Un jour, il surgit au conseil municipal, face au maire, affirmant avoir déniché le trésor. « J’ai vu une chapelle splendide, avec d’immenses statues, des apôtres, des sarcophages disposés dix par dix ! », narre-t-il à l’époque. L’affaire éclate au grand jour. Elle fait les gros titres des journaux, et les chercheurs de trésors affluent vers la ville. Tout le monde débarque à Gisors armé de pelles et de pioches pour fouiller.
« À gauche, à droite, sous la motte, un vrai chaos car la motte est devenue un gruyère ! », s’exclame Anne Puech d’Alissac.
« Au point que le gouvernement s’en mêle, et André Malraux, ministre de la Culture, décide qu’il y a peut-être du vrai à Gisors et qu’il faut vérifier. »
Deux campagnes de fouilles sous Malraux

André Malraux ordonne deux fouilles officielles dans les années 1960, sans résultat. En 1964, M. Demuter, secrétaire du syndicat d’initiative de Gisors à l’époque, exprime son scepticisme. « Roger Lhomoy n’a jamais pu nous présenter la moindre preuve tangible de cette supposée crypte souterraine », déclarait-il dans l’émission Le Journal de Paris, diffusée le 28 février 1964. Roger Lhomoy a-t-il vraiment mis au jour quelque chose, ou était-ce un songe ? L’énigme du trésor de Gisors demeure intacte à ce jour.
Avec Stéphane Gérain et Stéphane L’Hôte
- France 3 – Normandie
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Les trois chariots partis de Paris faisant halte à Gisors ne sont pas ceux que vous croyez. Il s’agit des Ourses célestes Ces constellations des Ourses ont été comparées à des casseroles ou à des CHARIOTS. C’est là que réside le secret des templiers dans la construction du début de ce château de GISENTLESORS du midi à minuit.