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Guillaume de Sonnac est le dix-huitième maître de l’ordre du Temple, de 1247 à sa mort en 1250. Ancien précepteur d’Aquitaine, il accompagne la croisade de Saint Louis en Égypte, participe à la prise de Damiette et tente une négociation que le roi désavoue. Il meurt lors des combats de Mansourah, en février 1250, après avoir perdu un œil puis l’autre, selon le récit de Joinville.
Origines et carrière en Aquitaine

Son nom même est discuté : les documents latins portent Wilielmus de Sonayo, et la forme « Sonnac » pourrait venir d’une transcription de Joinville. On l’a rattaché à une famille du Rouergue, à Sonac en Quercy ou encore à Sonnay, en Touraine, sans certitude.
Sa carrière est mieux connue : il est commandeur dans le Rouergue, à Sainte-Eulalie-de-Cernon, puis précepteur de la province d’Aquitaine à partir de 1236. C’est donc un administrateur expérimenté de l’Occident templier que le chapitre choisit après le désastre de La Forbie.
Un maître dans la croisade de Saint Louis
Élu en 1247, il gagne la Terre sainte à l’automne. Il prépare la venue de la septième croisade, que Louis IX lance depuis Chypre. En juin 1249, les Templiers participent au débarquement en Égypte et à la prise de Damiette.
Comme ses prédécesseurs, le maître pratique la diplomatie avec les sultans. Ses contacts avec le pouvoir ayyoubide en vue d’une trêve déplaisent au roi, qui interdit toute négociation sans son accord : épisode révélateur des tensions entre l’autonomie des ordres militaires et l’autorité des souverains croisés.
Mansourah, 1250
Le 8 février 1250, l’avant-garde franchit le canal devant Mansourah. Robert d’Artois, frère du roi, entraîne les chevaliers dans la ville au lieu d’attendre le gros de l’armée ; les Templiers le suivent et sont presque tous tués dans les ruelles. Guillaume de Sonnac y perd un œil.
Trois jours plus tard, lors d’un nouvel assaut, il perd l’autre œil et meurt de ses blessures. Joinville, témoin de la campagne, rapporte ce double sacrifice dans sa Vie de Saint Louis. Renaud de Vichiers, maréchal de l’ordre, lui succède.
Postérité
Guillaume de Sonnac incarne le maître combattant fidèle à la Règle, qui interdisait au frère de fuir tant que flottait le gonfanon de l’ordre. Plusieurs localités du Sud-Ouest revendiquent son souvenir, et une association porte son nom. Ce souvenir relève de l’histoire des croisades, non de la légende templière maçonnique, qui s’est développée bien plus tard.
Repères
- Naissance : Début du XIIIe siècle, origine discutée (Rouergue, Quercy ou Touraine)
- Décès : Février 1250, Mansourah (Égypte)
- Statut : Chevalier, frère du Temple
- Ordre : Ordre du Temple
- Fonction : Maître de l’ordre (18e) ; auparavant précepteur d’Aquitaine (dès 1236)
- Mandat(s) : 1247-1250
- Prédécesseur : Armand de Périgord (ou Richard de Bures)
- Successeur : Renaud de Vichiers
Voir aussi dans le glossaire : Templiers (légende templière), Grand Maître, Chevaliers du Temple.
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