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Le samedi 14 novembre 2026, la Grande Loge de France rendra hommage aux Compagnons de la Libération, à l’occasion du 86e anniversaire de l’Ordre créé par le général de Gaulle. Animée par Franck Ferrand, cette conférence publique se tiendra dans le Grand Temple Pierre Brossolette, rue Louis-Puteaux, où une plaque commémorative sera dévoilée. Sept des 1 038 Compagnons de la Libération étaient membres de la GLDF.

« Se souvenir de leur engagement, c’est aussi faire vivre leur héritage. »
Grande Loge de France, carton d’invitation
Une conférence pour les 86 ans de l’Ordre de la Libération

Intitulée « Compagnons de la Libération : une exemplarité toujours actuelle », la rencontre s’inscrit dans le cadre des célébrations des 300 ans de la Grande Loge de France. L’obédience de la rue Puteaux y rappellera le courage et la force d’engagement de ces femmes et de ces hommes qui ont refusé la défaite de 1940, et évoquera aussi le parcours d’autres grandes figures de l’Ordre.

Le lieu ne doit rien au hasard : le Grand Temple de la Grande Loge de France porte le nom de Pierre Brossolette, lui-même Compagnon de la Libération. Le grand escalier de l’hôtel de la rue Puteaux a, lui, été baptisé « Escalier des Compagnons de la Libération » il y a deux ans.
Les intervenants
La conférence sera animée par Franck Ferrand, directeur éditorial d’Historia, en présence de :
- Jean-Raphaël Notton, Grand Maître de la Grande Loge de France ;
- le général Thierry Burkhard, délégué national de l’Ordre de la Libération et ancien chef d’État-Major des Armées ;
- Hervé Gaymard, président de la Fondation Charles-de-Gaulle et ancien ministre ;
- Guillaume Piketty, historien ;
- Clément Ledoux, Grand Officier à la Culture de la Grande Loge de France.
Sept Compagnons de la Libération, sept frères de la GLDF
Dans un document transmis par l’obédience, Jean-Pierre Thomas retrace le parcours des sept membres de la Grande Loge de France faits Compagnons de la Libération. Trois étaient déjà francs-maçons avant la guerre ; les quatre autres ont été initiés après 1945 et ont accepté de porter le tablier d’apprenti après avoir côtoyé la grande Histoire.

Félix Éboué (1884-1944)
Membre de la loge La France Équinoxiale, à l’Orient de Cayenne, ce petit-fils d’esclave devient le premier gouverneur de colonie issu de la minorité noire. Gouverneur du Tchad, il rallie la France libre dès le 26 août 1940 et offre au général de Gaulle son premier territoire, ce qui lui vaut d’être condamné à mort par contumace par Vichy. Mort au Caire en 1944, il entre au Panthéon en 1949, aux côtés de Victor Schœlcher.

Pierre Brossolette (1903-1944)
Normalien, agrégé d’histoire, journaliste, membre de la loge Émile Zola à Paris, il devient à Londres l’adjoint du colonel Passy au BCRA et l’une des voix de Radio-Londres. Arrêté en Bretagne lors de sa troisième mission en France, torturé avenue Foch, il se jette par la fenêtre pour ne pas parler. Il est fait Compagnon à titre posthume et entre au Panthéon le 27 mai 2015. Le Grand Temple de la rue Puteaux porte son nom.
Jean Cassou (1897-1986)

Écrivain, poète, membre de la loge Le Portique, il est le premier directeur du musée national d’Art moderne. Résistant dès 1940 au sein du réseau du Musée de l’Homme, arrêté, il compose en prison ses Trente-trois sonnets composés au secret. Commissaire de la République à Toulouse en 1944, grièvement blessé lors d’un accrochage avec une colonne allemande, il poursuit ensuite sa carrière de conservateur et d’écrivain.

Yvon Morandat (1913-1972)
Syndicaliste chrétien (CFTC), il rejoint Londres en 1940 puis est envoyé en France pour rallier les syndicats à la Résistance. Lors de la libération de Paris, en août 1944, il prend possession de l’hôtel Matignon, un épisode immortalisé dans Paris brûle-t-il ? de René Clément, où Jean-Paul Belmondo incarne son rôle. Il sera plus tard président des Charbonnages de France et ministre.
Thadée Diffre (1912-1971)

Membre de la loge La République à Paris, il combat en Syrie, en Libye et en Tunisie, où il recrute plus d’un millier de jeunes Français avant de rejoindre la 2e DB de Leclerc. Il participe ensuite à la conférence de San Francisco qui prépare la naissance de l’ONU.

Hubert Germain (1920-2021)
Il rejoint Londres en juin 1940, sert dans la 13e demi-brigade de Légion étrangère, se bat à Bir Hakeim, en Italie, en Provence et en Allemagne, puis devient maire, député et ministre. Dernier des 1 038 Compagnons de la Libération à s’éteindre, il repose depuis novembre 2021 dans la crypte du Mémorial de la France combattante, au Mont-Valérien.
François Tilly (1919-1983)

Officier mécanicien de la marine marchande, natif de Morlaix, il rejoint le général de Gaulle dès juin 1940. Il sert dans les Forces navales françaises libres puis dans l’armée de l’Air, avant de commander une unité de fusiliers marins pendant les campagnes d’Italie et d’Alsace.

La France libre et la franc-maçonnerie
Le document de l’obédience rappelle aussi un épisode moins connu : l’abolition par la France libre de la loi de Vichy du 13 août 1940 qui avait dissous les « sociétés secrètes ». Sous l’impulsion notamment de Michel Dumesnil de Grammont, Grand Maître de la GLDF, le général de Gaulle signe à Alger l’ordonnance du 15 décembre 1943 qui rétablit les obédiences dans leurs droits. Ce fut l’un des premiers textes de la France libre à remettre en cause la législation de Vichy.
Infos pratiques
- Date : samedi 14 novembre 2026, à 15 heures
- Lieu : Grand Temple Pierre Brossolette, hôtel de la Grande Loge de France, 8, rue Louis-Puteaux, 75017 Paris
- Entrée : conférence publique, sur inscription
- Inscription : sur le site www.gldf.org
- Renseignements : evenements@gldf.org
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