Mort de Jean Mons et élection d’André Roux à la tête de la Grande Loge Nationale Française, 1989 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1989, la Grande Loge Nationale Française perd son Grand Maître, Jean Mons, ancien résident général de France en Tunisie, à sa tête depuis 1980. Pour lui succéder, l’obédience porte à la grande maîtrise le notaire parisien André Roux. Son élection coïncide avec la chute du mur de Berlin : le 27 décembre 1989, le nouveau Grand Maître installe à Budapest une Grande Loge de Hongrie. Son mandat, interrompu par sa mort en 1992, inaugure une période d’ouverture internationale et de croissance rapide pour la GLNF.

Date : 1989
Lieu : Paris, France

La fin d’une grande maîtrise

Mort de Jean Mons et élection d’André Roux à la tête de la Grande Loge Nationale Française, 1989
Source : Wikimedia Commons – Thomas Dahlstrøm Nielsen – CC BY-SA 4.0

Élu en 1980, Jean Mons a dirigé pendant près d’une décennie l’obédience française reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre. Haut fonctionnaire de la IVe République, ancien directeur de cabinet de Léon Blum et de Paul Ramadier selon l’association Survie, il avait été résident général de France en Tunisie de 1947 à 1950. Il meurt en 1989, encore en fonctions, ce qui impose une succession rapide.

Il laisse une obédience structurée en Grandes Loges provinciales, dotée d’un siège administratif boulevard Bineau à Neuilly-sur-Seine et d’un Grand Temple rue Christine-de-Pisan, à Paris. La GLNF y affirme sa singularité dans le paysage français : une maçonnerie dite régulière, déiste et étrangère aux débats politiques.

André Roux, notaire et Grand Maître

Son successeur, André Roux, est notaire à Paris ; Survie le présente comme le notaire de Jacques Chirac. Les sources consultées ne donnent ni ses dates de naissance ni le détail de son parcours maçonnique antérieur. Il devient le dixième Grand Maître de l’obédience depuis Édouard de Ribaucourt, fondateur en 1913.

1989, une année charnière pour l’Europe maçonnique

L’élection d’André Roux intervient dans un contexte exceptionnel. L’effondrement des régimes communistes d’Europe centrale, qui avaient interdit la franc-maçonnerie, ouvre la voie à la renaissance des loges. Le 27 décembre 1989, le Grand Maître de la GLNF établit ainsi à Budapest une Grande Loge de Hongrie, selon une étude consacrée à l’obédience publiée en 2004.

Ce geste illustre le rôle que la GLNF entend jouer : obédience « régulière » d’un grand pays d’Europe continentale, elle se pose en marraine des maçonneries renaissantes de l’Est, à côté des Grandes Loges anglo-saxonnes, et étend ainsi son réseau de reconnaissances.

Un mandat bref

Mort de Jean Mons et élection d’André Roux à la tête de la Grande Loge Nationale Française, 1989
Source : Wikimedia Commons – Juggling_on_the_Berlin_Wall_1.jpg: Yann Forget derivative work: Durova (talk) – CC BY-SA 3.0

La grande maîtrise d’André Roux est brève. Au début de 1992, selon Survie, il cherche à écarter de l’appareil Claude Charbonniaud, gendre un temps de Jean Mons, et Yves Trestournel, figure influente de l’obédience. Il meurt la même année dans un accident de voiture à Paris. Claude Charbonniaud assure l’intérim, puis est élu Grand Maître.

Portée

La succession de 1989 marque la fin de la génération des grands commis de l’État formés sous la IVe République à la tête de la GLNF. Elle ouvre une phase d’expansion internationale et de recrutement soutenu : selon Survie, les effectifs passent ensuite de quelque 5 000 à 20 000 membres au cours des années 1990, et une autre estimation les situe autour de 27 000 vers 2000.

Le saviez-vous ?

À Tunis, Jean Mons avait succédé en février 1947 au général Charles Mast et fut remplacé en juin 1950 par Louis Périllier, dans les années où montait la revendication nationaliste tunisienne. Quarante ans plus tard, son successeur à la GLNF accompagnait une autre transition historique, celle de l’Europe centrale libérée du communisme, en installant une Grande Loge à Budapest.

Repères chronologiques

  • 5 octobre 1913 : fondation de l’obédience par Édouard de Ribaucourt.
  • 29 octobre 1948 : adoption du nom de Grande Loge Nationale Française.
  • 1980 : élection de Jean Mons à la grande maîtrise.
  • 1989 : mort de Jean Mons ; André Roux lui succède.
  • 27 décembre 1989 : installation d’une Grande Loge de Hongrie à Budapest.
  • 1992 : mort d’André Roux ; intérim puis élection de Claude Charbonniaud.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Musée-bibliothèque de la Grande Loge Nationale Française (Musée maçonnique), Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique), Fondation de la Grande Loge provinciale du Massachusetts à Boston, 30 juillet 1733 (date historique), Paul Ramadier (Personnalité).

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