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En 1886, à Budapest, les deux obédiences qui se partageaient la franc-maçonnerie hongroise depuis sa renaissance, la Grande Loge de Saint-Jean, dite johannite, fondée en 1870, et le Grand Orient de Hongrie, fondé en 1871, s’unissent pour former la Grande Loge symbolique de Hongrie. Cette union ouvre l’âge d’or de la maçonnerie magyare : une centaine de loges et plus de dix mille membres, engagés dans la vie sociale et intellectuelle, jusqu’aux interdictions de 1919-1920 puis de 1950.
Date : 1886
Lieu : Budapest, Hongrie
Une maçonnerie longtemps interdite

La première loge du royaume de Hongrie apparaît en 1749 à Kronstadt (Brassó, aujourd’hui Brașov), en Transylvanie. Au XVIIIe siècle, les loges attirent l’aristocratie et les lettrés ; le réformateur de la langue Ferenc Kazinczy en est l’une des figures. Après l’exécution en 1795 d’Ignác Martinovics, chef d’une conspiration jacobine, l’empereur interdit les loges. La maçonnerie reste illégale jusqu’en 1868, la période qui suit la révolution de 1848-1849 étant particulièrement surveillée.
La renaissance après le Compromis
Le Compromis austro-hongrois de 1867 rend à la Hongrie une large autonomie et permet la reconstitution légale des loges en 1868. Deux courants s’organisent alors : une Grande Loge de Saint-Jean, pratiquant les trois grades symboliques, en 1870, et un Grand Orient de Hongrie, de tradition écossaise, en 1871. Leur coexistence divise des forces encore modestes, dans un pays où la maçonnerie doit composer avec une opinion catholique souvent hostile.
L’union de 1886
En 1886, les deux obédiences fusionnent sous le nom de Grande Loge symbolique de Hongrie (Magyarországi Symbolikus Nagypáholy). Le premier Grand Maître de l’obédience unifiée est, selon les sources consultées, Ferenc Pulszky, archéologue, homme politique et ancien exilé de 1849. Le jour exact de l’union n’a pu être précisé à partir des sources accessibles.
L’âge d’or de 1886 à 1919

Pendant un tiers de siècle, la maçonnerie hongroise connaît une expansion remarquable : près de cent loges et environ dix à onze mille membres. Ses frères s’engagent dans la protection de l’enfance, les asiles pour sans-abri, les soupes populaires et les réformes sociales. Les loges s’ouvrent largement aux Juifs, à une époque où bien des obédiences européennes restaient fermées. En 1896, l’obédience se dote d’un siège à l’angle des rues Vörösmarty et Podmaniczky à Budapest.
Persécutions et renaissances
Après la Première Guerre mondiale et les pertes territoriales du traité de Trianon, la maçonnerie devient un bouc émissaire des milieux nationalistes et antisémites. Les loges sont interdites en 1919-1920. Brièvement rétablies entre 1945 et 1950, elles sont de nouveau proscrites par le régime communiste. La franc-maçonnerie hongroise renaît en 1989, à la chute du communisme.
Postérité et mémoire
L’ancien siège de la rue Vörösmarty, construit en 1896, a été transformé en hôtel de luxe, le Mystery Hotel Budapest, qui met en scène ce passé maçonnique dans son décor. La période ouverte en 1886 reste, pour les maçons hongrois d’aujourd’hui, la référence d’une maçonnerie influente et engagée, contrastant avec un XXe siècle d’interdictions.
Repères chronologiques
- 1749 : première loge du royaume à Kronstadt (Brașov).
- 1795 : interdiction des loges après l’affaire Martinovics.
- 1868 : rétablissement légal de la maçonnerie en Hongrie.
- 1870 : fondation de la Grande Loge de Saint-Jean ; 1871 : Grand Orient de Hongrie.
- 1886 : union dans la Grande Loge symbolique de Hongrie.
- 1896 : construction du siège de la rue Vörösmarty à Budapest.
- 1919-1920 : interdiction des loges ; 1950 : nouvelle interdiction ; 1989 : renaissance.
Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.
Voir aussi dans le glossaire : Grande Loge, Grand Orient, Élection de Carl Fredrik Scheffer comme Grand Maître national de Suède, 1753 (date historique).

