Grande Loge d'Uruguay
Histoire
La Grande Loge de la maçonnerie d'Uruguay trouve son origine dans le Suprême Conseil et Grand Orient de Montevideo, formellement établi le 21 novembre 1854. Le 24 juin 1855, le Grand Orient du Brésil lui accorde une patente, formalisant son existence comme obédience. Elle devient une puissance maçonnique autonome le 17 juillet 1856.
Elle prend par la suite la dénomination de Grande Loge de la maçonnerie de l'Uruguay, sous laquelle on la connaît aujourd'hui. Le Palais maçonnique, situé Mario Cassinoni 1481 à Montevideo, a été acquis en 1915 puis réaménagé par l'architecte Julio Vilamajó, et classé Monument historique national en février 2020. Giuseppe Garibaldi est initié à la franc-maçonnerie uruguayenne en 1844, et le président Tabaré Vázquez y est reçu au grade de Maître.
L'obédience est structurée autour de deux corps, la Grande Loge proprement dite et le Suprême Conseil du 33e degré du Rite écossais ancien et accepté.
Fondation et schismes
Le noyau fondateur est le Suprême Conseil et Grand Orient de Montevideo, premier foyer écossais du Río de la Plata, érigé le 21 novembre 1854. La patente brésilienne du 24 juin 1855 et l'autonomie reconnue le 17 juillet 1856 marquent l'entrée de l'obédience dans le concert maçonnique régulier.
Le paysage uruguayen s'est ensuite fragmenté autour du noyau historique : un Grand Orient d'Uruguay distinct apparaît en 1990, une loge sous patente de la Grande Loge Unie d'Angleterre (Silver River) cohabite à Montevideo, et plusieurs obédiences mixtes ou féminines se sont installées à partir des années 1990, dont la Grande Loge féminine d'Uruguay constituée le 3 mai 2007 par patente de la Grande Loge féminine du Chili. La Grande Loge de la maçonnerie d'Uruguay reste toutefois la structure mère et la plus ancienne, sans scission majeure documentée en son propre sein.
Positions doctrinales
L'obédience se définit dans ses statuts civils comme essentiellement philanthropique et progressiste, fondée sur la tolérance mutuelle, le libre examen et l'absolue liberté de conscience, et déclare rejeter toute affirmation dogmatique [1]. Sa Charte magna maçonnique reconnaît néanmoins l'existence d'un principe créateur supérieur, idéal et unique appelé Grand Architecte de l'Univers, dont l'interprétation est laissée libre à chaque maçon [2]. Le Volume de la Loi sacrée, identifié à la Bible, figure parmi les Trois Grandes Lumières depuis la loi 301 de 1994, après son rétablissement obligatoire en loge par la loi 2/71 du 19 février 1971 [2]. La question féminine n'est pas traitée dans les statuts civils consultés, mais l'obédience pratique une maçonnerie masculine, les femmes uruguayennes ayant dû passer par des obédiences mixtes puis fonder leur propre Grande Loge féminine en 2007 [1].
Rites pratiqués
L'obédience travaille exclusivement au Rite écossais ancien et accepté, structuré en 33 degrés. Les degrés symboliques (apprenti, compagnon, maître) sont administrés par la Grande Loge, tandis que les hauts grades relèvent du Suprême Conseil du 33e et dernier degré[1].
Relations internationales
L'obédience est l'une des fondatrices de la Confédération maçonnique interaméricaine, constituée à Montevideo le 14 avril 1947, et siège dans la Zone VI aux côtés des grandes loges du Cône Sud et ibériques [3]. La Grande Loge Unie d'Angleterre lui a retiré sa reconnaissance le 6 avril 1950, à la suite de la conférence interaméricaine de 1947 et de la définition du Grand Architecte comme principe idéal supérieur jugée incompatible avec les Basic Principles de 1929 [2]. La régularité a été rétablie en 1990 après plus d'une décennie de négociations engagées en 1979, sur la base des principes révisés en 1989 [2]. La plupart des grandes loges latino-américaines ont en revanche maintenu leur reconnaissance pendant toute la période d'irrégularité [2].
Controverses notables
La rupture de reconnaissance prononcée par la Grande Loge Unie d'Angleterre le 6 avril 1950, motivée par le caractère facultatif de la Bible et par une définition jugée trop philosophique du Grand Architecte, constitue la principale controverse historique de l'obédience [2]. Le 31 mars 2025, la fuite revendiquée par le groupe LaPampaLeaks a exposé plus de 13 Go de documents internes, dont des listes de membres, des enregistrements de visioconférences, des règlements et des données personnelles sensibles [4]. La Grande Loge a écarté l'hypothèse d'un piratage de son site et attribué la fuite à l'accès légitime d'un de ses membres, choisissant de traiter le dossier par un tribunal interne plutôt que par une plainte pénale [5].
Questions fréquentes
L'obédience est-elle mixte ? Non, elle pratique une maçonnerie masculine, les femmes uruguayennes disposant depuis 2007 d'une Grande Loge féminine distincte.
Est-elle reconnue comme régulière ? Oui, elle a recouvré la reconnaissance de la Grande Loge Unie d'Angleterre en 1990 après l'avoir perdue en 1950 [2].
Quel rite est pratiqué ? Le Rite écossais ancien et accepté, en 33 degrés.
Faut-il croire en Dieu pour y entrer ? L'obédience exige la reconnaissance du Grand Architecte de l'Univers comme principe créateur supérieur, dont l'interprétation est laissée libre à chaque maçon [2].
À quelles instances internationales l'obédience appartient-elle ? Elle est membre fondatrice de la Confédération maçonnique interaméricaine depuis 1947 et siège dans sa Zone VI [3].
Sources
- Estatutos Civiles, Gran Logia de la Masonería del Uruguay
- La Regularidad Masónica, El proceso uruguayo (GADU.ORG)
- Confederación Masónica Interamericana
- Los secretos de la masonería en Uruguay quedan al descubierto por una megafiltración, RT
- La información filtrada provino del acceso legítimo de un hermano, El Observador