sam 24 février 2024 - 15:02

Le livre blanc sur « La fin de vie » de la Grande Loge de France

Le jeudi 11 janvier 2024, la Grande Loge de France mettait gracieusement à disposition de tous son libre blanc La fin de vie-Pour un humanisme engagé. Ce travail est le fruit de la réflexion menée par les Frères de la Grande Loge de France sur la fin de vie, dans le cadre des « Questions à l’Étude des Loges ».

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un livre blanc ?

Il s’agit d’un document officiel publié par une instance afin d’informer le public ou ses membres sur une politique, une pratique ou un problème spécifique, généralement utilisé pour présenter des informations, des politiques ou des approches, et pour guider ou influencer les décisions et les politiques. Un livre blanc est souvent perçu comme faisant autorité dans leur domaine, car ils sont généralement bien documentés et basés sur des recherches approfondies.

Le livre blanc de la Grande Loge de France (GLDF)

Cet ouvrage intitulé La fin de vie-Pour un humanisme engagé est une publication importante de la Grande Loge de France (GLDF). Ce document est le résultat d’une réflexion collective menée par les membres de la Grande Loge sur la thématique de la fin de vie, dans le cadre des « Questions à l’Étude des Loges ». Ce travail a été initié en décembre 2022 et a suscité une participation notable, avec plus de 42 % des Loges de la GLDF contribuant au sujet.

Le livre blanc aborde des questions essentielles relatives à la fin de vie, une préoccupation universelle et d’actualité, d’autant plus depuis la pandémie de Covid-19. Il explore cette thématique sous différents angles, y compris les aspects éthiques, sociaux, technologiques, médicaux et spirituels. La GLDF, en s’engageant dans cette démarche, met en lumière son rôle d’acteur dans la société et son engagement envers les questions humanistes.

Ce document, qui est une synthèse des travaux et réflexions des membres de la GLDF sur ce sujet, a été partagé non seulement au sein de l’obédience mais aussi avec les pouvoirs publics, y compris les membres de la Commission des Affaires sociales. Il reflète l’approche humaniste de la GLDF et son désir de contribuer à la réflexion sociétale sur des sujets d’importance majeure.

Nous vous invitons à prendre connaissance de la préface du Grand Maître Thierry Zaveroni.

« Héritière des Loges de 1728, restructurée en 1743, 1822 et 1894, la Grande Loge de France (GLDF) est une obédience maçonnique de 31 000 membres qui se réunissent dans 935 Loges, réparties dans l’Hexagone, les Outre-mer et à l’étranger.

Thierry Zaveroni, Grand Maître de la Grande Loge de France ©GLDF

La Grande Loge de France se veut le pôle de référence d’une franc-maçonnerie de Tradition qui s’appuie sur une démarche spirituelle et humaniste. À cet effet, les francs‑maçons travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien‑être matériel. Ils recherchent la conciliation des contraires et veulent unir les hommes, dans le respect de la personnalité de chacun, dans la pratique d’une morale universelle. Ils sont des citoyens éclairés qui s’efforcent de rendre leur existence compatible avec les impératifs de leur conscience.

Conformément à la tradition maçonnique séculaire qu’elle entend perpétuer, la Grande Loge de France invite ses membres à prolonger, au-dehors et de manière concrète, l’œuvre de réflexion qu’elle suscite dans ses Loges et ses Commissions.

Depuis de nombreuses années, sensibilisés par des actions menées dans le domaine du soin, de la santé et de la bioéthique, par l’un de ses anciens Grands Maîtres, Pierre Simon (1925-2008), gynécologue de profession, les membres de la Grande Loge de France se sentent concernés par les enjeux éthiques et politiques liés aux évolutions sociales, technologiques et médicales de notre société. Nombre d’entre eux ont participé aux réflexions suscitées par des lois de bioéthique et par leurs révisions successives, notamment la loi Claeys-Leonetti.

e sujet de « la fin de vie » est commun à tous les humains, conscients de leur finitude. Réfléchir sur ce sujet, pour les francs‑maçons, c’est se poser cette question : nous qui avons vécu la mort initiatique, nous qui sommes morts à la vie profane pour renaître en initiés, ne sommes-nous pas capables de témoigner de notre expérience initiatique et de contribuer à la réflexion sur la « véritable » fin de vie ?

Le thème de la mort est le premier qui s’offre dans le cabinet de réflexion où nous sommes placés dans l’attente d’une cérémonie initiatique essentielle : « Que ferais-tu et que penserais-tu si ta dernière heure était venue ? » Et la réflexion sur la mort poursuivra le nouvel initié tout au long de sa progression au côté du thème de la vie qui lui est consubstantiel.

