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Pierre Renaudel, né le 19 décembre 1871 à Morgny-la-Pommeraye (Seine-Inférieure) et mort le 1er avril 1935 à Sóller (Majorque), est un homme politique français, l’un des dirigeants de la SFIO puis une figure du néo-socialisme. Proche de Jean Jaurès, il dirige L’Humanité pendant la Première Guerre mondiale et représente le Var à la Chambre des députés. Il fut membre de la franc-maçonnerie.
Du blanquisme au jaurésisme

Après des études de vétérinaire, Pierre Renaudel milite d’abord chez les blanquistes du Parti socialiste révolutionnaire. Il se rapproche ensuite de Jean Jaurès et, au sein du Parti socialiste français, anime l’aile gauche aux congrès de Bordeaux (1903), Saint-Étienne (1904) et Rouen (1905), ainsi qu’au congrès socialiste international d’Amsterdam en 1904.
À la tête de L’Humanité
Membre de l’équipe de Jaurès à L’Humanité, il devient responsable de la rédaction en 1908, puis dirige le journal pendant la Première Guerre mondiale, avant que Marcel Cachin ne lui succède. Partisan de l’union sacrée, il défend un socialisme réformiste, hostile à la violence et à un marxisme qu’il juge trop rigide.
Il rend compte en 1919 de la reconstitution du mouvement ouvrier international dans L’Internationale à Berne, publié chez Grasset.
Député du Var et néo-socialiste
Élu député du Var en 1914, battu en 1919, il retrouve son siège en 1924 et est réélu en 1928 et 1932. Favorable à la participation socialiste à des gouvernements dirigés par les radicaux, il rejoint en 1933 le courant néo-socialiste et quitte la SFIO avec Marcel Déat et Adrien Marquet pour fonder le Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès, dont il se sépare ensuite.
Il siège au comité central de la Ligue des droits de l’homme et patronne de 1932 à 1935 la revue Maghreb, critique du protectorat français au Maroc.
Un franc-maçon socialiste
Wikipédia mentionne l’appartenance de Pierre Renaudel à la franc-maçonnerie, en s’appuyant sur l’Histoire de la franc-maçonnerie française de Pierre Chevallier. Les sources consultées ne précisent ni sa loge, ni son obédience, ni la date de son initiation.
Son engagement à la Ligue des droits de l’homme, son attachement au réformisme et à la tradition jaurésienne correspondent au profil de nombreux socialistes maçons de la Troisième République.
Un réformiste dans la tradition maçonnique républicaine
Pierre Renaudel appartient à la génération de dirigeants socialistes qui ont fait le lien entre la loge, la Ligue des droits de l’homme et le Parlement. Son parcours, de Jaurès au néo-socialisme, éclaire les débats de la gauche maçonnique de l’entre-deux-guerres sur la participation au pouvoir et l’alliance avec les radicaux.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Pierre Renaudel.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Fraternité, Pierre Chevallier (historien).

