Gérard de Ridefort (Grand Maître du Temple)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

Gérard de Ridefort, chevalier probablement flamand, est maître de l’ordre du Temple de la fin de 1184 ou de 1185 à sa mort devant Acre, en octobre 1189. Acteur majeur de la crise du royaume de Jérusalem, il soutient Guy de Lusignan et pousse aux choix militaires qui mènent au désastre de Hattin (1187). Fait prisonnier puis libéré, il est tué au siège d’Acre. Son magistère reste l’un des plus controversés.

Un aventurier devenu Templier

Portrait de Gérard de Ridefort
Source : Wikimedia Commons – Master of the Roman de Fauvel – Public domain

Gérard de Ridefort est sans doute originaire de Flandre ; sa date de naissance est inconnue. Arrivé en Orient dans les années 1170, il entre au service du comte Raymond III de Tripoli, qui lui aurait promis un riche mariage avant de lui préférer un autre prétendant : de là daterait, selon les chroniqueurs, une rancune durable.

Maréchal du royaume vers 1179, il entre au Temple après une grave maladie et devient sénéchal de l’ordre en 1183. À la mort d’Arnaud de Toroge, fin 1184, il est élu maître.

Au cœur de la crise du royaume

En 1186, après la mort de l’enfant-roi Baudouin V, Gérard soutient avec le patriarche Héraclius le couronnement de Sibylle et de son époux Guy de Lusignan, contre le parti de Raymond III, malgré l’opposition du maître de l’Hôpital et d’une partie des barons.

Le 1er mai 1187, à la fontaine de Cresson, près de Nazareth, il lance une centaine de chevaliers contre une forte troupe musulmane : le maître de l’Hôpital, Roger de Moulins, est tué, et Gérard est l’un des rares survivants.

Hattin et la mort devant Acre

En juillet 1187, il presse le roi Guy de marcher au secours de Tibériade, contre l’avis de Raymond III. L’armée, privée d’eau, est anéantie le 4 juillet aux cornes de Hattin. Gérard est capturé ; Saladin fait exécuter les Templiers et les Hospitaliers prisonniers, mais épargne le maître, qui recouvre la liberté en 1188 en échange de la reddition de places de l’ordre, dont Gaza.

Il rejoint ensuite le roi Guy au siège d’Acre, ouvert en août 1189. Capturé lors d’une sortie contre le camp de Saladin, il est exécuté au début d’octobre 1189. Après une vacance de près de deux ans, Robert de Sablé lui succède.

Une mémoire disputée

Les chroniqueurs, souvent proches de ses adversaires, ont fait de lui le principal responsable de la chute de Jérusalem en octobre 1187. Les historiens nuancent ce portrait, en rappelant la profondeur des divisions qui minaient alors le royaume, sans effacer la part de ses décisions dans les défaites de 1187.

Repères

  • Naissance : date inconnue, probablement en Flandre
  • Décès : début octobre 1189 (4 octobre selon plusieurs notices), devant Acre
  • Profession : Chevalier, maréchal du royaume de Jérusalem, religieux de l’ordre du Temple
  • Ordre : Ordre du Temple (Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon)
  • Fonction : Sénéchal (1183), puis dixième maître
  • Mandat(s) : fin 1184 ou 1185-1189
  • Événements clés : Cresson (1er mai 1187), Hattin (4 juillet 1187), siège d’Acre

Voir aussi dans le glossaire : Grand Maître, Templiers (légende templière), Templiers.

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