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Dans le 11e arrondissement de Marseille, le château Saint-Antoine est une grande bastide de 1792 inspirée des palais italiens, que Marcel Pagnol a évoquée dans Le Château de ma mère. Laissé à l’abandon pendant des décennies, il a été racheté et restauré par la Grande Loge de France, qui l’a doté d’une extension contemporaine en forme de pyramide tronquée abritant un temple de 400 places. Inauguré en juin 2018, il est devenu la maison des loges marseillaises de l’obédience.
Lieu : Montée Commandant-de-Robien, 13011 Marseille, France
Construction : 1792 (bastide) ; 2016-2018 (restauration et extension)
Architecte : Jean-Pascal Clément (réhabilitation et extension)
D’une bastide provençale au château de Pagnol

En 1762, l’avocat Joseph Isoard acquiert le domaine de La Miniarde, à l’est de La Barasse. Son héritier Jean-Baptiste Isoard y fait bâtir en 1792 le corps central de la demeure actuelle, une bastide inspirée des palais italiens, d’abord appelée La Rousse. Le domaine change ensuite plusieurs fois de mains au XIXe siècle.
En 1907, le comte Guy de Robien acquiert la propriété, lui ajoute deux ailes et la rebaptise château Saint-Antoine ; il est tué au front en janvier 1915. Marcel Pagnol évoque le lieu dans Le Château de ma mère (1957), ce qui lui vaut une notoriété durable auprès des Marseillais. Au XXe siècle, le domaine passe à une famille d’industriels, puis, en 1940, à l’usine électrochimique de La Barasse, qui l’affecte notamment au logement de son personnel.
Abandon et sauvetage
Après la fermeture des usines, le château devient propriété publique. Inoccupé, il sert un temps de terrain d’entraînement au GIGN, puis subit pillages et dégradations ; une partie de la toiture s’effondre en 2008-2009. Une association se mobilise pour le sauver, sans que le bâtiment bénéficie d’une protection au titre des monuments historiques.
En 2016, la Grande Loge de France, dont les loges marseillaises se trouvaient à l’étroit dans leurs locaux, propose de racheter le domaine. La première pierre d’un projet évalué à 7 millions d’euros est posée en novembre 2016 et l’acquisition auprès de la Soleam, société publique d’aménagement de la métropole, est conclue en 2017. Le château est inauguré le 2 juin 2018 en présence du Grand Maître Philippe Charuel et du maire Jean-Claude Gaudin.
Architecture : tradition et modernité
La réhabilitation, conduite par l’architecte Jean-Pascal Clément, développe plus de 2 000 m² de surfaces utiles sur un parc d’environ 13 000 m². Bien que non protégé, le château a vu sa façade italienne restituée à l’identique : balustres, corniches et armoiries ont été refondus à partir de moulages des rares pièces d’origine conservées, puis l’enduit recouvert de badigeons à la chaux.
À côté de la bastide se dresse une extension contemporaine en béton noir, une pyramide tronquée en porte-à-faux d’une dizaine de mètres, habillée d’environ 700 m² de panneaux de ciment teinté posés en quinconce à 45 degrés. Ce volume fermé et oblique, qui contraste avec la façade ouverte et rectiligne du château, abrite le grand temple de 400 places.
Les loges et la vie du lieu
Le site compte neuf temples : le grand temple, sept temples de 70 à 100 places et un « temple aux étoiles ». Il accueille environ 70 loges de la Grande Loge de France. Le château abrite aussi un espace muséal, un restaurant ouvert au public sur réservation et le Comptoir du livre, bibliothèque de prêt et librairie spécialisée dans la franc-maçonnerie. Des visites guidées et conférences y sont organisées, notamment avec l’association Marseille Autrement, et le parc accueille chaque été depuis 2021 le festival Les Heures bleues.
Repères
- Construction du corps central : 1792 ; ailes ajoutées après 1907
- Style : bastide inspirée des palais italiens ; extension contemporaine en pyramide tronquée
- Architecte de la réhabilitation : Jean-Pascal Clément
- Adresse : montée Commandant-de-Robien, Marseille 11e
- Obédience : Grande Loge de France
- Inauguration : 2 juin 2018
- Équipements : neuf temples dont un grand temple de 400 places, restaurant, librairie-bibliothèque
- Protection : aucune protection au titre des monuments historiques
Le saviez-vous ?
Avant son rachat par la Grande Loge de France, le château abandonné a servi de lieu d’entraînement au GIGN : ses murs ont accueilli les exercices d’une unité d’élite de la gendarmerie avant d’abriter les tenues des loges.
Voir aussi dans le glossaire : Temple, Loge Mère, Grand Maître.
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