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Né à Anvers en 1888 et mort à Sambreville, le baron Francis Delbeke est un avocat, banquier, historien et amateur d’art belge, docteur en droit et docteur en histoire. Fils d’un ministre catholique de Léopold II, grand bibliophile du XVIIIe siècle, il a consacré plusieurs études au barreau d’Ancien Régime et aux origines de la Belgique. Il a publié en 1938 La franc-maçonnerie et la Révolution française et autres essais, contribution d’un historien à un débat alors très vif.
Un héritier de la bourgeoisie catholique anversoise

Francis Delbeke est le fils du baron Auguste Delbeke, ministre catholique sous Léopold II. Formé chez les jésuites au collège Saint-Jean-Berchmans, il étudie le droit à l’université catholique de Louvain, où il obtient un doctorat en droit puis un doctorat en histoire. En 1910, il épouse Emmy Eiffe, issue d’une famille protestante descendant de l’armateur bruxellois Lambert Straatman.
Du barreau à la banque
Il entre au barreau d’Anvers en 1910. À partir de 1923, il se tourne vers la finance au sein de la Banque commerciale de Belgique, puis succède en 1926 à son père comme administrateur de la Caisse hypothécaire belge. Cette double carrière juridique et financière ne l’empêche pas de poursuivre des recherches historiques suivies.
L’historien du XVIIIe siècle
Bibliophile réputé pour sa bibliothèque consacrée au XVIIIe siècle, Delbeke publie Le Barreau à la fin de l’ancien régime (1920), puis L’Action politique et sociale des avocats au XVIIIe siècle (Louvain-Paris, 1927) et À travers les origines de la nationalité belge (Bruxelles, 1930). C’est dans ce sillage qu’il aborde la question maçonnique avec La franc-maçonnerie et la Révolution française et autres essais, paru à Anvers en 1938, à une époque où le rôle supposé des loges dans la Révolution nourrissait encore une abondante littérature polémique.
Le collectionneur et l’ami des peintres
Sa véritable passion reste l’art. Il réunit une importante collection de peintures et se lie avec le peintre anversois d’origine allemande Jules Schmalzigaug, qui réalise en 1917 un portrait cubiste du baron, aujourd’hui conservé aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles. Delbeke siège dans les instances des musées d’art d’Anvers et préside la section des livres d’art de l’Exposition internationale d’Anvers de 1930.
Principaux ouvrages
- La franc-maçonnerie et la Révolution française et autres essais, Anvers, 1938
- Le Barreau à la fin de l’ancien régime, 1920
- L’Action politique et sociale des avocats au XVIIIe siècle, Louvain-Paris, 1927
- À travers les origines de la nationalité belge, Bruxelles, 1930
- Soixante-dix modestes réflexions d’un septuagénaire, 1888-1958, 1958
Un regard d’historien sur un débat passionné
Francis Delbeke n’est pas un auteur maçonnique au sens strict, et rien n’atteste qu’il ait été initié. Son intérêt est celui d’un historien du XVIIIe siècle, familier des milieux juridiques et des Lumières, qui se saisit d’une question alors brûlante : celle des liens entre les loges et la Révolution française. Son essai de 1938 témoigne de la manière dont l’historiographie belge de l’entre-deux-guerres s’est emparée de ce thème, et mérite d’être relu à ce titre.
Voir aussi dans le glossaire : Bicentenaire de la Révolution française (antimaçonnisme), Lumières (trois), Loge, Affaire Dreyfus (antimaçonnisme).

