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Le 22 janvier 1927, à Paris, le jeune normalien et agrégé d’histoire Pierre Brossolette, 23 ans, est initié dans la loge Émile Zola de la Grande Loge de France. Journaliste et militant socialiste, il deviendra l’une des plus grandes figures de la Résistance, adjoint du colonel Passy au BCRA, Compagnon de la Libération, avant de se donner la mort sous la torture en mars 1944 pour ne pas parler. Son entrée au Panthéon en 2015 et le grand temple de la Grande Loge de France qui porte son nom font de lui un symbole maçonnique majeur.
Date : 22 janvier 1927
Lieu : Paris, France
Un brillant normalien

Né le 25 juin 1903 à Paris, fils d’un inspecteur de l’enseignement primaire, Pierre Brossolette étudie aux lycées Janson-de-Sailly et Louis-le-Grand. Reçu premier à l’École normale supérieure en 1922, il est classé deuxième à l’agrégation d’histoire et de géographie, juste derrière Georges Bidault. Plutôt que l’enseignement, il choisit le journalisme et l’engagement politique, porté par un idéal pacifiste et européen dans la France des années 1920.
L’initiation du 22 janvier 1927
C’est à la Grande Loge de France, et non au Grand Orient comme on le lit parfois, que Brossolette reçoit la lumière, le 22 janvier 1927, dans la loge parisienne Émile Zola. Le titre distinctif de l’atelier, qui honore l’auteur de J’accuse, résonne avec les convictions dreyfusardes et républicaines du jeune homme. Brossolette poursuit son parcours dans les hauts grades au sein de la loge La Perfection latine du Suprême Conseil de France, et s’affilie au Grand Orient dans la loge L’Aurore sociale, à Troyes.
Le journaliste et le militant
Adhérent de la SFIO en 1929, Brossolette appartient au courant de la Bataille socialiste. Candidat malheureux aux cantonales de 1934 puis aux législatives de 1936 dans l’Aube, il écrit notamment dans Le Populaire et devient une voix écoutée de la radio. En janvier 1939, il est écarté de Radio-PTT pour avoir critiqué à l’antenne les accords de Munich. Son antifascisme précoce annonce son engagement à venir.
Le résistant

Dès 1940-1941, Brossolette rejoint le réseau du musée de l’Homme, travaille avec Libération-Nord et l’Organisation civile et militaire, puis dirige la presse et la propagande de la Confrérie Notre-Dame sous le nom de « Pedro ». Arrivé à Londres en avril 1942, il devient l’adjoint du colonel Passy au BCRA et est fait Compagnon de la Libération le 17 octobre 1942. En 1943, il conduit en France la mission Arquebuse-Brumaire, qui contribue à l’unification de la Résistance en zone nord.
Le sacrifice de mars 1944
Le 3 février 1944, lors d’une tentative de retour vers l’Angleterre, son bateau fait naufrage près de Plogoff ; il est arrêté peu après sur dénonciation. Identifié, il est transféré le 19 mars au siège de la Gestapo, avenue Foch. Le 22 mars 1944, menotté, il se jette par une fenêtre pour ne pas risquer de parler sous la torture ; il meurt le soir même à la Pitié-Salpêtrière, sans avoir livré d’autre nom que le sien.
Postérité et mémoire maçonnique
Le 27 mai 2015, les cendres de Pierre Brossolette entrent au Panthéon, en même temps que celles de Jean Zay, autre franc-maçon, de Germaine Tillion et de Geneviève de Gaulle-Anthonioz. La Grande Loge de France a donné son nom à son grand temple de la rue Puteaux, et le Grand Orient lui rend régulièrement hommage. De nombreuses rues et établissements scolaires portent son nom, rappelant l’engagement d’un frère qui fit de la fraternité un combat.
Repères chronologiques
- 25 juin 1903 : naissance à Paris.
- 1922 : reçu premier à l’École normale supérieure.
- 22 janvier 1927 : initiation à la loge Émile Zola de la Grande Loge de France.
- 1929 : adhésion à la SFIO.
- 17 octobre 1942 : Compagnon de la Libération.
- 22 mars 1944 : mort à Paris après sa chute de l’avenue Foch.
- 27 mai 2015 : entrée au Panthéon.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Initiation, Musée de la Grande Loge de France (Musée maçonnique), Affiliation, Pierre Brossolette (Personnalité), Jean Zay (Personnalité).

