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François-Gervais-Édouard Lecouturier naît à Guibray, près de Falaise, en 1768 et meurt à Paris en 1830, selon les dates retenues par la Bibliothèque nationale de France. Officier des guerres de la Révolution et de l’Empire, maréchal de camp en 1822, il est aussi écrivain militaire. Franc-maçon reçu à Toulouse, fondateur de loges militaires, président des ateliers du Mont-Thabor, il reçoit au Grand Orient de France le 33e degré du Rite écossais ancien et accepté.
De Louis-le-Grand aux armées
Après de brillantes études à l’université de Paris, il est maître d’études au collège Louis-le-Grand, mais la Révolution le détourne de l’enseignement. Le 31 mai 1792, il est nommé sous-lieutenant dans la légion de l’armée du Centre, devenue le 16e régiment d’infanterie légère.
Un officier de vingt-trois campagnes
Capitaine de carabiniers, il est grièvement blessé devant Mannheim et perd l’usage du bras gauche. Sous les murs d’Ancône, à la tête de 250 hommes, il enlève une redoute, prend un drapeau et met hors d’usage neuf pièces d’artillerie ; promu chef de bataillon sur le champ de bataille, il voit l’action attribuée à un autre. Présent à Jemappes comme à Waterloo, colonel en non-activité en 1815, il est fait officier de la Légion d’honneur et chevalier de Saint-Louis en 1816, puis maréchal de camp en 1822.
Il publie plusieurs ouvrages sur l’institution militaire, dont un Dictionnaire raisonné des connaissances militaires, et rédige la partie militaire de la Bibliothèque historique.
Un fondateur de loges militaires
Reçu franc-maçon dans la loge des « Sœurs Unies » à Toulouse, il devient en 1801 chevalier Rose-Croix dans le chapitre de l’île d’Oléron. En 1803, il fonde la loge des « Vrais Amis réunis » à l’Orient du 16e régiment d’infanterie légère, dont il est vénérable ; en 1807, il fonde et préside la loge du 60e régiment d’infanterie, alors à Raguse, où il reçoit Law de Lauriston, futur maréchal de France, et le général Molitor.
En 1816, il est successivement membre puis président des ateliers du « Mont-Thabor », à Paris, qui lui confèrent le 30e degré. Officier dignitaire du Grand Orient de France, il y reçoit les 31e, 32e et 33e degrés du Rite écossais ancien et accepté et est élu en 1828 président de la chambre de correspondance et des finances.
Principales œuvres
- Réfutation du tome XI des Victoires et Conquêtes, 1819
- Réflexions sur le corps royal d’état-major général, 1819
- Considérations sur les retraites des militaires, les pensions de leurs veuves et les secours à accorder à leurs enfants, 1821
- Dictionnaire raisonné des connaissances militaires
Un représentant de la maçonnerie des régiments
Lecouturier incarne la maçonnerie militaire qui s’est développée dans les armées de la Révolution et de l’Empire, où les loges régimentaires accompagnaient les troupes de Toulouse à la Dalmatie. Fondateur d’ateliers, haut gradé de l’écossisme et dignitaire du Grand Orient sous la Restauration, il relie la maçonnerie des camps à l’administration de l’obédience parisienne.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia consacré à François-Gervais-Édouard Lecouturier.
Voir aussi dans le glossaire : Rose-Croix, KadoshKadoshK comme Kadosh en Franc-maçonnerie.

