Fondation du Suprême Conseil pour l’Angleterre et le pays de Galles, 26 octobre 1845 (date historique)

Gardez cet article avec vous
Emportez-le partout en PDF, gardez-le pour toujours — et soutenez une presse libre et indépendante.
+ frais de traitement
Vous avez un code promo ?

Glossaire de la franc-maçonnerie

Le 26 octobre 1845, le Suprême Conseil de la Juridiction maçonnique du Nord des États-Unis délivre une patente au docteur Robert Thomas Crucefix, figure de la maçonnerie londonienne. Elle fonde le Suprême Conseil du 33e degré pour l’Angleterre et le pays de Galles, onzième Suprême Conseil constitué en vertu des Grandes Constitutions de 1786. Vingt-six ans après une première tentative restée sans suite, le Rite ancien et accepté, version anglaise du Rite écossais ancien et accepté, dispose enfin d’une autorité régulière outre-Manche, qui fera du grade de Rose-Croix l’un des ordres complémentaires les plus pratiqués du monde anglophone.

Date : 26 octobre 1845
Lieu : Londres, Royaume-Uni

Un rite né en Amérique

Fondation du Suprême Conseil pour l’Angleterre et le pays de Galles, 26 octobre 1845
Source : Wikimedia Commons – anonymous – Public domain

Le Rite écossais ancien et accepté s’organise à Charleston, en Caroline du Sud, où se constitue en 1801 le premier Suprême Conseil du monde, dit « Mère du monde ». Ses dirigeants s’appuient sur les Grandes Constitutions datées de 1786 et sur une échelle de trente-trois degrés héritée des hauts grades apparus en France au milieu du XVIIIe siècle. Un second Suprême Conseil, pour la Juridiction maçonnique du Nord des États-Unis, est installé en 1813. C’est lui qui, une génération plus tard, va essaimer en Angleterre.

Une Angleterre longtemps réticente

En Angleterre, la Grande Loge unie, née en 1813 de la réunion des Anciens et des Modernes, ne reconnaît officiellement que les trois grades symboliques et l’Arche royale. Les hauts grades y vivent en marge, souvent rattachés à d’autres corps. En 1819, le duc de Sussex, Grand Maître de la Grande Loge unie, reçoit pourtant des États-Unis une patente l’autorisant à former un Suprême Conseil en Angleterre ; le projet n’aboutit pas. Pendant près de trente ans, le Rite reste sans autorité nationale au Royaume-Uni.

La patente du 26 octobre 1845

La situation change en 1845. Le 26 octobre, le Suprême Conseil de la Juridiction maçonnique du Nord délivre une patente au docteur Robert Thomas Crucefix pour établir un Suprême Conseil du 33e degré pour l’Angleterre et le pays de Galles. Selon les historiques publiés par les chapitres anglais, il s’agit du onzième Suprême Conseil formé dans le cadre des Grandes Constitutions de 1786. Le nouveau corps étend bientôt sa juridiction à des districts et chapitres outre-mer, au rythme de l’expansion de l’Empire britannique.

Robert Thomas Crucefix, un médecin au cœur de la maçonnerie londonienne

Fondation du Suprême Conseil pour l’Angleterre et le pays de Galles, 26 octobre 1845
Source : Wikimedia Commons – J. Augustus Knapp – Public domain

Médecin établi à Londres, Robert Thomas Crucefix est l’un des maçons anglais les plus actifs de son temps, connu pour son engagement dans la presse maçonnique et dans les œuvres de bienfaisance de l’Ordre. Il est le destinataire de la patente américaine et le principal artisan de l’implantation du Rite en Angleterre. Sa démarche illustre l’intérêt d’une partie des maçons britanniques pour une maçonnerie de perfectionnement structurée, au-delà des grades symboliques.

Le Rose-Croix, cœur de la pratique anglaise

Le grade de Rose-Croix est attesté en Angleterre dès les années 1770 ; il fut longtemps conféré comme dernier grade des campements de chevaliers templiers. Après 1845, les chapitres Rose-Croix passent progressivement sous l’autorité du Suprême Conseil et prennent leur place actuelle de 18e degré du Rite. Les premiers chapitres patentés apparaissent rapidement : celui de Saint-Pierre et Saint-Paul à Bath reçoit son titre le 21 mars 1852. Dans le système anglais, les trois grades de la Grande Loge unie sont tenus pour équivalents aux trois premiers degrés ; le Suprême Conseil administre les trente degrés suivants, du 4e au 33e.

Portée et postérité

Le Suprême Conseil de Londres devient à son tour une puissance fondatrice : c’est lui qui autorise en 1874 la création du Suprême Conseil du Canada. Il participe ainsi à la diffusion mondiale du Rite, aujourd’hui représenté par des Suprêmes Conseils indépendants dans plus de soixante pays. Connu familièrement sous le nom de « Rose Croix », il fédère encore de nombreux chapitres en Angleterre, au pays de Galles et outre-mer, et demeure l’un des principaux ordres complémentaires de la maçonnerie anglaise.

Repères chronologiques

  • 1801 : fondation à Charleston du premier Suprême Conseil du Rite écossais ancien et accepté.
  • 1813 : création du Suprême Conseil de la Juridiction maçonnique du Nord des États-Unis ; naissance de la Grande Loge unie d’Angleterre.
  • 1819 : patente américaine accordée au duc de Sussex, restée sans effet.
  • 26 octobre 1845 : patente délivrée à Robert Thomas Crucefix ; naissance du Suprême Conseil pour l’Angleterre et le pays de Galles.
  • 21 mars 1852 : patente du chapitre Rose-Croix Saint-Pierre et Saint-Paul à Bath.
  • 1874 : le Suprême Conseil de Londres autorise la création du Suprême Conseil du Canada.
  • 1875 : convent international des Suprêmes Conseils à Lausanne.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Suprême Conseil, Rose-Croix, Grandes Constitutions du Rite écossais ancien et accepté, 1er mai 1786 (date historique), Hauts Grades Supérieurs au troisième degré.

Glossaire de la franc-maçonnerie

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles en relation avec ce sujet

Titre du document

DERNIERS ARTICLES