sam 23 octobre 2021 - 09:10

Les vaches ou l’Amour dans le pré!

En Inde, les vaches sont considérées comme sacrées et sont très respectées. Des festivals sont organisés autour de la vache, celle-ci représentant l’ensemble des animaux. Symbole de prospérité et de don charitable, la vache résiderait en permanence – en théorie du moins – en un paradis pastoral. En Occident, l’opinion générale est plutôt désobligeante pour l’espèce et ne tient pas compte ni de leur intelligence ni de leur pacifisme de fond.

Dans notre société, qui de nous n’a pas entendu des expressions comme « Mort aux vaches ! » ou des jugements hautains sur cet animal à quatre pattes et au poids impressionnant, voire stupéfiant (« Ah, la vache !), ou utilisé des formules comme « porter un coup de pied en vache » pour qualifier une traîtrise ou pour préciser la météo «  il pleut comme vache qui pisse ! ». Sur le plan digestif, sont également stigmatisées ces périodes néfastes qui nous ont obligés à « manger de la vache enragée » quand on ne déclare pas tout simplement « la vache folle » !

Que d’injustices ! Notre bête à cornes mérite de conserver la bonne renommée acquise depuis le monde antique. Symbole lunaire et astral, la vache y est magnifiée avec ses cornes en forme de croissants représentant la lune, et son lait abondant, les innombrables étoiles de la Voie lactée. Nout, déesse égyptienne du ciel, illustre parfois ce symbolisme, apparaissant sous la forme d’une vache au ventre constellé d’étoiles et dont les jambes figurent les quatre coins de la Terre… Depuis l’ère mésopotamienne, la vache est un totem particulièrement connecté à la terre, un totem féminin et sensuel, symbole d’abondance, de fertilité et de richesse.

Oui, vraiment ! Les vaches sont des amours dans le pré !  Elles sont  l’expression, dans leur port, dans leur démarche lente, d’une bonté infinie et d’une grande force tranquille. D’expérience, le contact humain avec ces ruminants paisibles garde l’avantage d’apporter une réelle détente, d’équilibrer les esprits tourmentés, de calmer le stress et d’offrir une dose de sérénité ! En outre, le bovidé possède une vision panoramique à 320°, elle entend mieux que les humains et a un excellent odorat. Si vous avez pris pour habitude de visiter le pré où elles paissent du matin jusqu’au soir, mais aussi où elles ruminent et contemplent le paysage, elles ne tarderont par à vous identifier, et par la vue et par l’odeur !

Au sein du cheptel, les conflits sont rares. Cela tient, outre à la stabilité de la hiérarchie sociale entre les bêtes, aux affinités les liant au sein du groupe, et souvent sur la base des relations antérieures. Les vaches ont leurs sœurs, leurs « copines » : elles pratiquent avec elles le toilettage (léchage), le flairage ; elles broutent et déambulent ensemble. Le léchage est une pratique hygiénique, mais également conviviale. Les vaches lèchent leurs congénères préférentiellement sur les parties du corps auxquelles la vache toilettée ne peut accéder elle-même, comme la tête et le cou. Les vaches amies font preuve d’une grande tolérance mutuelle en cas de compétition (pour l’accès à une ressource, par exemple). Souvent, ces liens se tissent chez les veaux entre la naissance et six mois. Il s’agit fréquemment des veaux les plus proches en âge. Ces relations fraternelles sont extrêmement stables dans le temps.

Des leçons à tirer ? De manière générale, un peu d’humilité vis-à-vis de ces respectables bovidés : tout ce qu’il se passe derrière les yeux magnifiques aux longs cils d’une vache c’est beaucoup plus de choses que nous, humains, n’avons jamais voulu voir…  

En particulier, en termes d’intelligence et de sociabilité, de bienveillance et d’harmonie, ce qui se passe dans les loges maçonniques, valent-elles comparaison avec les comportements des bovidés ? Comparaison n’est pas raison ! Restons discrets sur nos rites, cachons nos gants blancs laiteux et nos rouges tabliers : voilà les bœufs qui passent !

Claude Laporte
Cursus universitaire en Droit public, Organisation du travail, et Sociologie Politique. (Maîtrise en Droit Public (1972), à la Faculté de Bordeaux. Chargée de cours sur la « Sociologie Politique et des Institutions Internationales » aux élèves de 1ère Année de Droit (1972/1973). Puis, intégration professionnelle au sein de l’Assurance Maladie. Dernier poste occupé : Responsable de la Communication à la Direction des Systèmes d’Information à la CNAMTS. Autres diplômes : DESS Systèmes d’Information; DEA «Communication, Technologies et Pouvoir » (Université Paris-Sorbonne). Par ailleurs : des engagements dans le domaine associatif et culturel. Depuis mars 2020 une activité écriture/publications avec la création et l’animation du blog EMEREKA, journal d’opinions et d’humeurs ..

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