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Né le 3 avril 1837 à Toulon et mort le 31 août 1912 à Paris, Paul Robin est un pédagogue libertaire français. Ancien élève de l’École normale supérieure, militant de l’Association internationale des travailleurs, il dirige de 1880 à 1894 l’orphelinat Prévost de Cempuis, où il met en œuvre l’éducation intégrale et la coéducation des sexes. Fondateur du mouvement néo-malthusien en France, il est membre de la Grande Loge symbolique écossaise.
Un normalien gagné à l’éducation populaire

Issu d’une famille bourgeoise de Toulon, Paul Robin entre à l’École normale supérieure et obtient des licences en sciences mathématiques et physiques. Professeur de lycée de 1861 à 1865, il entre en conflit avec l’administration au sujet de l’éducation populaire.
En 1865, il part pour la Belgique, où il participe à la création de la section belge de l’Association internationale des travailleurs. Expulsé pour avoir soutenu une grève, il passe par la Suisse, la France, où il est emprisonné, puis Londres. Il y siège brièvement au Conseil général de l’Internationale, avant de rompre avec Marx pour soutenir Bakounine.
Cempuis, laboratoire de l’éducation intégrale
Revenu en France en 1879, il est nommé inspecteur de l’enseignement primaire par Ferdinand Buisson. De 1880 à 1894, il dirige l’orphelinat Prévost à Cempuis, dans l’Oise, où il applique ses principes d’éducation intégrale : développement physique, intellectuel et moral, enseignement par l’expérience et coéducation des sexes.
Une campagne de presse menée par La Libre Parole contre la mixité entraîne sa révocation en 1894. L’expérience de Cempuis demeure une référence de la pédagogie libertaire.
Le combat néo-malthusien
En 1896, Paul Robin fonde la Ligue pour la régénération humaine, premier mouvement néo-malthusien français, qui défend le contrôle des naissances et la « prudence procréatrice ». Il en développe les thèses dans de nombreux écrits, de Population et prudence procréatrice (1902) à Pain, loisir, amour (1907).
Il met fin à ses jours à Paris en 1912. Incinéré au Père-Lachaise, il avait souhaité que son corps serve d’engrais. Un square du 18e arrondissement de Paris porte son nom.
Un maçon de la Grande Loge symbolique écossaise

D’après Léo Campion, cité par Wikipédia, Paul Robin était membre de la Grande Loge symbolique écossaise, obédience réputée pour ses positions avancées. Les sources consultées ne précisent ni sa loge, ni la date de son initiation, ni ses fonctions. Cette appartenance le place dans le courant des libertaires francs-maçons de la fin du XIXe siècle.
Principales œuvres
- Méthode de lecture, 1866
- L’Anthropométrie à l’école, 1887
- L’Éducation intégrale, 1891-1906
- Population et prudence procréatrice, 1902
- Le Néo-malthusianisme, la vraie morale sexuelle, le choix des procréateurs, 1905
- Vers régénérateurs, 1906
- Pain, loisir, amour, 1907
Une figure libertaire de la maçonnerie progressiste
Paul Robin illustre la rencontre, à la fin du XIXe siècle, entre la franc-maçonnerie progressiste, la libre pensée et le mouvement libertaire. Son passage par la Grande Loge symbolique écossaise, obédience ouverte aux idées sociales les plus audacieuses, accompagne une œuvre pédagogique, l’éducation intégrale et la mixité scolaire, qui rejoint les combats laïques et émancipateurs portés par de nombreuses loges de la Troisième République.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Paul Robin.
Voir aussi dans le glossaire : Libre pensée (antimaçonnisme), Haine de la laïcité (antimaçonnisme), Mixité, Léo Campion (Auteur).

