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Le Musée belge de la Franc-Maçonnerie (MBFM) occupe depuis 2011 le rez-de-chaussée de l’Hôtel Dewez, demeure néoclassique de la fin du XVIIIe siècle située rue de Laeken, au cœur de Bruxelles, au sein de la maison du Grand Orient de Belgique. Héritier d’un premier musée ouvert en 1985 par le Grand Orient, il est devenu une institution interobédientielle soutenue par plusieurs obédiences belges. Ses vitrines thématiques retracent l’histoire de la franc-maçonnerie belge et internationale depuis le XVIIIe siècle à travers décors, bijoux, céramiques, tableaux, livres et archives.
Des Amis Philanthropes au musée interobédientiel

L’idée d’un musée maçonnique à Bruxelles est ancienne : dès 1833, Pierre-Théodore Verhaegen, fondateur de l’Université libre de Bruxelles, créa un premier musée au sein de sa loge, Les Amis Philanthropes, dont le sort ultérieur est inconnu. Le projet renaît en 1984, lorsque le Grand Orient de Belgique propose un musée indépendant ; en mars 1985 s’ouvre, au 79 rue de Laeken, une salle d’exposition réservée aux membres, le « Musée maçonnique du Grand Orient de Belgique ».
En 1989, l’association sans but lucratif Les Amis du Musée Maçonnique donne au musée un statut propre et l’ouvre aux autres obédiences belges. Le succès de l’exposition La Franc-maçonnerie et l’Europe, du XVIIIe siècle à nos jours, présentée à l’Hôtel de Ville de Bruxelles en 1993, conduit à son ouverture au grand public. En 2011, l’institution prend le nom de Musée belge de la Franc-Maçonnerie et inaugure son exposition permanente à l’Hôtel Dewez.
L’Hôtel Dewez, une demeure néoclassique
Le musée est installé dans l’Hôtel Dewez, à l’angle de la rue Vanderelst et des n° 73-75 de la rue de Laeken. Cette demeure néoclassique de la fin du XVIIIe siècle porte le nom de Laurent-Benoît Dewez (1731-1812), architecte de la cour de Charles de Lorraine, gouverneur des Pays-Bas autrichiens. Classée depuis 1992, elle a fait l’objet d’une restauration conduite entre 2008 et 2011, avec l’appui de la Fondation Roi Baudouin : ferronneries de l’escalier restaurées, papiers peints restitués d’après les fragments d’origine retrouvés sous les couches de peinture.
L’hôtel fait partie de l’ensemble maçonnique de la rue de Laeken, siège du Grand Orient de Belgique, dont les temples néo-égyptiens, édifiés en 1909-1910 par l’architecte Paul Bonduelle pour la loge Les Vrais Amis de l’Union et du Progrès Réunis, comptent parmi les plus remarquables d’Europe. Le bâtiment abrite aussi les bureaux du Grand Orient et un centre de documentation.
Les collections
Présentées dans des vitrines thématiques et pédagogiques, les collections couvrent la période qui va du début du XVIIIe siècle à nos jours :
- objets utilisés en loge et lors des banquets : décors, tabliers, cordons, bijoux ;
- céramiques et verreries à décor maçonnique ;
- tableaux, gravures et sculptures ;
- livres, documents et archives sur papier ;
- évocations des grandes figures de la franc-maçonnerie belge ;
- témoignages des persécutions antimaçonniques sous les régimes totalitaires.
Pièces remarquables
Parmi les pièces les plus notables figure l’ensemble des dix-sept tapis de loge dits « de Mons » ou « du marquis de Gages », appartenant à la loge La Parfaite Union, fondée à Mons en 1721 et considérée comme la première loge de Belgique. Le musée conserve aussi une édition bilingue français-néerlandais des Constitutions d’Anderson datée de 1761, et un portrait de Pierre-Théodore Verhaegen en décors maçonniques peint en 1833 par François Haseleer.
Les obédiences partenaires

Le musée se définit comme une institution interobédientielle. Autour du Grand Orient de Belgique, qui l’a initié, se sont associées la Grande Loge de Belgique, la Grande Loge Féminine de Belgique, la Fédération belge du Droit Humain et d’autres juridictions maçonniques. Il bénéficie du soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Ville de Bruxelles, et une association des Amis du musée organise conférences, concerts et activités culturelles, parfois dans les temples voisins.
Expositions, documentation et recherche
Depuis 2011, le musée présente plusieurs expositions temporaires par an dans son patio : bijoux de Rose-Croix, musique maçonnique belge du XIXe siècle ou, en 2014, Le Tablier maçonnique : au fil du temps et de Fils en Aiguilles, consacrée aux tabliers brodés des XVIIIe et XIXe siècles, avec des prêts du Musée de la Franc-maçonnerie de Paris. Il organise depuis 2013 la journée du livre maçonnique Masonica. Son partenaire scientifique, le CEDOM (Centre d’études et de documentation maçonniques), installé dans le même bâtiment, conserve archives et bibliothèque. Le musée est membre de l’AMMLA.
Visiter le musée
Le musée se trouve rue de Laeken 73-75, 1000 Bruxelles, à quelques minutes à pied de la place De Brouckère. Horaires et conditions de visite sur le site officiel ; le musée est fermé le dimanche.
Sa place dans le patrimoine maçonnique
Par la qualité de son écrin, la richesse de ses collections et son ancrage dans le principal complexe maçonnique du pays, le MBFM est la vitrine publique de la franc-maçonnerie belge, dont il rappelle le rôle dans l’histoire nationale, de la révolution de 1830 aux combats pour l’enseignement public.
Adresse : Rue de Laeken 73-75, 1000 Bruxelles
Site officiel : mbfm.be
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à ce musée.
Voir aussi dans le glossaire : Tableau de Loge (ou Tapis de Loge), Tablier.

