07/03/26 – À La Lucarne des Écrivains (Paris 19e), notre frère Jean-Marc Berlioux présentera « Eden adieu »

Notre très cher frère Jean-Marc Berlioux viendra présenter et dédicacer son livre Eden adieu, ou de la culpabilité à la libération, publié par La Roseraie des Philosophes.

Rendez-vous à La Lucarne des Écrivains, 115 rue de l’Ourcq, Paris 19e, le 7 mars, de 15h à 18h.

Ce lancement réunit deux fidélités qui se répondent

D’un côté, un essai qui interroge la manière dont un mythe fondateur a pu nourrir, siècle après siècle, une culture de la faute et des soumissions, jusqu’à faire de la culpabilité un instrument.

De l’autre, La Lucarne des Écrivains, maison d’édition indépendante du 19e arrondissement, qui défend la puissance des mots, des idées et des images, et publie poésie, albums d’artiste, essais illustrés, recueils de nouvelles et littérature jeunesse.

Nous aimons ce lieu parce qu’il travaille l’originalité, la sincérité, l’authenticité et la passion, parce qu’il prend soin des voix et de leur mise en scène, parce qu’il accorde aux illustrations un cadre digne.

À La Lucarne des Écrivains, nous trouvons plus qu’un lieu de vente et de signatures Nous rencontrons un atelier d’édition et de lecture qui parie sur la voix, sur la justesse, sur l’image, sur ce qui demeure quand le bruit se retire. Et c’est précisément là qu’une ancienne maxime de l’hermétisme peut servir de seuil, non comme un blason attribué à la librairie, mais comme un éclairage pour entrer dans l’esprit de la rencontre.

Aurum nostrum non est aurum vulgi, notre or n’est pas l’or du vulgaire.

Cette phrase rappelle que la valeur véritable ne se pèse pas en monnaie ni en prestige Elle se travaille dans l’ombre, elle se décante, elle se conquiert, elle se purifie, jusqu’à devenir une liberté intérieure.

C’est à cette lumière que le livre de Jean-Marc Berlioux prend sa profondeur

Eden adieu, ou de la culpabilité à la libération ne se contente pas de commenter un mythe, il interroge la manière dont une histoire fondatrice a pu fabriquer de la dette intime, puis comment cette dette peut se retourner, non en cynisme, mais en relèvement. Nous passons alors de la librairie comme lieu de paroles à la lecture comme opération, et du lancement comme événement à l’ouvrage comme travail de transmutation.

Eden adieu… de notre frère Jean-Marc Berlioux

Jean-Marc Berlioux prend le récit d’Adam et Ève à rebours des catéchismes et des réflexes culturels. Il ne demande pas qui a fauté mais comment une histoire brève a pu devenir une machine de pouvoir, capable d’inscrire dans la chair une dette imaginaire. Le cœur du livre bat dans cette idée que la culpabilité, quand elle se présente comme vérité religieuse, se transforme vite en technique de gouvernement.

La « faute » se fait hérédité, la naissance devient procès, et l’humanité apprend à baisser les yeux avant même d’avoir appris à regarder. Jean-Marc Berlioux suit la trace de cette fabrication, il montre comment Augustin d’Hippone, en nouant Genèse et rhétorique, a déplacé le texte vers un dogme qui tient plus de l’argumentaire que de la lecture, et comment ce déplacement a pesé sur la liberté intérieure, sur le rapport au corps, sur la place des femmes, sur la manière de punir et d’obéir.

Cette enquête n’est pourtant pas un règlement de comptes

Elle est une traversée des interprétations, comme nous passons de salle en salle dans un musée des miroirs, et chaque reflet révèle une autre part de nous-mêmes. La tradition juive et le monde musulman y apparaissent comme des contrepoints qui desserrent l’étau, rappelant que le récit peut porter une leçon de responsabilité plutôt qu’un verdict d’infamie. Baruch Spinoza, comme Donatien Alphonse François de Sade, surgissent alors non pour faire scandale mais pour mesurer jusqu’où une doctrine de la culpabilité peut produire, par réaction, des libertés blessées. Jean-Marc Berlioux ose ensuite une lecture qui nous touche par sa justesse initiatique. Sortir d’Eden n’est plus une déchéance mais une mise en marche. L’interdit devient un seuil, l’arbre une épreuve du discernement, le serpent une parole ambiguë qui oblige à distinguer, et la nudité, loin de la honte, redevient un signe de conscience.

C’est ici que le regard maçonnique se reconnaît… comme une véritable méthode

La liberté ne se proclame pas, elle se taille. Jean-Marc Berlioux rappelle que la Franc-maçonnerie, lorsqu’elle se tient à l’équerre, refuse les culpabilités imposées et cherche une morale fondée sur la raison et la lucidité, puis, lorsque le compas s’ouvre, elle apprend à unir rigueur et poésie sans renier l’une ni l’autre.

Il faut lire aussi la présence de Gérard Boned, préfacier et frère de hauts grades, comme une clef d’atelier

Il place le livre sous le signe d’un passage du savoir à l’éveil, et cette formule dit bien l’ambition de Jean-Marc Berlioux. L’auteur écrit depuis une expérience de fragilité et de relèvement, il évoque, en remerciements, la dette envers l’hôpital Bichat et ceux qui l’ont remis debout, et cette gratitude donne à son propos une gravité sans pose. Jean-Marc Berlioux a également fait paraître des articles, et ce livre, publié en 2026 à La Roseraie des Philosophes, affirme une voix qui veut rendre au mythe sa fonction la plus noble, non écraser, mais ouvrir, afin que la conscience cesse de se confondre avec la faute.

Hopital Bichat

Jean-Marc Berlioux explore le lien entre texte sacré, histoire des idées et liberté intérieure, avec une attention constante aux usages sociaux de la croyance et à la puissance des symboles. Il travaille au plus près des traditions, chrétiennes, juives et musulmanes, sans renoncer à l’exigence de discernement qui fonde toute démarche initiatique.


Eden adieu, ou de la culpabilité à la libération

Jean-Marc BerliouxLa Roseraie des Philosophes, 2026, 232 pages, 19 €

ISBN 978-2-925511-06-9.

Site de l’éditeur / Le Facebook de La Roseraie des Philosophes

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti a été directeur de la rédaction de 450.fm, de sa création jusqu’en septembre 2024. Chroniqueur littéraire, animé par sa maxime « Élever l’Homme, éclairer l’Humanité », il a siégé au bureau de l’Institut Maçonnique de France, est médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie, directeur de collection chez des éditeurs maçonniques et auteur de plusieurs ouvrages maçonniques. Il contribue notamment à des revues telles que « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France, « Chemins de traverse » de la Fédération française de l’Ordre Maçonnique Mixte International Le Droit Humain, et « Le Compagnonnage » de l’Union Compagnonnique. Il a également été commissaire général des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, qu’il a initiées.

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