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Léon Bourgeois naît à Paris le 21 mai 1851 et meurt au château d’Oger, dans la Marne, le 29 septembre 1925. Préfet, député puis sénateur de la Marne, président du Conseil en 1895, théoricien du solidarisme, il est le premier président de la Société des Nations et reçoit le prix Nobel de la paix en 1920. Initié en 1882 à la loge La Sincérité de Reims, au Grand Orient de France, il compte parmi les grandes figures maçonniques de la Troisième République.
De l’horlogerie paternelle à la haute administration

Fils de Marie Victor Bourgeois, horloger, et d’Augustine Hinoult, Léon Bourgeois naît rue Saint-Louis-en-l’Île, à Paris. Après des études de droit, il entre en 1876 au ministère des Travaux publics, puis gravit rapidement les échelons du corps préfectoral : sous-préfet de Reims en 1880, préfet du Tarn en 1882, secrétaire général de la préfecture de la Seine, préfet de la Haute-Garonne en 1885, enfin préfet de police de Paris en 1887.
Une longue carrière gouvernementale
Élu député de la Marne en 1888, il occupe dès 1890 de nombreux portefeuilles : Intérieur, Instruction publique et Beaux-Arts, Justice. En novembre 1895, il devient président du Conseil d’un gouvernement radical homogène, renversé après environ six mois par l’opposition du Sénat. Président de la Chambre des députés de 1902 à 1904, sénateur de la Marne de 1905 à 1925, il est ministre des Affaires étrangères en 1906 et en 1914, ministre du Travail, puis ministre d’État pendant la Grande Guerre. Élu président du Sénat en 1920, il doit se retirer en raison d’une cécité partielle.
Président de la Ligue de l’enseignement de 1894 à 1898, il contribue à faire de l’école laïque l’un des piliers de la République.
Le solidarisme et la paix par le droit
Avec Solidarité, publié en 1896, Léon Bourgeois formule la doctrine du solidarisme, qui fonde les droits et devoirs sociaux sur la « dette » de chacun envers la société. Délégué de la France aux conférences de La Haye de 1899 et 1907, il défend l’arbitrage international. En 1919, il devient le premier président de la Société des Nations et reçoit en 1920 le prix Nobel de la paix.
Un frère influent du Grand Orient

Léon Bourgeois est initié à l’été 1882 dans la loge La Sincérité, à Reims, relevant du Grand Orient de France ; il est élevé compagnon puis maître en deux mois environ. Il s’affilie ensuite à la loge La Bienfaisance châlonnaise. Membre influent de l’obédience, il préside en 1895 un gouvernement dont sept ministres sont également francs-maçons.
Sa mémoire reste honorée par le Grand Orient : une plaque apposée sur sa maison natale a été dévoilée par Daniel Keller, alors grand maître de l’obédience.
Principales œuvres
- Solidarité, 1896
- Les Applications de la solidarité sociale
- La Politique de la prévoyance sociale
- Pour la Société des nations
- Le Traité de paix de Versailles
Le visage maçonnique du radicalisme solidariste
Léon Bourgeois incarne l’alliance étroite, sous la Troisième République, entre radicalisme, laïcité et franc-maçonnerie. Sa doctrine de la solidarité, qui traduit en termes politiques l’idéal de fraternité cher aux loges, a nourri la pensée sociale du Grand Orient et préfiguré l’État-providence. Son action internationale en fait aussi l’une des références de l’engagement maçonnique en faveur de la paix et du droit.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Léon Bourgeois.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Loge Bleue ou Loge Symbolique., Daniel Keller (Auteur).

