Promulgation du Code de droit canonique et excommunication des francs-maçons par Benoît XV, 27 mai 1917 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 27 mai 1917, jour de la Pentecôte, le pape Benoît XV promulgue par la constitution apostolique Providentissima Mater Ecclesia le premier Code de droit canonique de l’Église latine, entré en vigueur le 19 mai 1918. Parmi ses 2 414 canons, le canon 2335 frappe d’une excommunication automatique, réservée au Saint-Siège, quiconque donne son nom à la « secte maçonnique » ou à des associations du même genre. La condamnation pontificale de la franc-maçonnerie, prononcée depuis 1738, devient ainsi une norme juridique précise, qui restera en vigueur jusqu’en 1983.

Date : 27 mai 1917
Lieu : Rome, Vatican

Deux siècles de condamnations pontificales

Promulgation du Code de droit canonique et excommunication des francs-maçons par Benoît XV, 27 mai 1917
Source : Wikimedia Commons – Antonio Fabrés – Public domain

Depuis la bulle In eminenti apostolatus specula de Clément XII en 1738, les papes ont multiplié les condamnations de la franc-maçonnerie : Benoît XIV en 1751, Pie VII, Léon XII, Pie IX, puis Léon XIII, dont l’encyclique Humanum genus de 1884 dénonce la maçonnerie comme une secte ennemie de l’Église. Mais ces textes, dispersés dans d’innombrables bulles et décrets, forment un ensemble touffu, difficile à appliquer de manière uniforme dans l’Église universelle.

Treize ans de codification

En 1904, Pie X lance par le document Arduum sane munus le projet de réunir toute la législation de l’Église en un code unique, sur le modèle des codes civils modernes. Le cardinal Pietro Gasparri dirige la commission de codification, assisté notamment du jeune Eugenio Pacelli, futur Pie XII. Évêques et experts du monde entier sont consultés. Le travail dure treize ans et survit à la mort de Pie X en 1914.

La promulgation de la Pentecôte 1917

C’est Benoît XV, pape depuis 1914, qui promulgue le Code le 27 mai 1917, en pleine Première Guerre mondiale, par la constitution Providentissima Mater Ecclesia. Le texte comprend 2 414 canons répartis en cinq livres : normes générales, personnes, choses, procès, délits et peines. Il entre en vigueur à la Pentecôte suivante, le 19 mai 1918, et une commission chargée de son interprétation authentique est créée dès le 15 septembre 1917. On le désigne souvent comme le Code pio-bénédictin.

Le canon 2335

Promulgation du Code de droit canonique et excommunication des francs-maçons par Benoît XV, 27 mai 1917
Source : Wikimedia Commons – Catholic Church – Public domain

Placé dans le livre consacré aux délits et aux peines, le canon 2335 dispose que ceux qui donnent leur nom à la secte maçonnique ou à d’autres associations du même genre, qui conspirent contre l’Église ou les pouvoirs civils légitimes, encourent ipso facto une excommunication réservée simplement au Siège apostolique. D’autres dispositions du Code en tirent des conséquences pratiques, notamment la privation de sépulture ecclésiastique pour les membres notoires de la secte maçonnique. Pour la première fois, la sanction est formulée en termes juridiques clairs et uniformes.

Portée pour les francs-maçons

Pendant plus de soixante ans, le canon 2335 fonde la position de l’Église : un catholique ne peut devenir franc-maçon sans encourir l’excommunication. La règle pèse particulièrement dans les pays de tradition catholique, en France, en Belgique, en Italie ou en Amérique latine, où elle contribue à la séparation entre milieux maçonniques et catholiques. Dans les pays anglo-saxons, où la maçonnerie ne se conçoit pas comme hostile à l’Église, son application suscite des débats, d’où une lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1974 qui en restreint la portée aux associations agissant contre l’Église.

Postérité : de 1917 à 1983

Le nouveau Code de droit canonique promulgué par Jean-Paul II en 1983 abroge celui de 1917, effectif le 27 novembre 1983. Son canon 1374 ne nomme plus la franc-maçonnerie et prévoit une « juste peine » contre ceux qui adhèrent à une association conspirant contre l’Église. Mais la veille, le 26 novembre 1983, une déclaration de la Congrégation pour la doctrine de la foi, signée par le cardinal Joseph Ratzinger, rappelle que l’adhésion à la maçonnerie demeure interdite aux catholiques. La position a été réaffirmée par Rome en novembre 2023.

Repères chronologiques

  • 28 avril 1738 : bulle In eminenti de Clément XII, première condamnation pontificale.
  • 20 avril 1884 : encyclique Humanum genus de Léon XIII.
  • 1904 : Pie X lance la codification du droit canonique.
  • 27 mai 1917 : promulgation du Code par Benoît XV.
  • 19 mai 1918 : entrée en vigueur du Code et du canon 2335.
  • 26 novembre 1983 : déclaration Ratzinger sur l’incompatibilité.
  • 27 novembre 1983 : entrée en vigueur du nouveau Code, canon 1374.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Alchimie et soupçon antimaçonnique (antimaçonnisme), Humanum genus (antimaçonnisme), Bulle In eminenti apostolatus specula de Clément XII, 28 avril 1738 (date historique), Excommunication (antimaçonnisme).

Glossaire de la franc-maçonnerie

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