jeu 28 mars 2024 - 12:03

(Éphéméride) 2/2/2022 : la Chandeleur et le retour de la lumière. Tout un symbole !

Quelle est sa signification symbolique de cette fête chrétienne et païenne. Comment l’interpréter et comprendre son sens profond…

À l’origine, la Chandeleur est une fête païenne présente dans l’Empire romain, qui consiste à célébrer les progrès de la lumière solaire dans l’attente du printemps. C’est alors une fête paysanne associée à différents dieux symbolisant la fertilité et l’agriculture (Lupercus chez les Romains, Brigit chez les Celtes, etc.).

Avec le basculement de l’Empire romain dans le christianisme (IVe siècle après J.-C.), cette tradition est progressivement associée à la fête de la présentation de Jésus au Temple. C’est la commémoration du moment où Jésus a été présenté et offert au Temple de Jérusalem par ses parents, conformément à la Loi divine exprimée dans le livre de l’Exode (« Consacre-moi tout premier né parmi les enfants d’Israël… ») :

Et, quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur. Luc 2, 22

C’est le pape Gélase Ier qui, à la fin du Ve siècle, contribue à faire de la fête de la présentation de Jésus au Temple la « fête des chandelles » (candela signifie « chandelle » en latin), ou Chandeleur.

La Chandeleur a aujourd’hui retrouvé son caractère païen. Elle est fêtée le 2 février, soit 40 jours après Noël. Elle est associée à la fabrication et à la consommation de crêpes.

Entrons plus en détails dans la fête de la Chandeleur et dans sa signification symbolique.

Dans l’Antiquité, la Chandeleur est intimement liée à la fertilité de la terre : on effectue des processions, on invoque les dieux de la Nature et de la fécondité. On espère une terre pure, un climat propice et une bonne moisson.

Ainsi la Chandeleur se fête dans l’espoir d’une bonne année, favorable et prospère ; elle évoque la bonne fortune. De nos jours et dans certaines familles, il est de coutume de faire sauter la première crêpe en tenant un louis d’or dans la main gauche, en signe de chance. De même, faire sauter correctement une crêpe sans la casser ou la faire tomber constitue un signe favorable.

Les crêpes de La Chandeleur.

Dans l’Antiquité romaine, au moment des semailles d’hiver, les paysans utilisaient la farine excédentaire de l’année passée pour confectionner des galettes ou des gâteaux, en particulier dans le cadre de la fête des Lupercales.

On consommait ainsi les restes de l’année passée, comme pour tourner une page et marquer l’entrée dans un temps nouveau, chargé d’espoir et de promesses.

La tradition des crêpes de la Chandeleur pourrait aussi venir du pape Gélase Ier (véritable créateur de la fête chrétienne des chandelles) qui faisait distribuer des crêpes aux pèlerins visitant Rome.

Pâte à crêpes

Pour mémoire, l’étymologie de crêpe vient de l’adjectif d’ancien français cresp « frisé, ondulé » est issu du latin crĭspus. Substantivé au féminin, il a pris le sens de « genre de pâtisserie » attesté au XIIe siècle. En effet, la crêpe est caractérisée par les ondulations que fait la pâte finement étalée lors de sa préparation.

La fête de la lumière et du soleil.

Tout comme Noël et l’Epiphanie, la Chandeleur célèbre le retour de la lumière. En février, les jours rallongent très vite et le printemps s’annonce. C’est le temps du renouveau.

Les crêpes, avec leur forme ronde et leur couleur dorée symbolisent le cercle solaire, mais aussi la loi des cycles. Le cercle évoque en outre le domaine de l’esprit et du divin ; une interprétation qui est aussi valable pour la galette des rois.

Soleil – Maître enlumineur Jean-Luc Leguay

Dès l’Antiquité, la Chandeleur se fête au flambeau, symbole de la lumière qui finit par percer les ténèbres de l’hiver. Dans les églises, des cierges sont allumés et les fidèles les emportent chez eux comme pour perpétuer la lumière christique. Aujourd’hui encore, on allume des bougies dans les maisons le jour de la Chandeleur.

Dans certaines régions d’Europe, la Chandeleur correspondait à l’ancienne fête de l’ours (ou « Chandelours »), donnée en l’honneur de cet animal qui sort de sa sombre tanière au cours du mois de février pour retrouver la lumière et la vie.

Ainsi, la Chandeleur marque l’éloignement des ténèbres. C’est aussi une invitation à élever notre conscience, à traverser les côtés sombres de notre personnalité : c’est la voie de l’éveil spirituel.

La fête du Christ solaire.

Alors que l’Épiphanie (du grec epiphaneia : “manifestation, apparition”) symbolise la manifestation de Dieu aux hommes, la Chandeleur est la présentation de Jésus au Seigneur dans le Temple de Jérusalem. C’est le signe que les hommes ont reconnu le caractère divin de l’Enfant.

La Chandeleur est donc la suite logique de l’Épiphanie. Dans certains pays, celui qui obtient la fève de l’Épiphanie est chargé de préparer la Chandeleur.

Notons que dans le Temple, Syméon reconnaît le Messie et le prend dans ses bras, proclamant qu’il est la « lumière du monde » (Luc 2, 25 et suivants).

De fait, Jésus peut être associé à la lumière solaire : il incarne le feu spirituel qui vient éclairer les consciences. Son arrivée sur Terre ouvre une nouvelle ère, remplie d’espérance.

La Chandeleur et le symbolisme de la purification.

La Chandeleur marque un moment de purification. C’est la terre qui ressort purifiée de l’hiver. C’est l’éclat nouveau du soleil qui purifie le monde, signe d’une renaissance spirituelle.

Alors, « Bon appétit bien sûr », en souvenir de l’émission de notre regretté Frère Joël Robuchon (OE).

Source : JePense.org – À la recherche de la vérité…

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Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti
Yonnel Ghernaouti est directeur de la rédaction de 450.fm. Il a fait l’essentiel de sa carrière dans une grande banque ancrée dans nos territoires. Petit-fils du Compagnon de l’Union Compagnonnique des Compagnons du Tour de France des Devoirs Unis (UC) Pierre Reynal, dit « Corrézien la Fraternité », il s’est engagé depuis fort longtemps sur le sentier des sciences traditionnelles et des sociétés initiatiques. Chroniqueur littéraire, membre du bureau de l'Institut Maçonnique de France (IMF) et médiateur culturel au musée de la franc-maçonnerie (Musée de France), il collabore à de nombreux ouvrages liés à l’Art Royal et rédige des notes de lecture pour plusieurs revues obédientielles dont « La Chaîne d’Union » du Grand Orient de France et « Perspectives » de la Fédération française de l’Ordre Mixte International Le Droit Humain ou encore « Le Compagnonnage » de l’UC. Initiateur des Estivales Maçonniques en Pays de Luchon, il en a été le commissaire général. En 2023, il est fait membre d'honneur des Imaginales Maçonniques & Ésotériques d'Épinal (IM&EE).

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