Guillaume de Beaujeu (Grand Maître du Temple)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Guillaume de Beaujeu est le vingt-et-unième maître de l’ordre du Temple, de 1273 à sa mort au siège d’Acre en 1291. Apparenté aux Capétiens et à Charles d’Anjou, diplomate avisé, il mène une politique de ménagement envers les Mamelouks et d’engagement dans les querelles latines. Mortellement blessé sur la brèche, il incarne la chute de la dernière grande cité franque de Terre sainte.

Un seigneur apparenté aux Capétiens

Portrait de Guillaume de Beaujeu
Source : Wikimedia Commons – auteur inconnu – CC BY-SA 3.0

Né vers 1233, il est issu de la maison de Beaujeu, en Beaujolais ; par sa branche familiale, celle des seigneurs de Montpensier, il est cousin de Louis IX et de Charles d’Anjou. Il entre au Temple vers 1250 au plus tard et sert en Orient, où il est capturé lors d’une embuscade vers 1260 puis libéré contre rançon.

Commandeur de la province de Tripoli en 1271, il est ensuite maître de la province templière d’Apulie, dans le royaume de Sicile de son cousin Charles d’Anjou. C’est là qu’il apprend son élection comme maître de l’ordre en 1273.

Un magistère diplomatique

Avant de rejoindre l’Orient, il assiste au deuxième concile de Lyon (1274), où le pape Grégoire X prépare une croisade qui ne verra pas le jour. Il gagne Acre en septembre 1275.

Il soutient les ambitions de Charles d’Anjou sur la couronne de Jérusalem, contre le roi de Chypre Hugues III. Il s’oppose durement au prince Bohémond VII de Tripoli, conflit qui dégénère en affrontements. Avec les Mamelouks, il entretient des contacts suivis et dispose d’informateurs, ce qui lui permet d’annoncer les offensives du sultan ; ses avertissements ne sont pas toujours écoutés.

Son secrétaire, l’auteur anonyme connu comme le Templier de Tyr, a laissé dans les Gestes des Chiprois un témoignage précieux sur son magistère et sur la fin d’Acre.

La chute d’Acre

Au printemps 1291, le sultan al-Ashraf Khalil met le siège devant Acre. Le maître participe aux sorties et, lors de l’assaut général du 18 mai, se porte sur la brèche avec le maître de l’Hôpital, Jean de Villiers. Atteint d’une flèche sous l’aisselle, il quitte le combat ; à ceux qui lui reprochent de fuir, il aurait répondu qu’il ne fuyait pas, mais qu’il était mort.

Transporté à la maison du Temple, il y meurt le jour même et y est inhumé. Les derniers défenseurs tiennent encore quelques jours la forteresse de l’ordre, tandis que Thibaud Gaudin évacue le trésor par la mer.

Postérité

Guillaume de Beaujeu est resté le visage héroïque de la fin des États latins. Sa mort sur la brèche a inspiré peintres et romanciers. Elle appartient à l’histoire des croisades : la légende templière du XVIIIe siècle, qui imaginera des chevaliers transmettant leurs secrets, est une construction ultérieure sans lien attesté avec l’ordre.

Repères

  • Naissance : Vers 1233, Beaujolais (maison de Beaujeu)
  • Décès : 18 mai 1291, Acre
  • Statut : Chevalier, frère du Temple
  • Ordre : Ordre du Temple
  • Fonction : Maître de l’ordre (21e) ; auparavant commandeur de Tripoli et maître de la province d’Apulie
  • Mandat(s) : 1273-1291
  • Prédécesseur : Thomas Bérard
  • Successeur : Thibaud Gaudin

Voir aussi dans le glossaire : Templiers (légende templière), Grand Maître, Chevaliers templiers.

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