dim 25 septembre 2022 - 16:09

26/08/1974 : « L’aigle solitaire » Charles Lindbergh passe à l’Orient Éternel

Fils d’immigrants suédois, Charles Augustus Lindbergh (1902-1974) a grandi dans le Minnesota. Son père était avocat et, membre du Congrès américain, opposé à l’entrée en guerre des États-Unis en 1917. Sa mère enseignait la chimie.

Lindbergh, enfant, et son père dans les années 1910

Passionné d’aviation, il abandonna en 1922 ses études de construction mécanique, passa le brevet de pilote et s’acheta un petit avion qu’il répara pour proposer des baptêmes de l’air. Après s’être entraîné avec les pilotes militaires américains, il travailla comme pilote de l’aéropostale dans les années 1920.

De bonne renommée…

Il acquit une renommée internationale en devenant le premier pilote à traverser l’océan Atlantique au cours d’un vol en solitaire et sans escale, reliant New York à Paris les 20 et 21 mai 1927, en 33 h 30, à bord de son avion The Spirit of Saint Louis, également appelé « Ryan NYP », acronyme de « New York – Paris », spécialement conçu pour l’occasion.

Spirit of St. Louis exposé au National Air and Space Museum

Cet exploit lui valut le prix Orteig de 25 000 $.

Charles Lindbergh reçoit le prix Orteig des mains de Raymond Orteig le 16 juin 1927

Son statut fut tel qu’après sa traversée, il devint un interlocuteur important pour toutes les questions aéronavales jusqu’à sa mort. Il officia dans de nombreux comités nationaux et internationaux, dont le comité central du National Advisory Committee for Aeronautics aux États-Unis. Le 21 mars 1928, il se vit décoré de la Médaille d’honneur du Congrès.

Rédemption et réhabilitation

Après la Seconde Guerre mondiale, ne pouvant réintégrer l’US Air Force, il devient consultant auprès de constructeurs aéronautiques : Ford, puis Chance Vought Corporation, et notamment Pan Am, avant d’être réhabilité dans l’armée américaine au grade de général de brigade.

L’aviateur remporte le prix Pulitzer en 1954 grâce à son livre The Spirit Of St. Louis, dans lequel il narre sa traversée de l’Atlantique.

Une vie privée pas si simple

Marié en 1929, Lindbergh eut six enfants. Hélas, l’aîné fut kidnappé le 1er mars 1932 et retrouvé mort le 12 mai malgré le paiement d’une rançon. Salvador Dali n’arrangea guère les choses en se produisant dans une soirée costumée avec Gala dans un linge ensanglanté qui était censé la travestir en Bébé Lindbergh assassiné (l’assistance le prît très mal et Dali dut bredouiller quelques excuses confuses).


L’avis de recherche du bébé Lindbergh

De l’avis de son entourage, Lindbergh ne fut plus le même homme à dater du meurtre, désespérant de l’humanité et montrant une sympathie de plus en plus ouverte pour les régimes autoritaires. L’image publique de l’aviateur se modifie à mesure de ses déclarations : du pacifiste proaméricain, il devient sympathisant du mouvement nazi

Lindbergh Day, Springfield, July 26, 1927

Fatigués d’être sous les projecteurs et toujours en deuil, les Lindbergh s’exilèrent en Europe en décembre 1935. Admirateur de l’armée allemande, il fut décoré par Hermann Göring en 1938 puis, de retour au États-Unis, partisan de la neutralité américaine au début de la guerre. Démissionnant de la réserve, il devait cependant changer d’avis après l’attaque de Pearl Harbor et assura une cinquantaine de missions aériennes dans le Pacifique.

Après la Seconde Guerre mondiale, devenu consultant pour la compagnie aérienne Pan Am, il narra sa célèbre traversée dans un livre autobiographique, The Spirit of Saint Louis, qui lui valut, en 1954, le prix Pulitzer.

Spirit of St. Louis 1953

Réhabilité, réintégré dans l’armée américaine au grade de général de brigade, il consacra son temps à la défense de la nature, condamnant notamment les transports supersoniques.

Sans parler de sa longue relation, dont il eut trois enfants, avec une chapelière allemande de 24 ans sa cadette, nommée Brigitte Hesshaimer…

Charles Augustus Lindbergh Franc-Maçon

Il est initié à la Loge Keystone No. 243, à l’Orient de Saint-Louis dans le Missouri. Il semble qu’il fut reçu Maître Maçon avant sa célèbre traversée, car il est dit que :

« Il a terminé ses grades maçonniques en 1926, à Keystone Lodge No. 243 dans le Missouri – quelques mois avant son vol historique ».

The Grand Lodge of Missouri

Lindbergh était un digne représentant de la pensée publique essentiellement américaine et portait, haut et fort les valeurs d’’indépendance, d’autonomie, de courage et de persévérance.

Pour certains, le Spirit of St. Louis arborait un emblème maçonnique. En tout cas, le fanion de sa Respectable Loge l’accompagnait lors de sa traversée. Et bien que l’on ne sache pas grand-chose de son passé maçonnique, Lindbergh portait une épinglette avec une équerre et un compas pendant son célèbre vol…

Seul au-dessus de l’Atlantique pendant plus de trente heures

Sources : Wikipédia ; The Grand Lodge of Maryland A.F. & A.M. Est. 1787 ; https://www.memoiresdeguerre.com/

Réplique de la montre de pilote dessinée par Lindbergh
Statue Musée de l’Air et de l’Espace Hommage Nungesser Coli et Lindbergh
Yonnel Ghernaouti
Membre de la Respectable Loge « Le Centre des Amis » N° 1 et du Collège de la Loge Nationale de Recherche « Villard de Honnecourt » N° 81 de la Grande Loge Nationale Française, Yonnel Ghernaouti est chroniqueur littéraire. Dans le cadre de la culture et de la communication, il met en œuvre et collabore à l'organisation de salons maçonniques – notamment celui des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon en qualité de Commissaire général - et à la ligne éditoriale de réseaux sociaux. Membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France, il coopère également à de nombreux ouvrages maçonniques.

Articles en relation avec ce sujet

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

RESEAUX SOCIAUX

1,200FansJ'aime
105SuiveursSuivre
200AbonnésS'abonner

Abonnez-vous à la Newsletter

DERNIERS ARTICLES