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Grand Prieuré des Gaules

Histoire

Le Grand Prieuré des Gaules (GPDG) est fondé le 23 mars 1935 par Camille Savoire sous le nom de Grand Directoire des Gaules. La structure dort pendant la Seconde Guerre mondiale et reprend ses activités en 1947 avec 42 membres. De 1958 à 2000, le GPDG fonctionne comme juridiction des hauts grades du Rite Écossais Rectifié pour la Grande Loge Nationale Française.

À partir de 1992, l'obédience intègre d'autres rites et ordres chrétiens, élargissant son périmètre rituel. La constitution de 2006 confirme l'orientation chrétienne de l'ordre. Le GPDG connaît plusieurs schismes liés à des différends doctrinaux, notamment en 1965 et en 2013.

Gilles Ducret occupe la fonction de Grand Prieur depuis 2022. Le site officiel de l'obédience est gpdg.org [1].

Fondation et schismes

Camille Savoire fonde le Grand Directoire des Gaules le 23 mars 1935, avec Édouard de Ribaucourt parmi les premiers compagnons de route, pour relancer en France le Rite Écossais Rectifié dormant depuis les années 1830. La charte d'origine est délivrée par le Grand Prieuré indépendant d'Helvétie, basé à Genève, qui assure ainsi la filiation rectifiée helvétique. La loge mère Centre des amis, réactivée dès 1911, est rejointe en 1938 par La Franchise, et l'obédience compte 42 membres lors de la reprise de 1947.

Un premier schisme survient le 30 décembre 1965 lorsque René Rurcard fonde le Grand Prieuré indépendant des Gaules après un différend sur l'accès au quatrième grade. Une crise interne en 1983 oppose Jean Granger à Daniel Fontaine, ce dernier l'emportant sur une ligne chrétienne plus conservatrice. En 2013, douze dignitaires quittent l'obédience et créent le Directoire National Rectifié de France, en désaccord avec la lecture willermozienne et la cléricalisation perçue de la structure[2].

Positions doctrinales

Le Grand Prieuré des Gaules affirme avoir pour fondement la Foi en Dieu et demande à ses membres de professer la religion chrétienne, qualifiés de Chevaliers du Christ dans les grades chevaleresques [1]. La constitution adoptée en 2006 a confirmé cette orientation chrétienne explicite, rompant avec la spiritualité plus ouverte voulue par Savoire en 1935. La prestation de serment se fait sur l'Évangile de Jean, marqueur rituel de cette inflexion confessionnelle. L'obédience est masculine et ne pratique pas la mixité [3]. Sur le plan de la régularité, le GPDG revendique l'authenticité de ses rites issus du convent de Wilhelmsbad de 1782, mais n'est pas reconnu par la Grande Loge Unie d'Angleterre comme obédience régulière au sens anglo-saxon.

Rites pratiqués

Le Rite Écossais Rectifié constitue le rite central et identitaire du Grand Prieuré des Gaules, présenté comme transmis tel qu'il fut codifié à Lyon en 1778 par Jean-Baptiste Willermoz [1]. À partir de 1992, l'obédience a élargi son périmètre rituel à d'autres traditions et ordres chrétiens. Sont ainsi pratiqués le Rite Écossais Standard, le Rite Français, la Maçonnerie de Marque et l'Arche Royale. Le GPDG administre également des Ordres de Sagesse et, depuis 1992, l'Ordre maçonnique et militaire du Temple et de Saint-Jean de Jérusalem, transmis par le Grand Prieuré d'Angleterre[4].

Relations internationales

Le Grand Prieuré des Gaules entretient des relations privilégiées avec le Grand Prieuré indépendant d'Helvétie, qui lui a accordé sa charte fondatrice en 1935. De 1958 à 2000, il a fonctionné en convention avec la Grande Loge Nationale Française pour l'administration des hauts grades du Rite Écossais Rectifié, convention rompue en 2000. En 1986 et 1987, le GPDG a contribué à la création du Grand Prieuré de Belgique et à l'implantation d'une préfecture rectifiée en Italie [4]. Depuis 2000, il est considéré comme appartenant à la mouvance des obédiences libérales et adogmatiques par certains observateurs, bien que sa propre identité chrétienne nuance ce classement [4]. Le GPDG n'est pas reconnu par la Grande Loge Unie d'Angleterre comme obédience régulière.

Controverses notables

La rupture de 2000 avec la Grande Loge Nationale Française a été motivée, selon les critiques, par une dérive vers un christianisme militant jugé incompatible avec le pluralisme spirituel des origines de 1935. La création d'une Grande Aumônerie après la constitution de 2006 a été qualifiée d'aberration organisationnelle par plusieurs voix internes et externes, qui y voient une cléricalisation contraire à l'esprit maçonnique[2]. Daniel Fontaine, ancien Grand Maître, a été mis en cause publiquement pour son appartenance à une Église non reconnue et pour des généalogies contestées d'un Collège des Profès se réclamant de l'orthodoxie russe [2]. La scission de 2013 a cristallisé ces tensions, les fondateurs du Directoire National Rectifié de France reprochant à la direction du GPDG d'avoir transformé la franc-maçonnerie en territoire missionnaire [2].

Questions fréquentes

Le GPDG est-il mixte ? Non, le Grand Prieuré des Gaules est une obédience exclusivement masculine [3].

Quel rite est pratiqué ? Le rite central est le Rite Écossais Rectifié tel que codifié à Lyon en 1778, complété depuis 1992 par d'autres rites et ordres chrétiens[1].

Faut-il être chrétien pour y entrer ? Oui, les membres doivent professer la religion chrétienne et prêter serment sur l'Évangile de Jean depuis la constitution de 2006[1].

Combien de loges compte le GPDG ? L'obédience revendique une cinquantaine de loges, avec des effectifs estimés entre 500 et 1000 membres selon les sources [3][contesté : 500 vs 1000]

Le GPDG est-il reconnu par la Grande Loge Unie d'Angleterre ? Non, il n'est pas inscrit sur la liste des obédiences régulières reconnues par la GLUA.

Sources

  1. Grand Prieuré des Gaules - site officiel consulté le 2026-06-03
  2. La scission du Grand Prieuré des Gaules expliquée, La Maçonne consulté le 2026-06-05
  3. Grand Prieuré des Gaules, Les Obédiences Maçonniques Françaises consulté le 2026-06-05
  4. Grand Prieuré des Gaules, Ma Franc-maçonnerie consulté le 2026-06-05