sam 23 octobre 2021 - 10:10

Fureurs ou espérances

Tandis que les médias bruissent des anathèmes et des objurgations lancés par un polémiste susceptible de se porter candidat à la magistrature suprême, le personnage en profitant « accessoirement » pour diffuser son dernier brûlot par palettes entières, à l’autre extrémité du spectre, un catharisme sociopolitique cherche à déboulonner toutes les statues au nom d’une néo-bien-pensance qui ferait le bonheur de l’humanité sous le contrôle de quelques-uns, à condition qu’ils ne fussent ni hommes ni blancs…

La tolérance, le dialogue, l’échange argumenté, n’ont plus guère le vent en poupe. Les réseaux sociaux et trop souvent les journalistes, à leur suite, sont prompts à donner la vedette aux « bons clients », c’est-à-dire aux figures les plus clivantes de la société, celles dont les outrances ne sollicitent guère de longs raisonnements. Quant à ceux qui attendraient, dans cette abrutissante cacophonie, un discours maçonnique d’apaisement,  ils sont condamnés à remâcher leurs regrets, les obédiences ne leur offrant guère les consolations d’une rédemption publique.

Qu’importe, au demeurant ! Tout mouillé, le courant maçonnique représente à peu près 0,2 pour cent de la population. Son influence se noie dans l’épaisseur du trait, n’étaient, cependant, quelques uns ou quelques unes de ses membres qui animent le débat politique dans le pays et dont on peut parfois se demander si elles ou ils illustrent, par leurs déclarations intempestives ou leurs courageux silences, les valeurs les plus profondes de la République qui devraient, en toutes circonstances, faire socle entre les citoyens. Les calculs ou les arrière-pensées voire le simple désir de se distinguer d’autrui conduisent à de peu glorieux accommodements.

Alors, il nous reste, à nous les simples soldats de l’humanisme,  à professer, à l’horizon de nos symboles, cette vigilance qui n’admet d’autre sacre que la liberté de conscience pour construire ensemble un peu mieux ce monde pluriel où nous sommes déjà engagés, que nous le voulions ou non.

Christian Roblin
Christian Roblin est directeur de la rédaction de 450.fm. Il a exercé, pendant trente ans, des fonctions de direction générale dans le secteur culturel (édition, presse, galerie d’art). Après avoir dirigé la rédaction du Journal de la Grande Loge de France pendant, au total, une quinzaine d'années, il est aujourd'hui président du Collège maçonnique, association culturelle regroupant l’Académie maçonnique et l’Université maçonnique. Son activité au sein de 450.fm est strictement personnelle et indépendante de ses autres engagements.

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