Narcisse-Amédée Vadecard (Personnalité)

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

Glossaire de la franc-maçonnerie

Narcisse-Amédée Vadecard, né à Saint-Saëns en Seine-Inférieure et mort à Mézy-sur-Seine en 1923, est un publiciste français qui fit toute sa carrière dans l’administration du Grand Orient de France. Entré en 1889 comme employé du secrétariat, il en devient secrétaire général au début du XXe siècle. À ce poste, il est la cheville ouvrière du système de renseignements sur les officiers transmis au ministère de la Guerre, connu sous le nom d’affaire des fiches.

Des origines modestes

Narcisse-Amédée Vadecard – portrait
Source : Wikimedia Commons – Marius – Public domain

Narcisse-Amédée Vadecard naît à Saint-Saëns dans une famille modeste : son père est cocher du baron Hély d’Oissel, sa mère repasseuse. Rien ne le destine à jouer un rôle de premier plan dans la vie publique française, et c’est par l’administration d’une obédience maçonnique qu’il accède à l’influence.

Il collabore par ailleurs au Journal de Seine-et-Oise et signe des « Notes républicaines » dans La Revue du siècle, revue fondée en 1902 et dirigée par Jean-Baptiste Bidegain, son adjoint au secrétariat.

Au cœur de l’administration du Grand Orient

Initié et entré en 1889 comme employé du secrétariat du Grand Orient de France, Vadecard en devient chef par intérim en 1899, puis chef du secrétariat. Il succède à Charles-Désiré Bergère et devient secrétaire général de l’obédience, poste qu’il occupe jusqu’en 1919 selon les sources.

À la différence des dignitaires élus du Conseil de l’Ordre, renouvelés régulièrement, le secrétaire général est un permanent. Cette stabilité lui confère une influence considérable sur la vie de l’obédience et sur ses relations avec les gouvernements républicains de l’époque. Il parvient au 33e degré et devient membre du Grand Collège des rites écossais.

L’affaire des fiches

Vadecard est l’organisateur central du système par lequel le Grand Orient fournit au ministère de la Guerre des renseignements sur les opinions politiques et religieuses des officiers. Selon l’article Wikipédia, le dispositif lui préexistait, mais il en porte la principale responsabilité. Le sénateur Frédéric Desmons en aurait proposé le principe au capitaine Henri Mollin, et les généraux André et Percin l’auraient accepté.

Des demandes étaient adressées aux loges de province au moyen d’un formulaire type rédigé par Bidegain ; les fiches retournées étaient triées, recopiées puis remises au ministère. Lorsque le scandale éclate, Vadecard nie publiquement en avoir été l’inventeur dans une lettre au Figaro. L’affaire demeure l’un des épisodes les plus discutés de l’histoire du Grand Orient de France.

Distinctions et postérité

En 1903, Vadecard reçoit la Légion d’honneur au titre de ses écrits politiques sur le personnel du ministère de la Guerre ; elle lui est remise à la loge Les Vrais Experts, en présence de Frédéric Desmons. Sa date de décès a fait l’objet de discussions : plusieurs sources citées par l’article indiquent 1923 à Mézy-sur-Seine.

Sa figure a fait l’objet d’études, dont un pamphlet publié en 1942 sous l’Occupation et un mémoire universitaire consacré à son action.

Le visage administratif d’une époque

Narcisse-Amédée Vadecard incarne la période où le Grand Orient de France, étroitement lié au radicalisme au pouvoir, s’engage dans la défense républicaine jusqu’à franchir la ligne qui sépare l’influence de la délation. Son nom reste attaché à l’affaire des fiches, épisode qui a durablement marqué la mémoire de l’obédience et la perception publique de la franc-maçonnerie en France.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Narcisse-Amédée Vadecard.

Glossaire de la franc-maçonnerie

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles en relation avec ce sujet

Titre du document

DERNIERS ARTICLES