mer 29 juin 2022 - 11:06

« Je vais vous expliquer pourquoi la Franc-Maçonnerie et l’Église sont incompatibles » (Père Zbigniew Suchecki)

De notre confrère italien lanuovabq.it – Par Nico Spuntoni

Il existe environ six cents documents, approuvés par les papes, qui condamnent la franc-maçonnerie, sous quelque forme que ce soit. La franc-maçonnerie « nie par principe la valeur de la vérité révélée », rejetant toute foi dans les dogmes enseignés par l’Église. L’indifférentisme religieux des maçons se caractérise par une « conception déiste », incompatible avec la conception catholique. La Bussola interviewe le père Zbigniew Suchecki, l’un des principaux experts de la relation complexe entre l’Église et la Franc-Maçonnerie.

Le jugement de l’Église sur la franc-maçonnerie a toujours tenu compte non seulement du fait que l’organisation opère contre l’Épouse du Christ ou non, mais plus généralement de son être en contradiction philosophique et morale avec la doctrine catholique. Elles vont de la bulle d’excommunication In eminenti apost o lat us specula (1738) de Clément XII à la déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi du 26 novembre 1983 , rédigée par le cardinal Joseph Ratzinger et approuvée par saint Jean-Paul II. Les prises de position de l’Église contre la franc-maçonnerie se répètent au fil des siècles et ont réaffirmé que jusqu’à présent rien n’a changé dans la législation en la matière.

The New Compass a parlé de la relation complexe entre la Franc-Maçonnerie et l’Église catholique avec le père Zbigniew Suchecki, professeur à la Faculté pontificale de Saint-Pétersbourg. Bonaventura – Seraphicum et l’un des plus grands experts en la matière, sur lequel il a écrit les volumes La Franc-Maçonnerie dans les dispositions du « Codex Iuris Canonici » de 1917 et 1983 et Église et Franc-Maçonnerie . Des volumes dont il s’est inspiré pour répondre à nos questions.

Père Suchecki, sur les rapports entre l’Église et la Franc-Maçonnerie, quels sont les documents qui méritent d’être rappelés ?
Le canon 2335 du Code de droit canonique de 1917 déclare que ceux qui s’inscrivent dans la franc-maçonnerie ou d’autres associations du même genre, qui complotent contre l’Église, encourent ipso facto l’excommunication réservée au Siège apostolique. Au cours des derniers siècles, la franc-maçonnerie, qu’elle soit régulière, légitime, irrégulière ou « déviante », sans distinction, a été condamnée par divers papes dans environ six cents documents. Cependant, la question est très actuelle car de nombreux catholiques appartiennent à la franc-maçonnerie.

Quelles ont été les positions qui ont émergé sur la M axonrie lors du Concile Vatican II ?
La Commission pré-préparatoire du Concile Vatican II avait rassemblé en six points les propositions des évêques et la documentation qui concernait explicitement la franc-maçonnerie, De secta Francomurariorum. Les évêques demandent explicitement que la condamnation de la franc-maçonnerie soit confirmée. Au cours du Concile Vatican II, certains ont essayé de présenter la franc-maçonnerie dans une perspective différente, poussant à une révision de la position prise dans le passé par l’Église. Par exemple, le thème concernant la franc-maçonnerie était rappelé par carte. Ernesto Ruffini lors de la 89ème Congrégation Générale et trois fois par l’évêque de Cuernavaca, au Mexique, Mgr. Sergio Méndez Arceo, qui lors de la 35e Congrégation générale a souligné qu’il y a dans la franc-maçonnerie de nombreux chrétiens non catholiques, qui, s’ils connaissaient mieux l’Église, pourraient être un levain pour éliminer de la franc-maçonnerie ce qu’elle a d’antichrétien et d’antichrétien. -Catholique. Lors de la 71ème Congrégation Générale, Monseigneur S. Méndez Arceo, se référant à la Franc-Maçonnerie,

Comment la Muratoria libre interroge -t-elle l’Église ? Cette position a -t -elle évolué avec le temps ?
Le fait que la franc-maçonnerie questionne l’Église de manière fondamentale n’a pas changé. Cette circonstance devient particulièrement claire si l’on considère quelle compréhension de soi concrètement, quelle base culturelle, quelle conception du présent et quelle perspective d’avenir les francs-maçons se sont donnés comme programme fougueux et combatif dans le document : Thèse pour l’an 2000 , publié il y a 22 ans. La valeur de la vérité révélée y est niée en principe, et avec cet indifférentisme une religion révélée est exclue d’emblée.

