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Grande Loge nationale française

Histoire

La Grande Loge nationale française (GLNF) est constituée le 5 octobre 1913 par Édouard de Ribaucourt, qui avait relancé en 1911 la loge « Le Centre des amis » et refusait les évolutions doctrinales du Grand Orient de France issues de 1877. La Grande Loge unie d'Angleterre annonce la reconnaissance de la GLNF le 3 décembre 1913 ; la loge « L'Anglaise 204 » de Bordeaux la rejoint le 4 décembre 1913. L'obédience exige de ses membres la croyance en « un Dieu unique et révélé » et rejette explicitement le déisme, qu'elle accuse de générer « relativisme, syncrétisme, indifférence et agnosticisme ».

Son effectif passe de moins de 4 000 membres à la fin des années 1960 à 6 000 au début des années 1970, puis à 35 000 en 2000 et 44 000 en 2011. Une crise institutionnelle majeure éclate entre 2010 et 2012 : François Stifani, grand maître, prolonge unilatéralement la durée du mandat de trois à cinq ans et est critiqué pour des acquisitions immobilières et des communications externes jugées inappropriées. En mai 2011, cinq grandes loges régulières européennes suspendent leurs relations ; le 19 juillet 2011, la Grande Loge unie d'Angleterre suspend la reconnaissance, puis la retire le 12 septembre 2012.

La crise provoque le départ massif de membres, 26 200 inscrits en mars 2013, et la création de la Grande Loge de l'Alliance maçonnique française. La reconnaissance de la Grande Loge unie d'Angleterre est rétablie le 11 juin 2014. L'obédience pratique six rites fondamentaux : le Rite écossais rectifié, le Rite Émulation, le Rite écossais ancien et accepté, le Rite français, le Rite d'York et le Rite standard d'Écosse.

Son grand maître depuis 2024 est Yves Pennes.

Fondation et schismes

La GLNF naît du refus d'Édouard de Ribaucourt d'accepter le tournant adogmatique pris par le Grand Orient de France en 1877, lorsque celui-ci a retiré l'obligation de croire au Grand Architecte de l'Univers. Ribaucourt relance d'abord en 1911 la loge « Le Centre des amis », puis fonde formellement la nouvelle obédience le 5 octobre 1913, avec l'objectif explicite de retrouver les usages anglo-saxons jugés conformes aux Anciens Devoirs. La reconnaissance par la Grande Loge unie d'Angleterre, annoncée le 3 décembre 1913, ancre dès l'origine la GLNF dans la mouvance dite régulière, et la loge bordelaise « L'Anglaise 204 » la rejoint le lendemain.

La principale scission de son histoire récente découle de la crise interne de 2010-2012 autour du grand maître François Stifani : le départ massif de membres qui en résulte aboutit à la création, en 2012, de la Grande Loge de l'Alliance maçonnique française. Cette rupture fait chuter les effectifs de 44 000 membres en 2011 à environ 26 200 inscrits en mars 2013.

Positions doctrinales

La GLNF se définit comme une obédience régulière au sens des principes hérités de la Grande Loge unie d'Angleterre, ce qui implique l'invocation obligatoire du Grand Architecte de l'Univers lors de ses tenues. Elle exige de chaque candidat la croyance en « un Dieu unique et révélé » et rejette explicitement le déisme, qu'elle accuse de produire « relativisme, syncrétisme, indifférence et agnosticisme ». Les travaux se déroulent en présence du Volume de la Loi sacrée ouvert, et les débats politiques comme religieux sont interdits en loge. L'obédience est statutairement et exclusivement masculine, conformément aux critères de régularité anglo-saxons qu'elle revendique.

Rites pratiqués

La GLNF est multirituelle et pratique six rites principaux : le Rite écossais rectifié, le Rite Émulation, le Rite écossais ancien et accepté, le Rite français, le Rite d'York et le Rite standard d'Écosse. Cette pluralité rituelle est revendiquée comme un trait distinctif au sein de la maçonnerie française régulière, chaque loge choisissant le rite selon lequel elle souhaite travailler.

Relations internationales

La GLNF est historiquement la seule obédience française reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre, reconnaissance acquise dès le 3 décembre 1913. Cette reconnaissance a été suspendue le 19 juillet 2011, puis retirée le 12 septembre 2012 à la suite de la crise Stifani, avant d'être rétablie le 11 juin 2014. Cinq grandes loges régulières européennes (Allemagne, Autriche, Belgique, Luxembourg, Suisse) avaient également suspendu leurs relations en mai 2011 puis retiré leur reconnaissance le 10 juin 2012, avant de la restaurer au plus tard le 6 juin 2015. La GLNF est par ailleurs « loge mère » d'obédiences régulières de plusieurs pays d'Afrique francophone qu'elle a contribué à constituer.

Controverses notables

La controverse la plus marquante est la crise institutionnelle de 2010-2012 : le grand maître François Stifani est accusé d'avoir prolongé unilatéralement la durée de son mandat de trois à cinq ans, d'avoir engagé des acquisitions immobilières contestées et tenu des propos publics jugés inappropriés. Cette crise se solde par la perte de la reconnaissance de la Grande Loge unie d'Angleterre, par le départ de milliers de membres et par la naissance d'une obédience concurrente, la Grande Loge de l'Alliance maçonnique française. Dans les années 1990, plusieurs membres de la GLNF avaient déjà été cités dans des affaires judiciaires relatives aux HLM, à la DCN de Toulon et au tribunal de Nice. En 2000, un membre est mis en cause pour avoir effectué des consultations de fichiers judiciaires concernant des candidats à l'initiation.

Questions fréquentes

La GLNF est-elle mixte ? Non, elle est statutairement et exclusivement masculine.

Quelle est sa position sur la régularité ? Elle se revendique régulière au sens anglo-saxon et est reconnue par la Grande Loge unie d'Angleterre depuis le 3 décembre 1913, reconnaissance rétablie le 11 juin 2014 après la crise de 2012.

Quels rites y sont pratiqués ? Six rites coexistent : Rite écossais rectifié, Rite Émulation, Rite écossais ancien et accepté, Rite français, Rite d'York et Rite standard d'Écosse.

Faut-il croire en Dieu pour y entrer ? Oui, la GLNF exige la croyance en un Dieu unique et révélé et rejette explicitement le déisme.

Qui dirige actuellement l'obédience ? Yves Pennes en est le grand maître depuis 2024.