S’interroger collectivement sur « la fin de vie » est donc parfaitement légitime au regard de notre démarche

S’interroger collectivement sur « la fin de vie » est donc parfaitement légitime au regard de notre démarche, car cette question ne concerne pas que l’aspect sociétal, mais elle offre une perspective largement ouverte sur la spiritualité. « Que philosopher, c’est apprendre à mourir » (Montaigne, Les Essais, livre 1, chapitre 19).

Nous avons donc lancé, au mois de décembre 2022, un grand chantier de réflexion sur la fin de vie dans le cadre des « Questions à l’Étude des Loges », lesquelles ont permis aux membres de notre obédience, mais seulement s’ils le souhaitaient, de réfléchir et de travailler sur un sujet contemporain particulièrement préoccupant.

Si la question de « la fin de vie » est au cœur de l’actualité, plus prégnante encore depuis l’épidémie de la Covid-19, notre société s’interroge aujourd’hui manifestement sur le bien mourir et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

Mais cette question est aussi et avant tout anthropologique, soumise parfois, et c’est bien légitime, à des convictions religieuses et politiques qui rendent ce débat complexe, d’où une vigilance et un discernement nécessaires pour l’aborder.

Nous avons veillé à cela, dans le respect de nos valeurs et de la démarche initiatique que nous avons engagée, avec à l’esprit cette pensée que Spinoza avait exprimée dans son Éthique : « Un homme libre ne pense à aucune chose moins qu’à la mort, et sa sagesse est une méditation non de la mort mais de la vie. »

Nous pouvons nous féliciter que 42 % de nos Loges ont répondu aux trois questions proposées sur ce thème de « la fin de vie ». Le fruit de toutes ces réflexions est désormais accessible dans ce livre blanc.

Il est l’expression publique de la pensée de nos Loges et apporte à la fois des idées concrètes sur cette problématique tout en répondant à un sujet dont la dimension doit rester humaniste avant d’être et de s’inscrire dans un acte politique.

Enfin, ce livre blanc démontre que la pensée et l’action sont, pour le franc‑maçon de la Grande Loge de France, intrinsèquement liées. Car sans cette vie de l’esprit, nous ne pouvons entrer dans cette vita activa évoquée par Hannah Arendt (Condition de l’homme moderne), c’est-à-dire une action qui a vocation à se manifester dans le domaine public, et à y laisser une trace. »

[NDLR : Pour mémoire, la Grande Loge de France (GLDF) compte parmi les cinq grandes obédiences françaises reconnues par les instances de la République. Elle qui se définit par une approche traditionnelle et spiritualiste de la franc-maçonnerie et s’inscrit dans une démarche initiatique et humaniste, visant l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien-être matériel. La GLDF met l’accent sur la recherche de la conciliation des contraires et l’union des hommes dans le respect de leur personnalité individuelle, pratiquant une morale universelle.

Grande Loge de France (GLDF), rue Louis Puteaux, Paris 17e arr.
Grande Loge de France (GLDF), rue Louis Puteaux, Paris 17e arr.

Historiquement, la GLDF a été influencée par des courants chevaleresques et les hauts grades maçonniques développés en France au XVIIIe siècle. Elle travaille principalement les trois premiers degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté, un rite caractérisé par sa dimension spirituelle. Ses principes fondamentaux incluent l’invocation au Grand Architecte de l’Univers, la présence en loge des Trois Grandes Lumières (la Bible, le compas et l’équerre), l’indépendance vis-à-vis d’autres structures maçonniques, et l’approche progressive et spirituelle du processus initiatique.

La Grande Loge de France est également active au-delà des frontières françaises, ayant des loges dans plusieurs pays du monde. Elle se définit par ses Constitutions et Règlements Généraux qui s’appliquent à tous ses membres, et est gouvernée par un Conseil Fédéral de 33 membres élus par les représentants de ses loges lors de son Assemblée Générale annuelle.

La fin de vie-Pour un humanisme engagé est accessible en téléchargement sur le site officiel de la Grande Loge de France. C’est ICI.]

1 COMMENTAIRE

  1. Mes BAF ,
    Ce texte sur la fin de vie m’intéresse au plus haut point et lors de l’année 2010 j’avais planché sur cette thématique à la demande du Président de la République et lors d’une tenue inter obédientielle, 5 loges de Dinan avaient alors répondues à l’appel dont la mienne. Aussi , est il possible de vous la faire passer et éventuellement d’ajouter une pierre à l’édifice maçonnique sur ce sujet complexe et passionnant ? Fraternellement , Régis Narabutin (Orient de Dinan numéro 20 à la GLTSO au RER).

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti est directeur de la rédaction de 450.fm. Il a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du Compagnon de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis (UC) Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire, membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France (IMF) et médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour plusieurs revues obédientielles dont « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France et « Perspectives » de la Fédération française de l’Ordre Mixte International Le Droit Humain ou encore « Le Compagnonnage » de l’UC. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en a été le commissaire général. En 2023, il est fait membre d'honneur des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d'Épinal (IM&EE).

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