S comme Salomon en Franc-maçonnerie

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Salomon, fils de David et roi d’Israël selon la Bible, est le bâtisseur du premier Temple de Jérusalem. Cette œuvre, décrite en détail dans le premier livre des Rois et le deuxième livre des Chroniques, fait de lui une figure centrale de la franc-maçonnerie, qui a pris le Temple comme modèle symbolique de la loge et de l’homme en construction. Roi sage, juge avisé, commanditaire d’un chantier exemplaire mené avec Hiram de Tyr et l’architecte Hiram, il incarne l’alliance de la sagesse, du pouvoir et de l’art de bâtir.

Le roi sage de la Bible

Salomon

Selon le premier livre des Rois, Salomon succède à son père David et demande à Dieu, en songe, non la richesse ni la longévité, mais « un cœur intelligent » pour juger son peuple. Le récit du jugement de Salomon, qui identifie la vraie mère d’un enfant disputé, illustre cette sagesse devenue proverbiale. La tradition lui attribue les Proverbes, l’Ecclésiaste et le Cantique des cantiques. Les historiens soulignent que les sources extra-bibliques sur son règne, situé au Xe siècle avant notre ère, sont très minces : le Salomon maçonnique est d’abord une figure littéraire et symbolique.

Le bâtisseur du Temple

Le premier livre des Rois (chapitres 5 à 8) décrit la construction du Temple : alliance avec Hiram, roi de Tyr, qui fournit le bois de cèdre et des ouvriers ; levée de travailleurs et de tailleurs de pierre ; pierres préparées à la carrière pour qu’on n’entende sur le chantier ni marteau ni outil de fer ; et intervention d’un artisan du bronze nommé Hiram, fils d’une veuve, qui fond les deux colonnes placées devant le portique. Ces détails ont nourri la symbolique maçonnique, qui y retrouve les colonnes, le silence du chantier et l’organisation des ouvriers.

Salomon dans la tradition maçonnique

Les Old Charges des bâtisseurs médiévaux mentionnent déjà le Temple de Salomon dans leur histoire légendaire du métier. Les Constitutions d’Anderson (1723) font de Salomon un « Grand Maître » de la maçonnerie à Jérusalem, aux côtés d’Hiram de Tyr et d’Hiram Abif. Au troisième degré, la légende d’Hiram se déroule sur le chantier du Temple, sous l’autorité de Salomon. Après l’union de 1813, les loges anglaises sont traditionnellement dédiées au roi Salomon.

Dans les rites et les degrés

  • Degrés symboliques : le Vénérable occupe symboliquement la place de Salomon, le temple de la loge figure celui de Jérusalem.
  • Rite Écossais Ancien et Accepté : plusieurs degrés de perfection, du 4e au 14e, mettent en scène la cour de Salomon après la mort d’Hiram, la recherche des coupables et l’achèvement du Temple.
  • Arche royale : le récit se déplace vers la reconstruction du Temple après l’exil, mais la mémoire de Salomon demeure.
  • Trois Grands Maîtres : Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Abif forment un trio souvent lu comme sagesse, force et beauté.

Une sagesse initiatique

Salomon

La maçonnerie retient de Salomon moins le monarque que l’homme qui demande l’intelligence plutôt que la puissance. Sa sagesse est discernement : savoir juger, distinguer, ordonner. Elle correspond au premier des trois piliers de la loge, la Sagesse, souvent associé au Vénérable, tandis que la Force et la Beauté reviennent aux Surveillants. Bâtir le Temple, c’est mettre cette sagesse en œuvre dans la matière.

Les ombres du règne

La Bible ne fait pas de Salomon un saint. Elle rapporte la lourdeur des corvées imposées pour ses chantiers, ses nombreuses épouses étrangères et les cultes qu’il tolère dans sa vieillesse, cause, selon le texte, de la division du royaume après lui. Certains auteurs maçonniques y voient une leçon : la sagesse n’est jamais acquise une fois pour toutes, et le plus grand bâtisseur peut négliger son temple intérieur.

Le chantier comme modèle d’organisation

Le récit biblique du chantier a inspiré l’organisation symbolique de la loge. Le texte mentionne des porteurs, des tailleurs de pierre et des chefs préposés aux travaux : la tradition maçonnique y a lu la distinction entre apprentis, compagnons et maîtres, chacun rémunéré selon son rang. Le silence du chantier, où les pierres arrivaient déjà taillées, est devenu une image du travail intérieur, qui se fait loin du bruit. Enfin, la collaboration entre un roi d’Israël et un roi phénicien a été lue comme un modèle de coopération entre peuples différents autour d’une œuvre commune.

Le saviez-vous ?

Le « sceau de Salomon », étoile à six branches formée de deux triangles entrelacés, est une figure de la tradition légendaire et magique postérieure à la Bible, qui attribuait au roi un anneau doué de pouvoirs. On le retrouve dans certains décors et grades maçonniques comme symbole de l’union des contraires.

Pour approfondir

  • La Bible, premier livre des Rois, chapitres 3 à 11 ; deuxième livre des Chroniques, chapitres 1 à 9.
  • James Anderson, The Constitutions of the Free-Masons, Londres, 1723.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Hiram, Colonnes, Sagesse, Force, Beauté, Sceau de Salomon, Anciens Devoirs (Old Charges).

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