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Catherine Valabrègue, née Catherine Georgette Dreyfus à Paris et morte dans la même ville, est une actrice, essayiste et militante féministe française. Comédienne de la troupe de Louis Jouvet pendant la Seconde Guerre mondiale, elle cofonde en 1956 La Maternité heureuse, ancêtre du Mouvement français pour le planning familial, et consacre de nombreux ouvrages à la contraception, à l’éducation non sexiste et à la condition masculine. Elle fut membre de la Grande Loge féminine de France.
Une héritière engagée
Fille de Daniel Dreyfus, maire de Saint-Nom-la-Bretèche révoqué sous Vichy en application du statut des Juifs, et de Thérèse Gompel, héritière des grands magasins Dames de France, Catherine Dreyfus épouse Jean Valabrègue, polytechnicien qui dirigea à Londres un service du contre-espionnage de la France libre.
Après des études supérieures, elle part de 1941 à 1945 en tournée en Amérique latine avec Louis Jouvet et sa troupe. Elle joue notamment Mlle Chèvredent dans L’Apollon de Bellac de Giraudoux à Rio de Janeiro en 1942, tourne Le Moulin des Andes en 1943 sous le nom de Catherine Moissan, et raconte cette aventure dans Pampa, Vaudou, Samba (1947).
Aux origines du Planning familial
Le 8 mars 1956, elle fonde avec Évelyne Sullerot et Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé La Maternité heureuse, qui deviendra le Mouvement français pour le planning familial. Seconde secrétaire générale puis rédactrice en chef de sa revue, elle se forme à la contraception à Londres, transporte clandestinement des contraceptifs, accueille des femmes en détresse et voyage en Afrique francophone.
Elle dirige chez Casterman la collection « Vie affective et sexuelle » et publie Contrôle des naissances et Planning familial (1960), contribuant à faire connaître en France des pratiques alors interdites.
Penser les rapports entre les sexes
Essayiste prolifique, Catherine Valabrègue s’intéresse aussi bien à la condition féminine qu’à la condition masculine, titre d’un livre publié chez Payot en 1968. Elle fonde en 1972 « la Spirale » avec Charlotte Calmis, préside en 1975 le congrès d’Arcadie « Être homophile en France » et crée en 1980 l’association Pour une éducation non sexiste.
Rapporteure pour le Conseil de l’Europe sur le sexisme dans les manuels scolaires, elle rédige en 1987-1988 un rapport pour la Communauté européenne avec Verena Aebischer. Elle est faite chevalier de la Légion d’honneur en 1999.
Une sœur de la Grande Loge féminine
Catherine Valabrègue a été membre de la loge Arc en Ciel, au sein de la Grande Loge féminine de France, aux côtés d’Yvonne Dornès. Les sources consultées ne précisent ni la date de son initiation ni les offices qu’elle a pu exercer.
Son engagement maçonnique s’inscrit dans un compagnonnage fréquent, dans la seconde moitié du XXe siècle, entre la maçonnerie féminine et les combats pour la contraception et l’émancipation des femmes.
Principales œuvres
- Pampa, Vaudou, Samba, 1947
- Contrôle des naissances et Planning familial, 1960
- Victoire sur la solitude, 1966
- La Condition masculine, 1968
- La Condition étudiante, 1970
- L’Éducation sexuelle à l’étranger, 1972
- L’Homme déraciné, 1973
- Le Droit de vivre autrement, 1975
- Eux, les hommes, 1976
- Filles ou garçons, éducation sans préjugés, 1985
Une franc-maçonne dans le combat pour la contraception
Catherine Valabrègue appartient à la génération de femmes qui, dans l’après-guerre, ont porté la question de la maîtrise de la fécondité dans le débat public. Sa présence à la Grande Loge féminine de France rappelle combien la maçonnerie féminine a accompagné, par ses membres, la naissance du Planning familial et les évolutions de la condition des femmes.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à Catherine Valabrègue.
Voir aussi dans le glossaire : Loge Bleue ou Loge Symbolique., Initiation.

