Grande Oriente del Paraguay
Histoire
La maçonnerie paraguayenne s'établit officiellement en 1869 après la chute d'Asunción aux mains des troupes de la Triple Alliance [1]. Le 18 juillet 1869, la Logia Fe est fondée sous les auspices du Grand Orient du Brésil, suivie le 18 septembre 1869 par la Logia Unión Paraguaya N°30 sous la Gran Logia Argentina [1]. Le 1er juin 1871, le Suprême Conseil du grade 33 pour la République du Paraguay du Rite Écossais Ancien et Accepté est établi, le docteur Juan Adrián Chaves devenant premier Souverain Grand Commandeur [1].
Le Serenísimo Gran Oriente del Paraguay est constitué le 4 août 1894, sa constitution étant sanctionnée le 30 juillet 1894 [1]. Le décret exécutif N°382 du 28 juin 1895, signé par le président Juan B. Egusquiza, lui accorde la personnalité juridique [1][2]. La Grande Loge Unie d'Angleterre reconnaît l'autonomie de la maçonnerie paraguayenne le 2 mars 1910, lui attribuant une antériorité remontant à 1869 [1].
Le 13 mai 1923, la Gran Logia Simbólica del Paraguay est installée pour gouverner les trois premiers degrés, succédant au Serenísimo Gran Oriente del Paraguay pour l'administration du symbolisme [1]. [contesté : current_status] Un schisme survenu dans les années 2000 a entraîné l'existence d'obédiences rivales se revendiquant chacune comme héritières légitimes [2]. [information manquante]
Fondation et schismes
Le Serenísimo Gran Oriente del Paraguay naît du travail conjoint des deux premières loges fondées à Asunción en 1869, la Logia Fe et la Logia Unión Paraguaya N°30, après que des ateliers clandestins comme la loge Pythagoras eurent préparé le terrain durant la guerre de la Triple Alliance [1]. Sa constitution est sanctionnée le 30 juillet 1894, puis le décret exécutif N°382 du 28 juin 1895 du président Juan B. Egusquiza lui confère la personnalité juridique [1][2]. En 1923, la Gran Logia Simbólica del Paraguay est installée pour gouverner les trois premiers degrés, le Suprême Conseil du grade 33 conservant l'administration des hauts grades du Rite Écossais Ancien et Accepté [1].
Un premier choc affecte l'institution en 1996, qualifié de « grave schisme » par la presse paraguayenne et imputé à des « intérêts profanes » que l'obédience n'a pas réussi à pleinement cicatriser [2]. Une seconde rupture, en 2005-2006, oppose la Gran Logia Simbólica del Paraguay au Suprême Conseil du REAA après la suspension du Grand Maître en exercice, ce qui aboutit à la coexistence de deux entités homonymes basées à Asunción [3][4]. La structure issue du schisme, dont Euclides Acevedo fut le premier Grand Maître, se présente comme la continuatrice de la lignée historique et a été reconduite sous José Miguel Fernández Zacur pour la mandature 2022-2026 [3].
