Grand Orient de France
Histoire
Le Grand Orient de France (GODF) naît en 1773 d'une profonde transformation de la première Grande Loge de France, fondée le 24 juin 1738 [1]. L'assemblée générale du 24 mai 1773 adopte les nouveaux statuts et décide de créer cette obédience, qui est solennellement installée le 22 octobre 1773 sous la grande maîtrise de Louis-Philippe d'Orléans [1]. La transformation est précipitée par la mort du prince de Condé le 16 juin 1771 et conduite par Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg [1].
Une Grande Loge rivale, dite « de Clermont », demeure active jusqu'à un concordat d'intégration signé le 10 juin 1799 [1]. En 1789, l'obédience compte 629 loges en activité, dont 63 à Paris [1]. La rupture doctrinale décisive intervient en 1877 : sur l'initiative du pasteur protestant Frédéric Desmons, le GODF supprime l'obligation théorique de croire en Dieu et retire de sa constitution la phrase « La Franc-maçonnerie a pour principe l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme » [1].
Cette décision est la cause principale du schisme dit de la « régularité maçonnique » et la racine de la rupture avec la Grande Loge unie d'Angleterre [1]. Le GODF se présente aujourd'hui comme « la première obédience maçonnique en France » et « la plus ancienne obédience maçonnique française » [2].
Fondation et schismes
Le Grand Orient de France est issu de la transformation de la première Grande Loge de France fondée le 24 juin 1738, processus déclenché par la mort du prince de Condé le 16 juin 1771 et piloté par Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg [1]. L'assemblée générale du 24 mai 1773 valide les nouveaux statuts et l'obédience est installée le 22 octobre 1773 sous la grande maîtrise de Louis-Philippe d'Orléans [1]. Une Grande Loge concurrente, dite de Clermont, subsiste jusqu'au concordat d'intégration du 10 juin 1799 qui clôt cette première fracture [1].
La rupture la plus structurante est la décision de 1877 : sur l'initiative du pasteur protestant Frédéric Desmons, le GODF supprime de sa constitution la mention de l'existence de Dieu et de l'immortalité de l'âme, ce qui déclenche le schisme dit de la régularité maçonnique [1]. Cette décision provoque la rupture durable avec la Grande Loge unie d'Angleterre et toute la maçonnerie dite régulière [1].
Positions doctrinales
Depuis 1877, le GODF n'impose plus la croyance en Dieu ni l'immortalité de l'âme à ses membres, l'invocation du Grand Architecte de l'Univers étant devenue facultative selon les loges [1]. L'obédience se réclame de la liberté absolue de conscience et défend explicitement l'idéal républicain, la démocratie, la laïcité, la solidarité et la dignité humaine [2]. Elle inscrit son action dans le perfectionnement matériel, moral, intellectuel et social de l'humanité [2]. La question de l'admission des femmes a évolué à partir de 2010, lorsque l'obédience a autorisé l'initiation de femmes par ses loges sans pour autant adopter une mixité formelle généralisée.
Rites pratiqués
Le Grand Orient de France est une obédience multi-rituelle dont le rite majoritaire est le Rite français, hérité de sa tradition fondatrice [1]. Y sont également pratiqués le Rite écossais ancien et accepté, le Rite écossais rectifié et les rites égyptiens de la famille Memphis-Misraïm [2]. Cette diversité rituelle distingue le GODF des obédiences mono-rituelles et reflète son histoire d'agrégation de traditions maçonniques continentales [1].
Relations internationales
Le Grand Orient de France n'est pas reconnu par la Grande Loge unie d'Angleterre depuis la rupture doctrinale de 1877, ce qui le place hors du périmètre dit de la régularité anglo-saxonne [1]. Il a été cofondateur en 1961, avec le Grand Orient de Belgique, du Centre de liaison et d'information des puissances maçonniques signataires de l'appel de Strasbourg (CLIPSAS), structure de coopération de la maçonnerie libérale [3]. Le GODF a quitté le CLIPSAS en 2019, après une première sortie entre 1996 et 2010, à l'issue d'un vote en convent [3]. L'obédience maintient par ailleurs des loges et des relations sur plusieurs continents, dans la sphère de la franc-maçonnerie dite continentale ou libérale.
Controverses notables
L'affaire des fiches, au début du XXe siècle, reste la controverse historique la plus citée : le GODF est alors accusé d'avoir contribué à un système de fichage des officiers de l'armée française sur la base d'informations religieuses et politiques en vue de leur avancement. La décision de 1877 supprimant l'obligation de croire en Dieu demeure également une controverse doctrinale structurante, à l'origine de la rupture persistante avec la Grande Loge unie d'Angleterre et les obédiences dites régulières [1].
Questions fréquentes
Le Grand Orient de France est-il mixte ? Depuis 2010, l'obédience autorise l'initiation de femmes par ses loges, sans pour autant avoir adopté une mixité formelle généralisée à l'ensemble de la structure.
Le GODF est-il reconnu comme régulier par la Grande Loge unie d'Angleterre ? Non : la suppression en 1877 de l'obligation de croire en Dieu et en l'immortalité de l'âme a entraîné une rupture durable avec la maçonnerie dite régulière [1].
Quel est le rite principal pratiqué au GODF ? Le Rite français est le rite majoritaire de l'obédience, qui pratique également le Rite écossais ancien et accepté, le Rite écossais rectifié et les rites égyptiens [1][2].
Le GODF est-il toujours membre du CLIPSAS ? Non : après en avoir été cofondateur en 1961, l'obédience a quitté le CLIPSAS en 2019 à l'issue d'un vote de son convent [3].
Faut-il croire en Dieu pour rejoindre le Grand Orient de France ? Non : depuis 1877, la croyance en Dieu et l'immortalité de l'âme ne sont plus exigées, l'obédience invoquant la liberté absolue de conscience [1][2].