sam 16 octobre 2021 - 22:10

La librairie maçonnique en temps de covid : pleins feux sur Detrad

En cette période de pandémie actuelle, nous évoquons régulièrement différents secteurs d’activités tel que la restauration et la culture, tout en gardant une vision assez globale, parfois floue, de ces différents métiers, ainsi que des impacts réels qu’ils ont subis.
Aujourd’hui nous mettons en lumière le métier de libraire, direction la librairie Detrad, rue Cadet.


Laurent tu es employé à la librairie, pourrais-tu nous tisser un portrait de la situation de la librairie avant la pandémie ?

Si tracer un portrait idyllique serait abusif, néanmoins la librairie se portait plutôt bien. Malgré le développement du numérique et des grosses librairies en ligne qui ont évidemment rogné l’activité au fil du temps, nous restions (et restons) une force de conseil et d’orientation d’un lectorat que nous connaissons bien et qui nous accorde sa confiance. Nous avions également des marges de manœuvres financières suffisantes pour rechercher et proposer des titres intéressants, parfois inattendus, mais toujours de très bon niveau (voire pointus), qui permettaient d’enrichir le lecteur sur les marges et les franges de la culture maçonnique : Kabbale chrétienne, Hermétisme renaissant, philosophie, etc… ainsi qu’un vaste pan de littérature initiatique, d’ici et d’ailleurs… Ce qui a permis à de nombreux Frères et Sœurs de faire de belles découvertes ! Malheureusement, la baisse d’activité depuis le premier confinement nous a contraint à nous recentrer sur la littérature maçonnique pure, le “socle”, disons, et tempérer notre esprit d’aventure !



Lors du premier confinement, les librairies ont dû fermer. Comment vous-êtes vous adaptés ?
Nous avons été contraints de fermer les boutiques “physiques” (Cadet et Puteaux) ; donc l’adaptation a plutôt consisté à répondre aux demandes de la clientèle qui se sont reportées sur le site detrad.com. Mais le conseil du libraire manquait ! Dès que la réouverture a été possible, ça a été un grand bol d’air pour tout le monde… Même si la situation a imposé une réduction des heures d’ouverture.

Detrad c’est aussi un centre de production de décors maçonniques, avez-vous poursuivi l’activité ? De manière différente ?
L’activité de fabrication de décors s’est poursuivie, mais au ralenti, avec une partie du personnel en chômage partiel. Nos collègues de l’atelier (l’occasion de rappeler que Detrad est le seul fabricant à réellement produire en France – en l’occurrence en Picardie, où l’aventure a commencé il y a environ quarante ans) se sont retrouvées à deux ou trois pour poursuivre à leur rythme la réalisation des décors.

Est-ce que internet et les outils numériques sont apparus comme des outils pouvant vous aider ?
Heureusement que notre site internet, avec son côté un peu artisanal, lui aussi, a permis de poursuivre au mieux l’activité au service des SS et FF. L’outil était bien connu des Maçons de province, d’Outre-mer et de l’étranger. Les habitants de la région parisienne ont pu le découvrir à leur tour !

Comment s’est passée la réouverture ?

Nous étions ravis de réouvrir… Seul souci : inconfort de la situation, crainte du virus (il y beaucoup de FF et SS assez âgés), et surtout fermeture partielle ou totale des locaux des grandes obédiences, la clientèle n’a pas forcément suivi autant que nous l’espérions. Mais nous étions, et demeurons, fidèles au poste.

Sens-tu une évolution dans le profil des clients fréquentant la librairie ?
Si la clientèle maçonnique reste la base inaltérable largement majoritaire, la situation nous a également permis de gagner une clientèle “profane” de quartier, avec un certain nombre de clients fidélisés par l’accueil (chaleureux et décontracté, comme on sait) et, je l’espère, la qualité de notre service. Nous ne faisons pas de “cliquer et collecter” ; en revanche, les commandes d’ouvrages font l’objet d’un suivi personnalisé attentif.



As-tu vu une modification dans la façon d’acheter des clients ? Paniers moins conséquents ou au contraire volonté de renouveler la bibliothèque épuisée pendant les confinements ?


Oui, certains ont pu être pris d’une fringale de lectures nouvelles à la sortie de ces temps carcéraux (il faut bien les qualifier !); d’autres au contraire se concentrent sur les “valeurs sures” de la littérature maçonnique, essentiellement pour des cadeaux aux candidats, nouveaux initiés ou “augmentés” de grade. Il faut aussi avoir à l’esprit que les maisons d’édition ont retardé la sortie d’un certain nombre de nouveaux titres, ce qui a pu ralentir certains achats.



Y a-t-il d’autres points que tu souhaites aborder que tu n’aurais pas eu l’occasion de développer dans les questions précédentes ?


Maintenant que l’horizon se dégage, mes SS et FF, prenez vos petits pieds et revenez faire un tour dans votre librairie préférée pour y rassembler à nouveau ce qui était épars : les membres jeunes et vieux, petits et grands, de notre Ordre bien-aimé !

Remerciements à Laurent et la patronne de Detrad Christine Ribes pour cette interview.

Julie le Toquinhttp://base.ddab.org/julie-le-toquin
Julie Le Toquin est artiste plasticienne, guide conférencière, formatrice, brodeuse de décors maçonniques. Formée à l'EESAB à Lorient, à l'université Paris III en théâtre, à l'école de théâtre Auvray-Nauroy, à l'université de Lille, au CNAM, au lycée Octave Feuillet et au près de Pascal Jaouen. Elle s'intéresse tout particulièrement aux questions liées à la mémoire dans son travail d'artiste. Comme guide conférencière, elle s'est spécialisée dans les publics en situation de handicap (sourds, aveugles, sourds-aveugles ...) et la franc-maçonnerie.

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