Pourquoi parmi les raisons de l’incompatibilité figure le concept de « vérité » propre au Libre Muratoire ?
Dans les années 1974-1980, la Conférence épiscopale allemande met en place une Commission officiellement chargée d’examiner la compatibilité de l’appartenance contemporaine à l’Église catholique et à la franc-maçonnerie. Suite aux pourparlers officiels entre l’Église catholique et la franc-maçonnerie, des déclarations conclusives de l’œuvre ont été produites dans lesquelles les raisons de l’incompatibilité ont été exposées. On y lit que « les francs-maçons nient la possibilité d’une connaissance objective de la vérité. La relativité de chaque vérité représente la base de la franc-maçonnerie ». Puisque le franc-maçon rejette toute foi dans les dogmes, il n’admet aucun dogme même dans sa Loge. Une telle conception de la vérité n’est pas compatible avec la conception catholique de la vérité, ni du point de vue de la théologie naturelle,

En 1983, la Congrégation pour la Doctrine de la Fédé , alors dirigée par le Cardinal Ratzinger, ressentit le besoin de rédiger un document sur l’incompatibilité entre l’Église et la Franc-Maçonnerie, écrivant qu' »il y avait la possibilité que l’opinion erronée selon laquelle l’appartenance à une loge maçonnique était désormais légale ». Peut-on encore dire que l’initiation des rituels maçonniques est en contradiction explicite avec celle des sacrements chrétiens ?
Au cœur des rituels maçonniques se trouve le concept du « Grand Architecte de l’Univers ». Malgré la manifestation de bonne volonté dans une tentative d’embrasser n’importe quelle religion, c’est une conception déiste. Cette représentation d’un Architecte universel qui domine dans un éloignement déiste sape les fondements de la conception catholique de Dieu et de leur réponse au Dieu qui les interpelle comme Père et Seigneur. Comme le note l’affirmation conclusive de la Déclaration précitée de la Conférence épiscopale allemande de 1980 concernant l’appartenance des catholiques à la franc-maçonnerie, « les oppositions signalées touchent donc aux fondements de l’existence chrétienne ».

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4 Commentaires

  1. Et que dire de la franc maçonnerie chrétienne et des franc maçons qui se revendiquent chrétiens ? Le rite écossais rectifié n’est il pas le parfait contre exemple de cette maçonnerie héritée de la 3eme république qui fit des maçons anticléricaux ? On entend encore dans certaines loges du grand orient en fin de tenue « à bas la calotte » il n’est pas étonnant que l’église ne porte pas les maçons en odeur de sainteté… quand aux maçons chrétiens du grand prieuré des gaules…

  2. La position de l’Église romaine est parfaitement claire et sans équivoque.Un Catholique doit obéir à ses textes et au Pape sous peine de péché grave .(l’excommunication semble t’il n’est plus obligatoire.Je précise que je ne suis pas catholique et ne suis pas concerné.)
    Heureusement les autres chrétiens sont davantage libre de leurs choix.
    Que les FM cessent de louvoyer ou de faire semblant de ne pas comprendre. Ce n’est pas une question de croyance mais de politique.
    Le Vatican n’admet pas que l’on fréquente d’autres pensées ou trouve égale une autre croyance que la sienne détentrice de la seule Vérité.

    C’est aussi, dans son domaine,la position de la Grande Loge Unie d’Angleterre et de ses satellites comme la Glnf en France en ce qui concerne la « vraie  » FM. Faire des pirouettes ou des contorsions langagières diverses pour le nier est simplement manque de dignité et de courage.

  3. Ne serait-ce pas un faux débat ?
    Longtemps, je me suis déclaré agnostique avant d’admettre que je suis franchement athée.
    Si un croyant – peu importe en fait sa religion – désire venir s’asseoir à côté de moi en L.°., c’est qu’il a déjà des doutes sur les « vérités » que veut lui imposer son clergé, c’est qu’il est en recherche.
    Il se met en porte-à-faux en désobéissant, c’est son problème, pas le mien.
    Les arrêts de son groupe religieux (on parle ici des Catholiques, mais il me semble que le problème serait le même pour un Musulman par exemple) ne regardent que lui, pas moi, car ces arrêts, pour moi qui n’ai aucune attache avec ce groupe, ont autant d’intérêt que les délibérations d’un Conseil municipal de Mongolie extérieure.

  4. Le Pape a raison ! Il faut défendre son fond de commerce contre toutes ces petites boutiques qui grapillent sa clientèle. Et puisqu’il détient la Vérité, il aurait tort de se gêner !
    Ceci dit personnellement, je m’en contre fout !

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