mer 29 juin 2022 - 11:06

VENEZUELA : Miranda, les encyclopédistes et la franc-maçonnerie nord-américaine

De notre confrère vénézuélien ultimasnoticias.com.ve – Par GÉRONIMO PEREZ RESCANIÈRE

La franc-maçonnerie pro-américaine a produit une biographie de Francisco de Miranda intitulée Performance of Primitive Freemasonry in the Emancipation of America and Francisco Miranda’s Progressive Work, dont il convient de transcrire quelques paragraphes avec la disposition préalable qu’il appelle la ligne « progressive ». Américaine et « vénitienne » à l’écossaise.

Il commence par une histoire générale de la franc-maçonnerie nord-américaine dont l’expression politique fut l’alliance entre les gouvernements Bourbon de France et d’Espagne et des États-Unis. De cette muralité expositoire, le document avance vers la biographie maçonnique du Précurseur Francisco de Miranda. Lisons:

« Dans leur œuvre, les francs-maçons progressistes ont été aidés principalement par les huguenots et plus tard par des hommes illustres, tels que le déiste Voltaire, propagateur du newtonisme, le théiste presbytérien Rousseau, le constitutionnaliste Montesquieu, etc. »

Déjà à la fin de la première moitié du XVIIIe siècle, le groupe franc-maçon progressiste organisé par le docteur Julien Jean Offray La Mettrie, auquel appartenaient plusieurs libraires parisiens, décida de publier « l’Encyclopédie » et demanda commodément l’autorisation officielle (le privilège) du gouvernement dans ce but. Le chancelier d’Aguesseau, après accord avec le roi, résolut favorablement la pétition en janvier 1746, acceptant Diderot comme éditeur responsable. D’Alembert, membre actif dudit groupe franc-maçon et célèbre chercheur scientifique à l’époque, a été nommé son collaborateur adjoint, qui a été chargé de rédiger le « Discours préliminaire de l’Encyclopédie ». Le Pape de Rome la condamne le 3 septembre 1759, ce qui suscite un plus grand intérêt du public à la rencontrer.

A ce stade, il faut signaler l’occultation dans le texte de la création de la franc-maçonnerie jésuite en parallèle et en rivalité avec le nord-américanisme.

Le Rite (Nord) Américain, fondé par Roger Williams selon les règles, us et coutumes de la Franc-Maçonnerie Primitive Universelle, chez les Puritains du Rhode Island et ceux du Connecticut, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, s’est répandu dans tous les Colonies anglaises d’Amérique du Nord durant la première moitié du XVIIIe siècle…/… Lorsque parurent les premiers volumes de « l’Encyclopédie des Arts et Métiers » et les différents ouvrages révolutionnaires des écrivains et philosophes français, les directeurs du Rite américain contribuèrent à saturer le marché de leurs colonies avec la nouvelle propagande des « Illustrés » et amorça le mouvement d’émancipation conformément au programme d’action de la Franc-maçonnerie primitive, élaboré en 1762 à Paris, lors de la réunion de la Confédération des Suprêmes Conseils, dans laquelle les colonies anglaises d’Amérique du Nord étaient représentées par le frère F. Truston.

Certaines composantes de l’indépendance nord-américaine sont décrites ci-dessous :

Samuel Adams se considérait comme le principal directeur du mouvement franc-maçon progressiste pour l’indépendance de l’Amérique du Nord. Fidèle aux principes traditionnels du Rite Primitif, cet infatigable combattant ne s’est pas écarté de la philosophie politique de l’Institution, dont le but était le régime démocratique républicain, fondé sur la volonté populaire. Convaincu de l’intransigeance de la métropole, après sa longue polémique avec Mansfield, Lord Chief Justice d’Angleterre et représentant officiel de la doctrine juridique du gouvernement anglais, Adams prêcha la révolution comme seul moyen d’accéder à l’indépendance et agita en ce sens les colons en les « town meetings » de Boston et d’autres villes. Pour donner au mouvement de libération plus de force et d’uniformité,

Et ils ont convenu :

Former un nouveau groupe franc-maçon avec la dénomination de « American York Rite », avec les frères de tous les rites, personnellement désireux de se battre pour l’indépendance.

Préserver dans le nouveau groupement l’idéologie et le programme d’action du Rite Américain, cohérent en tous ses points avec celui du Rite Primitif et rechercher une alliance avec le gouvernement français, avant de déclarer la guerre à la métropole, et éviter par tous les moyens possible signifie l’éventuelle hostilité du gouvernement espagnol ».

Ces dispositions d’alliance entre Bourbons et Yorkinos s’inscrivaient dans l’action des troupes françaises commandées par le marquis de Lafayette en faveur de l’indépendance nord-américaine et dans l’abondant apport d’argent hispano-mexicain dans le même but. Le paragraphe suivant aborde la matière mirandiste.

Le principal promoteur du mouvement progressiste pour l’indépendance de l’Amérique latine était le très illustre membre du Conseil suprême de la franc-maçonnerie primitive de France, le général Francisco Miranda, un homme sincère, honnête, intelligent, habile et infatigable, qui avait la même tâche dans les colonies espagnoles, qu’à Franklin et Jefferson dans les colonies anglaises…/… D’Espagne il partit pour Paris en 1772 dans le but exprès de rencontrer Diderot et D’Alambert et de les féliciter de leur travail, qu’il avait déjà rencontrés dans les maison de son papa. Son enthousiasme pour l’étude de la Philosophie et son esprit libéral et avancé attirent l’attention des directeurs et collaborateurs de l’Encyclopédie et, sur proposition de Diderot et D’Alembert, Francisco Miranda est initié à la franc-maçonnerie.

Lorsque la Révolution américaine a commencé, les francs-maçons progressistes en France ont commencé à mobiliser des volontaires pour la guerre d’émancipation. Miranda revient en France en 1777 et déclare vouloir participer à la lutte pour l’indépendance des colonies anglaises. « Je veux aller en Amérique, dit-il, me battre pour la Liberté et préparer l’émancipation de mon pays ». Le Suprême Conseil du Rite Primitif de France, déjà conscient de l’enthousiasme de Miranda et appréciant ses capacités de combattant, le nomma représentant de la Franc-Maçonnerie Primitive de France et l’aida à s’installer à Philadelphie.

Les biographies de Miranda ont présenté son association avec George Washington, Jefferson, Hamilton et d’autres hauts dirigeants des États-Unis aussi évidente et naturelle que s’il était naturel pour un officier de rang intermédiaire tel que Miranda d’être au moment de sa première visite à la nation nord-américaine sera traitée à ce niveau. Implicitement, l’énorme hiérarchie qu’il a acquise plus tard et qu’il ne possédait pas à cette époque lui est assignée. Le document révèle la cause de la pénétration Mirandina, il est arrivé armé de représentation de la loge pro-américaine.

En 1778, Miranda arrive en Amérique du Nord, présente ses lettres de recommandation à la Grande Loge de la « Philadelphie » et se place sous le commandement du général Washington ».

Il fut nommé généralissime et dictateur absolu de la première république vénézuélienne, le 25 avril 1812, jusqu’à sa destitution, le 31 juillet 1812. Il fait partie des généraux de la Révolution française, et à ce titre, il est l’un des rares étrangers et le seul Latino-Américain dont le nom est gravé sur l’Arc de triomphe place de l’Étoile à Paris. Livré par Simón Bolívar aux Espagnols, il est transféré à Cadiz à la fin de l’année 1813 et emprisonné enchaîné à la citadelle de La Carraca où il meurt de la fièvre quelques mois plus tard.

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