Positions doctrinales
L'obédience exige de ses membres la croyance en un Être Supérieur, condition qu'elle range parmi les standards de la maçonnerie régulière [5]. Elle réserve l'initiation aux « hommes libres et de bonnes mœurs » âgés d'au moins 25 ans, sans mention d'admission féminine dans sa documentation publique [6]. Elle se définit comme une institution non confessionnelle qui ne fait partie d'aucune religion et laisse à chaque frère « une liberté absolue » dans la pratique de sa foi [6]. Elle revendique le statut de « maçonnerie paraguayenne régulière » et fonde cette régularité sur la reconnaissance par la Grande Loge Unie d'Angleterre du 2 mars 1910, confirmée par une nouvelle reconnaissance en 2013 pour la structure issue du schisme [1][4][5]. Aucune source consultée ne documente une position formelle sur la laïcité civile paraguayenne. [information manquante]
Rites pratiqués
Le Rite Écossais Ancien et Accepté constitue le rite historique de la maçonnerie paraguayenne, structuré dès le 1er juin 1871 par l'établissement du Suprême Conseil du grade 33 pour la République du Paraguay sous l'impulsion du docteur Juan Adrián Chaves [1]. La Gran Logia Simbólica del Paraguay administre les trois premiers degrés de ce rite depuis sa création en 1923, tandis que le Suprême Conseil conserve les hauts grades du 4e au 33e [1]. Les sources publiques consultées ne précisent pas si d'autres rites comme le Rite d'York ou le Rite Français sont pratiqués dans des ateliers de l'obédience. [information manquante]
Relations internationales
La maçonnerie paraguayenne tire sa reconnaissance internationale fondatrice du décret de la Grande Loge Unie d'Angleterre du 2 mars 1910, qui consacre son autonomie et lui attribue une antériorité remontant à 1869 [1]. La Gran Logia Simbólica del Paraguay issue de la restructuration de 2006 a obtenu une nouvelle reconnaissance de la Grande Loge Unie d'Angleterre en 2013 et est membre de la Confédération Maçonnique Interaméricaine (CMI) ainsi que de la COMASUD, organisation des grandes loges sud-américaines [4][5]. La Zone 6 de la CMI a officiellement invité ses membres à reconnaître cette structure comme la juridiction légitime au Paraguay [4]. La Grande Loge de Floride a au contraire maintenu ses relations avec l'entité centenaire concurrente, puis rompu en janvier 2024 avec treize grandes loges latino-américaines qui avaient suivi la recommandation de la CMI [4].
Controverses notables
La controverse la plus documentée porte sur le schisme de 2005-2006, déclenché par la suspension du Grand Maître en exercice par le Suprême Conseil du Rite Écossais Ancien et Accepté du Paraguay, geste perçu comme une violation de la souveraineté de la maçonnerie symbolique par un corps de hauts grades [4]. La rupture a engendré deux obédiences homonymes basées à Asunción, l'une rue Palma et l'autre Avenida de la Victoria 690, chacune revendiquant la continuité historique de l'obédience fondée en 1894-1895 [3][4]. La presse paraguayenne évoque par ailleurs un schisme antérieur survenu en 1996, attribué à « l'insensé de quelques-uns, la lâcheté d'autres et l'incompréhension de la majorité » selon les termes employés par ABC Color, sans que les noms des protagonistes ou les motifs précis ne soient rendus publics [2]. En janvier 2024, la Grande Loge de Floride a rompu ses relations avec treize obédiences latino-américaines qui avaient suivi la recommandation de la CMI de reconnaître la structure issue de la rupture de 2006, ravivant un débat sur les limites de la souveraineté juridictionnelle [4].
Questions fréquentes
L'obédience admet-elle des femmes ? Non, elle réserve l'initiation aux « hommes libres et de bonnes mœurs » d'au moins 25 ans, l'admission mixte étant assurée au Paraguay par la Gran Logia Mixta del Paraguay et ses trois loges Astrea, Apolo et Ares [6][7].
Quel rite y est pratiqué ? Le Rite Écossais Ancien et Accepté structuré dès 1871 par le Suprême Conseil du grade 33, dont la Gran Logia Simbólica del Paraguay administre les trois premiers degrés depuis 1923 [1].
L'obédience est-elle reconnue comme régulière ? Oui, la Gran Logia Simbólica del Paraguay issue de la restructuration de 2006 est reconnue par la Grande Loge Unie d'Angleterre depuis 2013 et par la majorité des juridictions de la Confédération Maçonnique Interaméricaine [4][5].
Pourquoi existe-t-il deux obédiences portant le même nom à Asunción ? Le schisme de 2005-2006, déclenché par la suspension du Grand Maître par le Suprême Conseil du REAA, a engendré deux Gran Logia Simbólica del Paraguay rivales situées respectivement rue Palma et Avenida de la Victoria 690 [3][4].
Sources
- Breve historia de la Masonería en la República del Paraguay, La Nación
- La masonería con obras y conflicto en siglo y medio, ABC Color
- Breve historia de la masoneria simbolica en el Paraguay - Paraguayologia
- Florida vs. Paraguay: Masonic Regularity, Recognition, Muddles and Mayhem, Freemasons For Dummies
- Gran Logia Simbólica del Paraguay, site officiel
- Masonería, Gran Logia Simbólica del Paraguay (glsp.org.py)
- Gran Logia Mixta del Paraguay, site officiel