Élection d’Irénée Bonnafous comme orateur de La Parfaite Union de Montauban, 1902 (date historique)

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Glossaire de la franc-maçonnerie

En 1902, à Montauban, le journaliste Irénée Bonnafous est élu orateur de la loge La Parfaite Union, fondée en 1787, avant d’en devenir le vénérable. Directeur local de La Dépêche de Toulouse et dirigeant radical-socialiste, il fera une longue carrière maçonnique, jusqu’au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France. Pendant la guerre d’Espagne puis sous l’Occupation, il aide les républicains espagnols et organise un réseau de renseignement. Son parcours résume celui d’une génération de maçons radicaux du Sud-Ouest, de la République triomphante à la Résistance.

Date : 1902
Lieu : Montauban, Tarn-et-Garonne, France

Le contexte : une loge ancienne dans une ville républicaine

Élection d’Irénée Bonnafous comme orateur de La Parfaite Union de Montauban, 1902
Source : Wikimedia Commons – Krzysztof Golik – CC BY-SA 4.0

La loge La Parfaite Union de Montauban est fondée en 1787, à la veille de la Révolution. Un siècle plus tard, elle travaille sous les auspices du Grand Orient de France, dans un Sud-Ouest où le radicalisme domine la vie politique et où La Dépêche de Toulouse exerce une influence considérable. L’année 1902 est celle de la victoire du Bloc des gauches et de l’affrontement entre la République et les congrégations.

L’événement : l’orateur de 1902

En 1902, Irénée Bonnafous est élu orateur de La Parfaite Union, puis vénérable de la loge, selon sa notice encyclopédique, qui s’appuie notamment sur les travaux de l’historien Max Lagarrigue et sur les archives départementales de Tarn-et-Garonne. Dans une loge, l’orateur est le gardien de la loi maçonnique : il veille au respect des règlements et conclut les débats. C’est une fonction de confiance, souvent confiée à un frère doué pour la parole et le droit, ce que le journaliste Bonnafous est assurément.

Irénée Bonnafous, journaliste radical

Né le 8 avril 1865 à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse (Aude), Irénée Bonnafous s’engage dans l’armée en 1886 et sert en Algérie jusqu’en 1890. Il devient secrétaire de rédaction de L’Avenir de l’Aude, puis arrive en 1895 à Montauban pour diriger l’édition locale de La Dépêche de Toulouse : un remplacement provisoire qui dure cinquante-deux ans. Il dirige aussi L’Indépendant du Tarn-et-Garonne, publié jusqu’en juillet 1940, et devient un dirigeant régional du Parti radical-socialiste fondé en 1901.

Une carrière maçonnique de premier plan

Élection d’Irénée Bonnafous comme orateur de La Parfaite Union de Montauban, 1902
Source : Wikimedia Commons – Didier Descouens – CC BY-SA 4.0

Après 1902, Bonnafous gravit les degrés : la loge fonde un chapitre en 1906 et il reçoit en mai 1907 le grade de chevalier Kadosch. En septembre 1911, il est élu au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France, où il siège jusqu’en 1918, puis à nouveau de 1920 à 1923. Il appartient ainsi à la direction nationale de l’obédience dans les années de la Grande Guerre.

Des républicains espagnols à la Résistance

En 1937, Bonnafous soutient les républicains espagnols. Lorsque des maçons espagnols sont internés en 1939 au camp de Septfonds, près de Montauban, il contribue à faire évader certains d’entre eux. Après la loi du 13 août 1940 qui interdit les associations maçonniques, La Parfaite Union est mise sous scellés. Âgé de 76 ans, il organise un réseau de renseignement, cofonde en mai 1941 les Jacobins montalbanais et renseigne l’Armée secrète puis les FFI. Arrêté par la Gestapo le 9 juin 1944, il est relâché le lendemain.

Postérité

Après la Libération, L’Indépendant est dissous et Bonnafous lance aussitôt Le Démocrate. Il meurt à Montauban le 16 janvier 1947. Son parcours, étudié par l’association Mémoire résiste dans un ouvrage sur l’antimaçonnisme et la résistance dans le Midi toulousain, illustre le lien entre maçonnerie radicale et engagement résistant.

Repères chronologiques

  • 1787 : fondation de la loge La Parfaite Union à Montauban.
  • 8 avril 1865 : naissance d’Irénée Bonnafous.
  • 1895 : Bonnafous dirige La Dépêche à Montauban.
  • 1902 : élection comme orateur, puis vénérable, de La Parfaite Union.
  • Septembre 1911 : élection au Conseil de l’Ordre du Grand Orient de France.
  • 13 août 1940 : loi interdisant les associations maçonniques.
  • 16 janvier 1947 : mort d’Irénée Bonnafous à Montauban.

Pour aller plus loin : l’article Wikipédia de référence.

Voir aussi dans le glossaire : Élection de Portalis comme orateur de la loge L’Amitié d’Aix-en-Provence, 1784 (date historique), Sautoir de Vénérable Maître, Lalande, Helvétius et les débuts de la réforme du Grand Orient de France, 1771 (date historique), Irénée Bonnafous (Personnalité).

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